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paroles de femmes,
parole de vie.

4: Quelques pistes d'intervention


Comme chrétiennes et féministes, il ne suffit pas d'acquiescer au libre choix. Nous devons avoir une moralité active, cohérente, responsable. Nous avons à nous impliquer davantage pour que les femmes aient vraiment le choix en matière de fécondité. Plusieurs pistes s'offrent à nous.

Il faudrait certainement multiplier les lieux offrant à la femme concernée de refléchir avec d'autres personnes, si elle le désire, sur les différents aspects de la décision qu'elle doit prendre: implications médicales, psychologiques, sociales, économiques, morales, etc. Non pas une instance décisionnelle, appelée à trancher à la place de la femme, mais un espace ouvert à tous les choix, un milieu de réflexion permettant une évaluation de la situation, une exploration des différentes solutions, et une prise de décision la plus éclairée possible. Un lieu où un suivi est réalisable avant et après la décision, de manière à briser l'isolement dans lequel se retrouvent nombre de femmes.

Les femmes ont été absentes de la définition des lois qui régissent notre société. Manifestement, la législation actuelle sur l'avortement est liée aux valeurs d'une partie seulement de la population. S'il n'existe pas encore de consensus social sur la pratique des interruptions de grossesses, il nous semble néanmoins urgent de mettre en oeuvre des mécanismes en vue de réviser en profondeur cette législation. Tenir compte des intérêts des femmes dans cette question constitue une condition minimale à l'établissement d'un climat social favorable à la réflexion.

N'aurions-nous pas à interroger notre modèle d'organisation sociale? Les pratiques communautaires de solidarité ont du mal à se tailler une place dans une société qui privilégie avant tout la réussite personnelle, la productivité et la consommation. Les parents se retrouvent seuls, pressés de mettre au monde des petits modèles de perfection ayant développé au maximum leurs capacités motrices, cognitives et affectives. Bref, la culture actuelle n'est-elle pas porteuse d'une dimension abortive? Il ne faudrait pas retourner à la vieille pratique de culpabilisation des femmes et des couples qui n'avaient pas ou pas assez d'enfants. Cela n'avance à rien. Mais il ne devrait pas être tabou de se questionner collectivement sur notre capacité d'accueil de la vie - même si elle n'est pas toujours planifiée.

Les résistances à l'éducation sexuelle empêchent la circulation de l'information, la tenue de débats, de discussions qui permettraient aux personnes - et notamment aux jeunes - de clarifier leurs rapports à la sexualité. L'éducation à une sexualité responsable et l'intégration de la dimension sexuelle à l'ensemble du vécu ne sont possibles que dans un climat social d'ouverture, d'écoute et de respect.

Ne faudrait-il pas aussi songer à apporter notre contribution à l'exploration de manières nouvelles de dire et de vivre la sexualité? Il serait temps de sortir des stéréotypes qui entourent les rapports sexuels, d'élargir l'éventail des modes d'expression de notre tendresse et d'utiliser le langage corporel dans toute sa richesse.

Avoir une moralité en actes, ce n'est pas seulement dire oui au libre choix; c'est contribuer concrètement à limiter le nombre de situations qui engendrent de telles décisions et par là élargir l'éventail des choix en matière de fécondité. C'est ainsi que, comme filles de Dieue, nous avons le goût de dire oui à la vie.



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