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Oui à l'ordination des femmes
De plus, l'accès des femmes au sacerdoce nous apparaît
inséparable de la question de leur égalité dans la
société. Elles ont dû conquérir le droit de vote,
l'accès au savoir, le droit à leur salaire, le droit
d'accéder à toutes les professions, à un salaire
égal pour un travail équivalent, et aujourd'hui, il nous
apparaît normal que les femmes puissent travailler, avoir un compte de
banque etc. La société reconnaissant aux femmes une
égalité de droit et de plus en plus de fait, la pratique de
l'Église apparaît aujourd'hui dépassée,
anachronique. Pourtant cette institution s'est voulue première
défenderesse des sans-droit, des plus petits. Elle aurait tant à
gagner en ayant, à l'égard des femmes, une pratique fidèle
à ses principes.
Au niveau du droit, les pratiques de discrimination sont illégales dans
la société. Il est vrai que l'Église ne peut être
contrainte, par les lois civiles en matière d'égalité, de
procéder à l'ordination des femmes. Si à
l'intérieur de son propre code de droit canonique, l'Église
accepte de reconnaître aux femmes une égale dignité, elle
continue cependant de s'objecter à leur égalité en ce qui
a trait à leur rôle et à leur fonction. Nous pensons,
à L'autre Parole, que la demande des femmes d'accéder à
l'ordination détient sa pleine légitimité des valeurs
mêmes promues par le christianisme.
Au Québec, depuis une trentaine d'années, les femmes ont
accès au savoir théologique. Depuis le milieu des années
soixante-dix, l'institution fait de plus en plus appel à leurs
compétences pour l'enseignement de la foi, l'initiation sacramentelle et
diverses tâches pastorales et liturgiques, autrefois accomplies par les
membres du clergé. Cependant, l'institution refuse aux femmes une
reconnaissance en droit de ce qu'elles font de fait. Elle leur refuse d'aller
jusqu'au bout de leur ministère dans la communauté en leur
interdisant l'accès au sacré.
Le refus de reconnaître publiquement le rôle et l'apport des
femmes dans l'Église consacre leur invisibilité et continue de
faire apparaître cette situation comme découlant d'un ordre
naturel des choses.
Les hommes, eux, peuvent choisir entre le laïcat et le sacerdoce, les
femmes, elles, n'ont pas la choix... En agissant ainsi, l'Église
enseigne et illustre d'une façon très réelle et
très concrète que les femmes ne sont pas des personnes à
part entière et elle risque de faire croire que cette situation est
irrémédiable.
On a trop longtemps mésestimé l'impact de cet interdit sur la
représentation qu'ont les femmes d'elles-mêmes. Leur refuser
l'accès au sacré, c'est leur projeter, individuellement et
collectivement, une image diminuée et dévalorisante d'elles-
mêmes; c'est leur ravir la plénitude de leur statut de femme
créée à l'image de Dieu; c'est assurer la
pérennité des vieilles anthropologies sexistes qui ravalent les
femmes à des figures de tentatrices, de pécheresses, d'impures.
Les femmes ne sont pas dupes. L'entêtement clérical à les
reléguer au profane confirme bien qu'on les associe toujours à la
souillure.
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