BRÈVES

Une poète innue. En solidarité avec les nations autochtones et pour stimuler notre réflexion dans le cadre du  Plan Nord québécois et de la visite récente du premier ministre canadien Stephen Harper dans le Nord canadien, il faut lire la poésie de Rita Mestokosho, première poète innue à publier un recueil au Québec dont le titre est  Eshi uapataman Nukum – Comment je perçois la vie Grand-Mère (1995 et réédité en 2010). Ses livres sont disponibles en librairie ou à votre bibliothèque locale. Lors du Festival international de littérature (FIL) 2012, l’auteure a lu sur le Parterre du Quartier des spectacles, le poème Vent du Nord. Pour comprendre sa poésie, pour mettre le pied dans la culture innue qui dit le respect de la terre, pour prendre connaissance des expertises des femmes innues qui sont aussi chasseuses et expertes dans les herbes médicinales, des entrevues sont disponibles sur

 

Pakistan : la lutte contre l’oppression des filles sur un nouveau terrain. On connaît la lutte des talibans, au Pakistan, contre l’éducation des filles. On sait qu’une jeune fille de 15 ans a reçu une balle dans la tête, l’automne dernier, pour avoir travaillé à cette cause de l’éducation des filles ; heureusement, soignée en Angleterre, elle est revenue à la santé.

On annonçait, cet été, une série télévisée où le personnage principal se nomme Burka Avenger. Cette homologue pakistanaise de Wonderwoman est une enseignante, maîtrisant des arts martiaux secrets. Elle utilise son voile noir intégral pour dissimuler son identité dans le combat qu’elle livre à des truands locaux cherchant à fermer l’école des filles. La série est en ourdou, langue parlée au Pakistan. Plusieurs personnes s’interrogent sur le fait d’habiller l’héroïne en burqa. Mais l’auteur, Aaron Haroon Rashid dit que, dans le contexte, la burqa n’est pas un signe d’oppression, mais elle est plutôt utilisée pour cacher son identité comme d’autres superhéros.

 

 Jeunes féministes à l’œuvre. Depuis quelques mois, on entend souvent parler de groupes féministes de jeunes femmes, par exemple, qui se déshabillent, les Femen, ou d’autres qui portent la barbe, la Barbe. Ces dernières sont dérangeantes, se situant dans la ligne des transgenres, brouillant les frontières des sexes, et confrontant l’idée traditionnelle de la féminité.

Mais les Femen provoquent davantage de réactions, même de violence. C’est leur nudité qui soulève la tempête : des corps nus de femmes qui ne se présentent pas comme objets des hommes, mais sujets, librement, hors du champ de la séduction.

Elles luttent contre le sexisme, réclament le pouvoir pour les femmes. Mais leur manière de scandaliser ne joue-t-il pas aussi contre les revendications des autres groupes féministes, plus conventionnels ? Les journalistes devraient mettre davantage l’accent sur le sexisme ou le patriarcat que ces groupes dénoncent, plutôt que d’interroger les féministes elles-mêmes.

 

Le vélo comme outil d’émancipation des femmes. Pour tout savoir sur l’histoire du vélo comme outil d’émancipation des femmes et de développement international, lisez l’article d’Anouk Lebel « La liberté sur deux roues »dans l’infolettre de la Gazette des femmes du 19 juin 2013. (C.T)

 

Les effets de la libéralisation des marchés sur les conditions de travail et de vie des femmes. Le cas Wal-Mart.  « Wal-Mart est une bonne compagnie pour les consommateurs, mais du point de vue des employées, elle n’est pas humaine », affirmait Horia, l’une des travailleuses rencontrées.

Une enquête récente, menée dans le cadre d’un partenariat entre le Service aux collectivités de l’UQÀM et la FFQ permet de lever le voile sur la précarité des conditions de travail et de vie que vivent de nombreuses femmes et constitue un appel pour que se renforce la solidarité féministe pour plus de justice !

Dans le rapport on peut lire que :

Wal-Mart est le plus grand employeur privé de la planète et ses méthodes de gestion de la main-d’œuvre et de la marchandise influencent toute l’industrie ! La flexibilisation des conditions d’emploi entraîne le démantèlement des « rigidités » ou des sécurités du marché du travail (horaire fixe, temps plein, avantages sociaux, etc.). Le but est de réduire les coûts et les contraintes liés à la gestion de la main-d’œuvre pour assurer la maximisation des profits.

Chez Wal-Mart, les travailleuses rencontrées ont parlé des différentes manifestations de cette flexibilisation, par exemple, la limitation des coûts reliés à la main-d’œuvre (rémunération au tarif minimum, emplois à temps partiel) et la variation constante du nombre d’heures travaillées (horaires irréguliers et coupés, faisant fi entre autres de l’ancienneté, etc.) Les exigences accrues de la part de l’employeur rendent difficiles les conditions de travail pour les employées et affectent leurs conditions de vie. En fait, leur vie privée est complètement asservie à leur travail parce qu’elles souhaitent le conserver et surtout, parce qu’elles en ont financièrement besoin !

Toutes les travailleuses rencontrées ont fait référence aux femmes monoparentales comme étant celles qui en bavaient le plus avec ces conditions de travail. La variation constante du nombre d’heures travaillées signifie qu’il est impossible pour elles de prévoir, plus d’une semaine à l’avance, le cours de la vie personnelle et familiale et entraîne des difficultés à trouver des lieux de garde pour les enfants en soirée ou en fin de semaine. Elles ont parlé aussi de l’épuisement physique et psychologique et de leur insécurité financière permanente, le besoin d’argent les forçant à être plus disponibles, donc à accepter les horaires offerts, etc. Les travailleuses sont ainsi prises dans une dynamique de compétition entre elles pour avoir accès à des privilèges ou des faveurs qui allègent leurs conditions de travail et de vie. Et cela facilite et renforce les abus de l’employeur, surtout en l’absence d’une organisation syndicale.

Le rapport sera disponible sous peu sur le site de la FFQ dans la section Publications.

 

Responsables des Brèves : Louise Melançon et Carmina Tremblay