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Retour aux prises de position Oui à l'ordination des femmes

Aujourd'hui, notre intervention ne veut pas entrer sur le terrain théologique. Nous tenons pour acquis qu'il n'y a pas d'objection d'ordre théologique pour l'accession des femmes au sacerdoce. De nombreuses études ont été faites sur le sujet et ont clairement démontré que le refus de l'ordination des femmes est un refus d'ordre culturel enraciné dans une longue tradition historique patriarcale. En aucun cas il ne s'agit d'une expression de la volonté de Dieu.

En se prononçant pour l'ordination des femmes, le collectif pense que les déterminismes biologiques ne peuvent pas jouer dans la façon de concevoir le sacerdoce des femmes, comme en conviennent d'ailleurs tant de théologiennes et de théologiens.

Nous ne voulons pas promouvoir un sacerdoce proprement féminin à partir de qualités qui seraient intrinsèquement féminines. Nous ne croyons ni à un sacerdoce masculin, ni à un sacerdoce féminin. Pour nous, il ne devrait y avoir qu'un ministère ecclésial accompli par des femmes ou des hommes qui sont des sujets sexués dans l'histoire.

La demande d'accès à l'ordination des femmes ne signifie pas que l'on cautionne et approuve le ministère sacerdotal tel qu'il est conçu et pratiqué aujourd'hui, ni que nous sommes en faveur d'une Église hiérarchique où le pouvoir est concentré entre les mains des clercs. Si ce type d'Église ordonnait les femmes, nous ne cesserions pas pour autant nos revendications à son endroit. Cependant, nous ne voulons pas mettre notre revendication d'accès à l'égalité des femmes à la remorque de l'avènement éventuel d'une Église communautaire, démocratique. Si les femmes dans la société avaient attendu pour faire leur entrée en politique que celle-ci soit non sexiste, non macho, non élitiste, etc... elles attendraient encore... dans leur cuisine. Même si l'avènement de l'ordination des femmes n'offre pas de garantie absolue du renouvellement ecclésial, nous pensons qu'il favoriserait, à tout le moins, la réalisation de l'Église de notre espérance.

Nous faisons du droit d'accès des femmes au sacerdoce une question de principe. Les femmes dans l'Église doivent être reconnues comme des sujets pleinement égaux, tant dans les écrits que dans la pratique. L'égalité implique le droit d'accès à tous les paliers de l'institution; toute restriction fondée sur le sexe constitue une discrimination intolérable, injustifiable et que nous dénonçons vigoureusement. En matière d'égalité il n'existe pas de demi-mesure, de compromis; on ne peut pas être "un petit peu égal" ou "pas trop égal". On est égal ou on ne l'est pas. Si on n'est pas égal c'est que l'on est inégal, subordonné.

De plus, il importe pour nous qu'éclate le modèle unique, clérical, centralisateur de sacerdoce et que s'affirme une pluralité de modèles sacerdotaux à travers les diverses vocations des femmes et des hommes d'ici et selon les besoins et les attentes des différents types de communauté chrétienne.

Il nous apparaît scandaleux que les femmes qui se sentent appelées à oeuvrer dans l'Église ne puissent le faire jusqu'au bout. Leur communauté en a un urgent besoin et l'Église de Jésus-Christ ne pourra se réaliser sans elles. Il faut donc que cette institution ecclésiale, dans laquelle s'inscrivent les féministes chrétiennes, cesse toute discrimination systémique à l'égard des femmes. Maintenant que le problème est clairement énoncé, la continuation de cet état de fait constituerait une caution institutionnelle au péché de sexisme à l'égard des femmes.


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