Un autre monde est possible!

Date : 
17 Août, 2007 - 17:00
Type d'événement: 
Colloque

CÉLÉBRATION

Groupe Phoebé

 

Introduction

Il est de tradition dans L’autre Parole, de clore le colloque par une célébration adaptée au thème proposé. C’est avec sérieux que le groupe Phoebé a accepté d’assumer cette tâche.

Comment célébrer en tant que féministes chrétiennes en contexte d’altermondialisation ? C’est cette question primordiale qui a présidé à toute notre réflexion.

La première piste qui nous a mises en éveil c’est l’annonce de la tenue, en juin prochain, d’un congrès eucharistique international pour célébrer le 400e anniversaire de la fondation de Québec présidé par le cardinal primat de l’Église canadienne. Quelle sera alors la place des femmes dans cet événement ?

La deuxième piste est venue d’un article de Monique Dumais paru dans le dernier numéro de notre revue et qui s’intitulait: « Franchir le miroir patriarcal. »

L’exploration de ces sources alliées à nos propres ressources nous a inspirées tout au long de l’élaboration de cette célébration que nous vous présentons ce soir et à laquelle nous vous invitons à participer pleinement.

 

Ouverture

« Quand je donne à manger aux pauvres, on m’appelle un saint. Quand je demande pourquoi il y a tant de pauvres, on m’appelle un communiste. »

Cette phrase de Dom Helder Camara (archevêque de Recife, Brésil, 1964 à 1985) résume assez bien la complexité de l’altermondialisation, i.e. de l’autre monde que nous voulons construire.

Et, je crois que cette complexité se retrouve davantage d’un côté de la clôture que de l’autre, car cette clôture n’est pas qu’un simple symbole. Elle existe bel et bien comme le montre une photo du Journal de Montréal prise en août dernier où l’on est en train d’ériger la clôture qui encerclera le Château Montebello où se réuniront « en sommet » trois chefs d’États nord-américains.

(Dépôt de la photo sur la table de la célébration, accompagnée d’un texte produit par le Collectif Échec à la guerre, appelant au rejet de ce «Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité» dont s’entretiendront les trois chefs d’États réunis à Montebello).

En effet, d’un côté de la clôture siègent les « grands de ce monde », « nos décideurs », dont la situation n’est pas très complexe car ils sont tous du même avis : « développons, exploitons, forgeons ce monde à notre profit… » Tous les moyens sont bons pourvu qu’on y trouve son compte : guerre, exploitation des ouvriers et des ouvrières, des femmes et des enfants, violence, fraude, destruction de l’environnement, etc. 

Et, au besoin, créons des organismes (OMS, ONU, FAO, UNESCO, UNICEF…) dédiés à améliorer le sort des pauvres…afin que le monde croie que nous voulons changer les choses et créer un « autre monde »…et pour brouiller les cartes… Organisons aussi des « guerres humanitaires »… Pourquoi pas?

De l’autre côté de la clôture, se tient  le peuple : des exclu-e-s, des sans-voix, des exploité-e-s… ainsi que leurs émissaires qui veulent « créer un autre monde »… qui veulent faire advenir le « Royaume »… le « Règne de Dieu et sa justice »…

Or ici la situation devient plus complexe…

Car il y a ceux et celles qui disent: «Prenons soin de nos pauvres: donnons- leur à manger, créons des banques alimentaires, organisons des guignolées, des soupes populaires, des campagnes de financement en faveur des organismes qui s’occupent d’eux».  Et, comme les cartes ont déjà été soigneusement brouillées par « les grands de ce monde » y compris notre « sainte mère l’Église », beaucoup d’entre eux croient que « donner  aux pauvres » est une bonne façon , et peut-être la seule, de créer un autre monde… et en prime, s’assurer la sainteté….

Mais, de ce côté-ci de la clôture,  il y a aussi ceux qui se disent : « Pourquoi y a-t-il tant de pauvres? » N’y aurait-il pas lieu de changer quelques structures et certaines mentalités pour qu’advienne un « autre monde » plus égalitaire où tous et toutes pourront s’asseoir à la table du pouvoir… à la table du savoir… à la table de l’avoir…?

C’est ici que le bât blesse et que les choses se compliquent, car ce genre de questionnement et les solutions qui pourraient s’ensuivre sont beaucoup plus complexes et dérangeantes et risquent en plus de nous éloigner du chemin de la  « sainteté » et nous convertir en pures « communistes ».

Notre réflexion d’hier soir et d’aujourd’hui sur l’altermondialisation nous a sans doute fait prendre conscience sur lequel de ces deux chemins nous nous sommes déjà engagées… Ou peut-être sommes-nous déjà engagées sur les deux…

Je nous souhaite donc une bonne célébration… qui risque d’être un peu longue… mais qui sera sûrement efficace pour nous faire avancer sur le chemin que nous avons choisi de fréquenter. (Dépôt sur la table de documents présentant «  une autre façon de voir et de comprendre les événements »…)

 

1. Liturgie de la Parole

 

Le chaos

On nous présente un montage visuel illustrant divers bouleversements causés à la planète Terre, de même que certaines situations de pays en guerre, des manifestations citoyennes …

L’assemblée a réagi à cette projection..

 

Présentation des ré-écritures

Une animatrice appelle chaque groupe à tour de rôle.

Entre chaque présentation, l’assemblée chante le refrain « Toutes ensemble »:

 

Toutes ensemble, il me semble
On pourrait changer le monde
De jour en jour, de cœur en cœur
Par des gestes d’amour
Toutes ensemble, il me semble
On pourrait changer le monde
En changeant tout d’abord son cœur.

 

 

1. La Création

Gn 1, 27-30

C’était le soir du sixième jour et l’Énergie créatrice jouissait de son œuvre dans la fraîcheur de la brunante.

Les astres valsaient dans le firmament, la terre se gorgeait d’air et d’eau, la rosée scintillait sur les toiles d’araignées et les blés d’or se balançaient dans la brise du soir.

Dans cet Éden, l’Énergie créatrice enveloppa d’un regard bienveillant les herbes, les poissons et autres bêtes de même que ses  deux dernières créatures: Femme et Homme, Elle les avait créées.

Elle les bénit en leur disant : « Ayez une heureuse fécondité en harmonie avec cette nature qui vous a fait naître, qui vous nourrira, et au sein de laquelle vous retournerez.  De la régénération de ce  jardin dépendra votre vitalité et celle des générations à venir ».

L’Énergie créatrice, se tournant ensuite vers son œuvre, bénit les poissons dans la mer, les oiseaux dans le ciel, les animaux qui se meuvent sur la terre, les plantes avec graines, les arbres qui portent les fruits avec pépins et noyaux et Elle leur dit : « Formez ensemble une grande chaîne de vie, que votre fécondité vous nourrisse mutuellement ainsi que les créatures de parole ».

La lune se leva et l’Énergie créatrice dit à la nature et à l’humanité femme et homme : « Vivez en équilibre, apprenez à tempérer vos violences et vos appétits et à vous réjouir ensemble de la vie. »

« Alléluia ! Ma création est belle et je sais que cela sera bon».

 

L’assemblée: « Toutes ensemble... »

 

 

2. Militarisation, guerre et paix

Mt 5, 38-48

Tu as appris qu’il a été dit : « Il faut détruire l’Axe du Mal », et moi je te dis : cesse de penser que tu es toi-même l’Axe du Bien, car c’est ce qui provoque les guerres.

Au contraire, si quelqu’un t’attaque, réponds d’une manière inattendue, ne choisis pas les représailles, sinon voilà que s’installe la spirale de la violence.

Si quelqu’un veut te mener devant le juge pour faire obstacle à ta soif de pétrole, prends l’initiative et remets en question ta propre convoitise.

Si quelqu’un t’incite à mener mille combats, renonce au langage des armes, et invite-le à ta table. Offre-lui des mots de conciliation pour que les convives en viennent à partager une autre Parole.

Tu as appris qu’il a été dit : « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi », et moi je vous dis que toutes les luttes altermondialistes sont interreliées et que tout homme et toute femme doivent devenir à tes yeux ton prochain.

Chérissez par avance la paix que vous construirez ensemble.

 

L’assemblée: « Toutes ensemble... »

 

 

3. Globalisation des marchés et pauvreté

Is 58, 6-13

Vous connaissez les usines de textiles de Chine, les sweatshops de l’Inde et les Maquiladoras de l’Amérique Latine.

Dans des bâtiments construits en tôle, loin des habitations, des femmes y travaillent par nécessité près de dix heures par jour dans des conditions inhumaines.

Savez-vous quel agir me plairait? 

Oracle de L’autre Parole.

Rendre à toutes les personnes, par de multiples moyens, la dignité dont elles ont été dépouillées. Rompre la mondialisation diabolique qui divise. Piétiner le joug patriarcal.

Abolir le fossé entre les puissants et les petits. Supprimer les frontières pour accueillir les exclus. Partager le pain et les roses. Libérer les femmes de tout esclavage.  Donner aux invisibles leur identité. Et poursuivre sa marche dans l’espérance.

Oracle de L’autre Parole.

 

L’assemblée: « Toutes ensemble... »

 

 

4. La femme courbée

Luc 13, 10-14

Un jour de marché, quelque part en Amérique Latine, des femmes, vivant une grande pauvreté sous l’emprise de la violence de leur mari  et de la société, se trouvaient rassemblées.

Une jeune femme arrive et les écoute raconter leurs histoires de femmes. L’une d’elle confie avoir été battue par son mari parce qu’elle avait rendu visite à sa mère.

Une autre lui dit : « Tu as couru après… tu devrais savoir qu’on ne peut pas se déplacer sans permission ».

Saisie par leurs propos, le jeune femme exprime son étonnement. Un dialogue s’établit alors entre elles.

D’une écoute à l’autre, d’une parole à l’autre, naît chez ces opprimées une parole à mi-voix… À mesure qu’elles prennent conscience du mal que l’esprit machiste leur fait, elles se sentent de plus en plus mues par un profond désir de se redresser.

Peu à peu, cette jeune femme se vit  entourée de femmes heureuses de savourer un filet de liberté et de respirer l’espérance d’une vie meilleure pour elles et pour leurs filles.

 

L’assemblée: « Toutes ensemble... »

 

Fin des présentations,

L’animatrice invite alors les membres de l’assemblée à exprimer ce qui les a frappées dans ces ré-écritures.

 

 

2. Liturgie eucharistique:

Passons sur l’autre rive

Maintenant que nous avons parcouru le monde dans lequel nous vivons nous sommes invitées à passer sur une autre rive, la rive du sacré où demeure l’éternel Vivant toujours présent.

Installez-vous bien sur votre chaise  les deux pieds au sol, la colonne vertébrale bien droite, le corps bien détendu. / Fermez les yeux.

(Lecture très lente…)

Prenez une grande respiration….suivez-la.    / Respirez de plus en plus profondément… /  À chaque respiration, sentez les contractions et les expansions dans votre abdomen.
Sentez votre corps de l’intérieur… / Concentrez votre attention sur cette sensation…

Ne faites qu’une avec elle… Vous habitez votre corps.

Demeurez bien détendues…  Sentez le champ énergétique qui vous vivifie. Ne  pensez pas.  Sentez  seulement.

Il n’y a plus de frontière. La distinction entre l’intérieur et l’extérieur n’existe plus …

Il ne vous reste que la sensation d’une Présence qui englobe tout…

Concentrez-vous sur cette sensation… Ne faites qu’une avec elle…

Demeurez dans cet état de pur être aussi longtemps que vous pouvez…

Vous avez transcendé votre corps physique… Vous êtes sur l’autre rive…

Maintenant ouvrez les yeux… reprenez conscience de votre corps … de votre respiration …

En atteignant l’autre rive vous avez accédé au sacré, au royaume de l’Invisible qui n’a pas de nom,  où tout est silence, immobilité, jubilation. Vous avez retrouvé l’unicité première, avant sa fragmentation en la multiplicité.

C’est là que nous attend le Vivant éternel, invisible à nos yeux de chair mais sensible à notre être intérieur.

On est passé de la pensée au senti, du visible à l’invisible, de l’extérieur à l’intérieur…

Cette expérience que nous venons de vivre n’est pas nouvelle. Elle a été vécue bien avant nous…

C’est ce que nous apprend Paul dans sa 2e lettre aux Corinthiens au chap. 12, v 2 ss où il écrit :

« Je connais un homme en Christ qui voici 14 ans, était-ce dans son corps ? Je ne sais. Est-ce hors de son corps ? je ne sais. Dieu le sait.  Cet homme-là fut enlevé jusqu’au troisième ciel.

Je sais que cet homme (…) fut enlevé jusqu’au paradis et entendit des paroles inestimables qu’il n’est pas permis à l’homme de redire. »

Demeurons dans ce climat d’intériorité pour entrer dans la célébration eucharistique.

 

 

PRIÈRE dialoguée par l’assemblée

 

(Nous avons quelque peu modifié cette prière composée par Laurette Lepage-Boulet, de la Fraternité de l’Épi, à l’occasion du Sommet des Peuples tenu parallèlement au Sommet des Amériques en avril 2001 à Québec)

 

Dieue … du sommet de l’amour
Dieue … du sommet de la justice et de la paix,
Tu t’es fait-e si proche de nous,
que tu es venu-e habiter à jamais notre histoire.
Tu es venu-e «afin que tous et toutes aient la vie et l’aient en abondance»
Regarde aujourd’hui tes enfants dispersés.
Tes enfants qui s’opposent chacun de leur «sommet»:
sommet des Décideurs et sommet des Peuples …
Les uns, discutant derrière leur clôture métallique,
les autres, «hors-les-murs», qui appellent la justice …

 

D’un côté, les grands «décideurs» de ce monde
façonnent, en vase clos, l’avenir d’une société
fondée sur la mondialisation de l’économie
où tout se vend et tout s’achète :
les ressources, les aliments modifiés, la culture,
la recherche, les cerveaux, les embryons et même les gènes …
Y a-t-il un avenir pour une société qui crée l’exclusion
où des milliers de jeunes se cherchent en vain une place,
dans une compétition qui devient de plus en plus féroce ?
Y a-t-il un avenir pour une société basée sur le pouvoir et sur l’argent ?

 

De l’autre côté, les «émissaires» du peuple impuissant

face aux attaques sournoises d’une mondialisation abusive,
sont préoccupés par l’avenir sombre qui se dessine.
Nous voulons que leur contestation soit comme une brèche
dans la pensée unique qu’on nous présente.
Nous voulons que la toile de solidarité qui se tisse parmi le peuple
appelle un monde de paix, de justice et d’espérance !

 

Nous adhérons à une mondialisation basée
sur la coopération plutôt que sur la concurrence,
sur la participation, plutôt que sur la domination,
sur le partage du bien commun, plutôt que sur la spéculation,
sur la solidarité, plutôt que sur l’égoïsme et le profit.
Nous reconnaissons aussi que, même en soulevant nos pancartes,
nous ne sommes pas toujours innocentes des injustices dénoncées …

 

Et toi, Dieue … sommet du don et du partage,
qu’as-tu à dire à tes enfants ici rassemblées ?
Toi qui as confié à nos mains fragiles la terre si belle, avec tant de richesses,
rappelle-nous ton rêve de sororité et de partage.

 

 

Jésus, ton Fils, lors de son dernier repas avec ses apôtres, quitta la table de fête
pour prendre la place du serviteur, de celui qui lave les pieds des convives.
Par ce geste, il a voulu nous montrer qu’il se mettait du côté des exclu-e-s,
du côté de ceux et celles à qui l’on ne fait pas de place à la table de fête.  Il nous a conviées à faire comme Lui, à œuvrer avec ceux et celles qui n’ont pas droit au chapitre, qui sont sans droits, sans voix, sans influence, pour qu’un jour tous tes enfants puissent festoyer à la même table. Il nous a rappelé que le bonheur était à ce prix.

 

Dieue des solidarités, souffle à nos oreilles des «accords» basés
sur le bien commun,
où la personne humaine est au centre du développement.
Fais-nous comprendre qu’un monde fondé sur les seules valeurs marchandes
est un monde au socle fragile, qui ne peut que s’écrouler tôt ou tard.

 

 

Réveille en chacune de nous la volonté de bâtir un Monde nouveau,
un monde transformé par la Justice et la Liberté dont tu rêves,
et dont nous rêvons aussi.

 

 

 

Présentation du pain

C’est aussi sous le signe de l’altermondialisation que nous vous invitons à partager les pains de ce jour. Ces variétés de pains d’ici et d’ailleurs se veulent symboles de la diversité.

En signe d’ouverture à d’autres manières d’être et de faire, en signe de communion avec d’autres cultures, d’autres pains quotidiens, vous trouverez dans le panier, diverses formes de pains. Par ce partage, nous affirmons que malgré nos différences nous puisons à la même source de vie.

 

On invite alors les membres de l’assemblée à s’approcher de la table pour partager le pain et le vin. Pendant ce temps la diffusion de la mélodie Amazing Grace évoque le passage de l’esclavage à la liberté ainsi que la longue marche qui reste à faire pour que chaque personne sur la planète Terre retrouve son essence propre , sa liberté, sa dignité comme personne humaine. Enfin pour qu’advienne un autre monde, pour qu’advienne  le règne de Dieue.

 

 

On nous présente ensuite la Vidéo des femmes qui ont marqué leur milieu partout dans le monde

Après le visionnement  l’assemblée est invitée à s’exprimer.

 

 

Le rituel d’envoi

 

Remise de bracelets en gage de solidarité. Tissés par une fillette de 12 ans, ces bracelets, aux couleurs de l’arc-en-ciel, se veulent des signes de paix, de joie et de beauté rayonnant partout sur notre planète.

 

 

Chant final

 

La croix, l’étoile et le croissant

(Paroles : Eddy Marnay, musique : Jean –Michel Braque, interprète :  Frida Boccara)

 

 

“Aux clochers de Jérusalem
Je voudrais voir en même temps
Briller à l’aurore prochaine
La croix, l’étoile et le croissant.
Aux campaniles de Sardaigne
Aux mosquées de l’Afghanistan
Je voudrais tant un jour que règnent
La croix, l’étoile et le croissant.

 

Le cœur des hommes est fait pour danser
Sur des manèges de colombes
Sur des collines d’oliviers.

 

Il y a aux rives anciennes
Beaucoup d’amour et trop de sang
Où sont-ils donc tout ceux qui aiment
La croix, l’étoile et le croissant ?
Ils ont pris des sentiers de haine
Dieu sait pourquoi ils ont voulu
Aller jusqu’au bout de leurs peines
Bientôt ils ne le voudront plus.

 

Le cœur des hommes est plein de danger
Ils s’offrent au jour mais il y pousse
Toute fleur que l’on a semée.

 

Aux clochers de Jérusalem
Je voudrais voir en même temps
Tous ceux qui portent au fond d’eux-mêmes
La croix, l’étoile et le croissant
Et ceux qui n’ont jamais eu même
De croix, d’étoile ou de croissant.

 

 

Liminaire

Un autre monde est-il possible ?

Voilà la question que se sont posée les femmes
de L’autre Parole réunies en colloque, les 17-18
août derniers au Centre Le 7400 sur le boul. St-
Laurent à Montréal.

Pour répondre à cette question , elles avaient invité
trois jeunes femmes socialement engagées
dans des causes qui tiennent à coeur à ceux et
celles qui veulent « changer le monde ».

Marcela Villalobos nous a confirmé la pertinence
de notre pensée lorsque nous affirmons
que les femmes jouent un rôle capital dans la
transformation du monde en s’acheminant vers
plus d’égalité et moins de violence, en créant ce
monde de paix, de justice et de liberté dont nous
rêvons toutes.

Anne-Marie de la Sablonnière qui est venue à la
hâte nous livrer son témoignage de jeune militante,
nous a vivement impressionnées. Elle se
rendait manifester à Montebello où étaient réunis
trois grands chefs d’états nord-américains.
Le système capitaliste et ses conséquences dévastatrices
sur notre monde ne lui laissent aucun
repos.

Nathalie Cholette nous a convaincues que oui,
chaque petit geste de recyclage et de récupération
est important pour sauver la planète mais…
qu’il faut aussi agir collectivement par des mobilisations
citoyennes lorsque des organismes
voués à la protection de l’environnement font
appel à nous et que le fait de s’engager dans ces
organismes peut s’avérer un moyen très efficace
pour changer le monde.

Le groupe Vasthi, chargé de l’accueil, nous a
fait plonger, dès notre arrivée, dans cet autre
monde possible en nous offrant de magnifiques
sacs, confectionnés avec des cartes géographiques
d’abord destinées à la poubelle et que Danielle
Guay a récupérées pour en faire des oeuvres
d’art. Chaque sac renfermait quelques documents
pertinents imprimés recto verso, accompagnés
de papier imprimé recto et de stylos usagés.

La célébration du samedi soir, préparée par le
groupe Phoebé nous a permis d’affirmer haut et
fort que oui, un autre monde est possible et que
bien plus, il est déjà en marche à travers toutes
nos implications pour promouvoir la paix, la justice,
l’égalité et la liberté. Comme nous l’affirmait
Anne-Marie de la Sablonnière lors de son
témoignage, il ne faut pas attendre le grand soir.
La révolution c’est ici et maintenant qu’elle se
fait à travers tous nos engagements en faveur
d’un monde plus juste, plus solidaire et plus durable.

Oui ! Un autre monde est possible !

Tel est d’ailleurs la conviction de beaucoup
d’autres personnes et groupes sociaux, comme
nous pourrons le constater à la lecture d’un premier
article signé Sabine Pétermann-Burnat qui,
pour nous mettre en appétit, trace un parallèle
des plus intéressants entre les forums sociaux et
l’altermondialisation d’une part et l’avènement
du Royaume d’autre part…

Cependant, dans les deux cas, une condition
s’impose : une transformation intérieure personnelle
et simultanée aux changements sociaux
que nous voulons opérer sera souvent nécessaire
pour qu’advienne cet autre monde que nous espérons.

Enfin, un abécédaire 2007-2008 des plus original,
signé Monique Hamelin, complète cette édition
sur un autre monde possible.

Bonne lecture,

Carmina Tremblay
Pour le comité de rédaction