No. 120 - Identité, diversité et religions : un regard féministe ou L’expérience d’être autre

Liminaire

Un colloque « petite séduction » ou
passage de la réception au don.

Depuis le début de son existence L’autre
Parole s’est nourrie de l’apport de
conférencières venues de l’extérieur
partager leurs expériences personnelles
lors des rassemblements annuels. Cette
fois, ce sont les participantes elles mêmes
qui sont invitées à se considérer
comme conférencières.

Convoquées sous le thème : Identité,
diversité et religion : un regard féministe
ou L’expérience d’être l’autre,
les participantes, se situant dans le
courant de la Commission Bouchard-
Taylor, avaient à se pencher sur la vision
de leur groupe d’appartenance
avant de se partager la parole lors de
notre colloque du mois d’août dernier.

Dès l’ouverture le vendredi soir, l’animatrice
Marie Gratton, du groupe Myriam,
après avoir manifesté le plaisir
qu’elle éprouve à retrouver des visages
connus et à accueillir de nouvelles arrivées,
invite chaque groupe à exprimer
à tour de rôle le regard qu’il porte sur
le thème proposé. Ce soir là, donner la
parole à chacune n’a pas été une tâche
difficile à remplir car personne ne s’est
fait prier pour la prendre. Le climat de
confiance qui régnait dans la salle doublé
de l’intérêt porté à l’écoute de l’autre
ont encouragé chacune à s’exprimer
librement. Les pages qui suivent
vous réservent deux textes présentés ce
soir-là.

Le samedi matin, la réflexion bien
amorcée la veille se poursuit. L’animatrice
Denise Couture du groupe Bonne
Nouv’ailes, considérant que les femmes
font l’expérience d’être autres de
multiples façons, invite l’assemblée à
former un cercle de parole autour des
expériences d’être l’autre.

Un chant de circonstance crée d’abord
l’atmosphère d’un rituel qui convoque
les éléments de la nature auxquels l’assemblée
rend hommage. Cet exercice
est suivi d’un geste d’enracinement
dans la terre tout comme dans le vécu
individuel. Puis vient la proclamation
d’une parole écrite par une femme du
cercle qui ouvre la voie aux autres
femmes invitées à prendre la parole à
leur tour. Trois de ces témoignages paraissent
dans ce numéro.

Le samedi après-midi, Monique Hamelin
et Marie-Andrée Roy, du groupe
Vasthi , agi s s ent comme coanimatrices.
La synthèse des échanges
du matin a permis d’identifier divers
espaces où se vit le sentiment d’être
l’autre. Ces espaces sont ici regroupés
sous un mode thématique afin d’en dégager
quelques tendances. C’est à partir
de ces différentes altérités vécues
dans la combativité et dans la joie que
s’est construite la collective L’autre
Parole. De la force de dire, d’oser, de
nommer, de s’engager pour la cause
des femmes s’est développé et s’est affirmé
un « je-femme » capable de solidarité
et à même d’oeuvrer dans l’ekklèsia
des femmes.

Le samedi soir : la célébration de clôture
est animée par les groupes Houlda
et Myriam. Dans nos célébrations,
la lecture des réécritures est un moment
important. Elle permet de prendre
mutuellement connaissance de notre
créativité de femmes et témoigne à
la fois de notre enracinement dans la
tradition chrétienne et de notre insertion
dans la réalité contemporaine. Devant
la crise actuelle, en face de nos
différences, comment ne pas reconnaître
que sans diversité, l’unité serait une
uniformité bien ennuyeuse.

Comme ce numéro vous parviendra
au début de l’an nouveau le comité de
rédaction est heureux de vous offrir
ses meilleurs voeux de bonne année
pour oeuvrer ensemble à l’humanisation
du monde, dans le respect des différences,
de la diversité des cultures et
des croyances.

Yvette Laprise
Pour le comité de rédaction