CÉLÉBRATION D’UNE EKKLÈSIA MANIFESTE

MARIE-ROSE MAJELLA,MARIE-ANDRÉE ROY

 

Après avoir accueilli l’histoire de L’autre Parole dans une mise en scène participative, le vendredi soir, après s’être regroupées en ateliers d’écoute et de partage à partir de thèmes, le samedi matin, ets’être approprié ces échanges de paroles en les traduisant dans des textes interpellants, le samedi après-midi, il ne manquait plus à la fête, que le moment-clé de toute notre démarche : la célébration du dimanche matin où notre ekklèsia en émergence prenait tout son sens en s’actualisant.

 

Salle pour célébration: lumières tamisées; cierges allumés; au centre, une table couverte d’une belle nappe brodée sur laquelle est posée une corbeille de pains (1 petit pain par équipe) et des coupes de vin (une pour chaque participante); deux grosses corbeilles de fleurs placées de chaque côté de la table; chaises en demi-cercle pour que toutes prennent place; des pierres (de la grosseur d’une pomme) délimitent cet espace en forme de cercle; micros et lutrins pour les deux animatrices de la célébration.

 

Animatrice 1=1

Animatrice 2= 2

 

Musique et chant par Louise Courville. La plupart des chants interprétés pendant la célébration sont enregistrés sur cassette (S160214) et CD: Femmes, corps et âme. Les musiques de l’anima du XIIe siècle à nos jours. Ensemble Nouvelle-France, direction Louise Courville.

 

Les équipes choisissent parmi elles, les personnes qui feront la lecture des textes des réécritures.

 

Accueil par les animatrices à l’extérieur du cercle

 

1 – Bienvenue à la célébration de notre ekklèsia manifeste .

 

2 – Nous avons travaillé au cours de la fin de semaine sur des éléments de la tradition. Nous nous sommes donné la parole, nous avons produit des réécritures et nous avons festoyé. Ce matin vient le temps d’ancrer dans notre pratique liturgique, les résultats de nos travaux. Nous allons nous servir de différents gestes et symboles pour traduire notre ekklèsia.

 

1- En fait, nous allons franchir une nouvelle étape pour rendre notre ekklèsia manifeste. Nous voulons nous approprier le langage liturgique pour exprimer notre expérience spirituelle, pour traduire notre pari de foi. Nous vous convions ce matin à célébrer, à la manière de L’autre Parole, à manifester Pekklèsia des femmes.

 

Chant

 

2 – Nous entendons maintenant un chant composé par Hildegarde de Bingen, abbesse du XIIe siècle : Ave Generosa.

 

Lecture

2- Nous sommes comme au matin de Pâques, présentes et vigilantes. Soucieuses de ce Jésus qui nous fait vivre. Nous allons écouter ensemble une relecture de l’Évangile du matin de Pâques .

 

Lorsque j’ai lu le récit de la résurrection de Jésus, j’ai pensé à une amie quia perdu son mari. Il était grand … Il était fort …II était son maître à penser. Sa mort, c’était comme la fin du monde. Très dépendante de lui (elle ne connaissait même pas l’état des finances du couple). Elle se sentait complètement désemparée. Elle ne voyait pas comment elle pourrait continuer à vivre. Elle ne savait pas à quoi s’accrocher. Qui allait l’aider ? Qui allait rouler la pierre ?

 

Le temps a passé. Un moment donné, il lui est apparu clairement que: «Y était moins parti qu’elle pensait.» Elle le voyait dans les travaux réalisés. Elle le voyait dans les événements, dans les agissements des enfants. «Y était moins parti qu’elle pensait tant que quelqu’un allait lui ressembler».

 

Elle était sûre qu’il était là. Elle le voyait partout. Certains trouvaient cela exagéré.. Ils s’étaient dit: son mari parti, elle va pouvoir exploser, sortir d’elle-même, s’affirmer enfin, mais elle continuait à se montrer dépendante jusqu’à ce qu’elle prenne conscience qu’il la nourrissait de l’intérieur, par le langage du coeur. En réalité, il était simplement pour elle encore une source d’eau vive. Elle reprit goût à la vie. Elle savait qu’il était là car:

 

Y était moins parti qu’on pense.

Tant que quelqu’un allait lui ressembler,

Ainsi le Christ vivant et actuel,

À travers les femmes et les hommes de notre temps.

 

Remise du foulard

 

1 – Afin de manifester que nous faisons ekklèsia, et traduire notre sacerdoce individuel et collectif, nous allons revêtir une écharpe. Les deux animatrices remettent solennellement une écharpe à chaque participante en disant :

 

« Reçois (prénom de la personne) , cette écharpe en signe de ton sacerdoce ». Chacune prend place à l’intérieur du cercle de la célébration.

 

2 – Afin d’investir le port de cette écharpe de toute sa signification, écoutons ensemble la lecture d’une adaptation de la prière d’ordination des diaconesses, en usage au Moyen-Orient au début du IIIe siècle .

 

1 – Déité éternelle, créatrice de l’humanité, toi qui as rempli de l’Esprit Marie, Déborah, Anne et Houlda, toi qui as fait naître ton fils d’une femme, jette ton regard sur la disciple que voici, qu’elle manifeste ton amour, ta justice avec sagesse. Qu’elle vive son sacerdoce en continuité avec la tradition qui a voulu l’affirmation de disciples égaux.

 

Chant Resurrexit et Ora pro nobis Deam.

 

Pardon

 

2 – Faire ekklèsia c’est difficile et exigeant. On n’y parvient pas toujours du premier coup. Nous allons entendre deux textes qui traduisent justement ce parcours exigeant.

 

Lecture de la réécriture d’Exode 4:10-17

 

Nous disons à Dieue: «Nous avons vu la misère de nos soeurs. Nous sommes en colère et nous n’arrivons pas à faire entendre notre cri et ce n’est pas d’hier ni d’avant-hier. Nous sommes peu nombreuses, nous sommes devant un mur qui s’épaissit. Nous sommes tentées de nous taire.» Dieue dit: «Vous avez une parole à dire. Soyez à l’écoute de vos soeurs, alors vous m’entendrez et vous saurez quoi dire.» Nous répondons: «Seigneure, nous avons peur, nous ne sommes pas capables, nous ne sommes pas bonnes pour cela. Envoie quelqu’une d’autre.» Dieue dit: «Ma conscience féministe s’enflamme à vos paroles. Au milieu de vous, il y a des soeurs prophétesses qui sont solidaires avec vous. Je sais qu’ensemble vous parlez. Les voici justement, vous êtes rassemblées aujourd’hui. Votre coeur ne se réjouit-il pas? Vous exprimerez votre colère, vous nommerez vos expériences, vous partagerez votre espérance. Et c’est de ce partage que vous connaîtrez les gestes à poser. Ensemble, le bâton de votre colère deviendra libération. »

 

et lecture de la réécriture d’Agée 1:1-8

 

Au pied du Mont Orford,

 

L’an mille neuf cent quatre-vingt-seize, le cinquième mois, le dix-huitième jour de ce mois, la parole de Dieue fut adressée par l’intermédiaire des prophétesses Yvette et Yvette, Béatrice, Nicole, Hélène, Georgette, Huguette et Madeleine, à l’Assemblée des évêques du Québec.

 

Ainsi parle Dieue:

 

«Cessez d’écouter ces messages qui vous viennent d’ailleurs quant à la place des femmes dans l’Église. Ces gens déclarent qu’il n’est pas dans mon dessein de reconnaître l’égale dignité des femmes et des hommes… Est-ce le moment de vous priver de cette «Autre Parole» alors que votre Église tombe en ruines ? Réfléchissez bien ace à quoi vous êtes arrivés. Vous avez beaucoup prêché… Vous avez écrit de beaux textes… Vos discours prônent la justice… mais vos actes sont injustice… Vous vous dites contre l’exclusion… et en mon nom vous la pratiquez…

 

Or, je suis Dieue de libération et je n’exclus personne de mon projet. Allez à la rue, sur la place publique rencontrer ces femmes… Écoutez-les ! Elles annoncent l’avènement de mon règne qui est justice pour toutes et tous dans l’amour.»

 

Appel au partage

 

2 – Qu’avons-nous à nous pardonner mutuellement pour que nous soyons capables de poursuivre notre ekklèsia ? Celles qui le souhaitent peuvent prendre la parole. (On prend quelques minutes pour écouter les demandes de pardon)

 

Épître

 

1 – Notre ekklèsia a une vision des femmes… c’est pourquoi, elle s’est permise de réécrire le chapitre 31 du Livre des Proverbes: La femme parfaite ou de caractère.

 

La femme de caractère

 

Une femme de caractère qui la reconnaîtra ?

Elle a bien plus de prix que le droit canon.

 

Elle travaille pour se réaliser

et non pour faire le malheur des hommes.

 

Elle est comme un satellite.

Elle s’alimente de la mémoire des femmes de caractère qui l’ont précédée.

 

Elle choisit l’ekklèsia des femmes et s’y investit.

Par son engagement, elle cultive une vigne d’espérance pour la postérité.

 

Elle considère que les réalisations vont bien,

mais sa vigilance n’a de cesse

et sa lampe ne s’éteint pas de la nuit.

 

Elle ouvre sa porte

et accueille à sa table les sans -abris.

 

Elle ne se laisse pas enfermer par les structures pétrifiées.

Elle n’écoute pas les formules dépassées.

Elle se réapproprie sa propre maison.

Elle invente des voies nouvelles pour sa vie spirituelle.

 

Audace, courage et espérance la revêtent.

Elle pense à l’ekklèsia en devenir en riant de contentement et de joie.

 

Elle questionne sa démarche avec lucidité et cohérence.

De plus en plus créative et déterminée,

elle élargit ses alliances.

 

À elle le fruit de son travail

et que ses oeuvres publient sa louange.

 

Psaume

 

Une ekklèsia c’est aussi une communauté de louanges capable de célébrer la création. Écoutons cette nouvelle version du Cantique de Daniel (3, 45-46). La flamme s’élevait à quarante-neuf coudées au-dessus de la fournaise.

 

De cette flamme jaillissaient Tchernobyl, Bhopal, produits chimiques dans la chaîne alimentaire, BPC, trous dans la couche d’ozone, smog, eaux polluées.

 

Cette flamme se déploya et brûla la force de vie chez les enfants, dans les végétaux, chez les animaux. Même la femme enceinte était atteinte et tout ce qui portait semence.

 

Les serviteurs du pouvoir capitaliste et libéral tout comme ceux du profit effréné ne cessaient d’attiser cette flamme de destruction avec des usines de fabrication de protéines, de nicotine, de pétrole et de goudron.

 

Mais des mouvements de libération se rendirent au milieu de la fournaise comme un vent de rosée rafraîchissant. Ils s’appelaient Greenpeace, 4-H, Développement et paix, Mouvement vert, les écoféministes, les coopératives de femmes africaines, la collecte sélective des déchets, la culture biologique.

 

Alors s’élevèrent de cette fournaise des voix qui criaient et chantaient: elles se mirent à célébrer l’Esprit qui habitait ces mouvements:

«Bénie sois-tu, Terre-Mère qui enfantes toute vie! Bénie sois-tu!

Bénies soyez-vous, pluies et rosées et la sororité ! Bénies soyez-vous!

Bénis soyez-vous, nuits et jours, alternance de repos et de travail!

Bénis soyez-vous!

 

Bénie sois-tu, femme debout ainsi que tes filles et tes fils de génération en génération!

Amen! »

 

Chant: Le respect, composé pat Louise Courville

 

Évangile

 

1- Levons-nous

Écoutons cette interpellation nouvelle, radicale, inspirée de l’épître de Paul aux GalatesS, 1-12

 

Soeurs,

 

C’est nous qui vous le disons: C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérées. Donc, tenons bon et poursuivons notre lutte pour nous soustraire du joug de l’esclavage patriarcal. Si vous vous laissez circonscrire, le Christ ne vous servira de rien. De nouveau nous l’attestons à toute femme, qui se laisse circonscrire: elle restera tenue à l’observance intégrale de la loi patriarcale.

 

Ils ont rompu avec le Christ ceux et celles qui cherchent la justice dans cette loi; Us sont déchus de la grâce. Car pour nous, c’est l’Esprit qui nous fait attendre de la foi les biens qu’espéré la justice.

 

En effet, dans le Christ Jésus ni phallus, ni vulve ne comptent, mais seulement la foi opérant par la charité.

 

Notre course partait bien dans la communauté chrétienne primitive; qui a entravé notre élan en le soumettant au patriarcat plutôt qu’à la vérité?

 

Cette sujétion ne vient pas de celui qui nous appelle. Un peu de levain fait lever toute la pâte. Pour nous, nous avons confiance qu’unies dans le Christ, nous n’aurons pas d’autre attachement; mais qui nous contraint subira sa condamnation, quel qu’il soit.

 

Quant à nous, soeurs, si nous sommes fidèles à l’Évangile, pourquoi sommes-nous toujours persécutées? Le Christ serait-il mort en vain? Qu’ils aillent jusqu’à leur perte, ceux qui, en trahissant la vérité, bouleversent nos âmes.

 

Comme nous ne manquons pas d’espérance, écoutons cette nouvelle version de la lettre de Jean-Paul II aux femmes du monde entier.

 

À vous toutes, femmes du monde entier, mon salut le plus cordial !

 

Je vous écris à nouveau parce que j’ai réfléchi depuis la dernière lettre que je vous ai adressée. Je vous ai écoutées et je vous ai entendues parler de vos inégalités plurielles:

 

domestiques,

économiques,

éducationnelles,

législatives,

politiques,

professionnelles,

religieuses,

salariales,

scientifiques,

sexuelles,

sociales,

 

et j’ai compris tout particulièrement votre inégalité ecclésiale qui vous préoccupe depuis si longtemps, et que nous avons, comme Institution-Église, ignorée depuis si longtemps.

 

Aussi j’ai invoqué la Ruah et l’Esprit, et j’ai beaucoup prié. J’ai compris, lors de ma lecture des Actes du colloque de L’autre Parole de mai 1996, l’urgente nécessité de vous parler désormais de solidarité, de sororité et de mutualité et non seulement de toujours vous entretenir de dignité, de complémentarité, d’aide et de services. Vos paroles, qui me sont parvenues du Centre d’Arts Orford au Québec, m’ont rendu sensible à ces nombreuses injustices que vous avez raison de dénoncer et qui sont, ainsi qu’une longue litanie:

 

– de la discrimination des femmes parles hommes,

– de l’oppression des femmes par les hommes,

– de l’appropriation des femmes par les hommes,

– de l’exploitation des femmes par les hommes,

– de la différence entre les femmes et les hommes,

– de la complémentarité de la femme par rapport à l’homme,

– de l’intériorisation des femmes,

– de la minorisation des femmes,

– de la subordination des femmes,

– de la marginalisation des femmes,

– de la victimisation des femmes,

– de l’occultation des femmes,

– et de l’exclusion des femmes.

 

Je me suis donc empressé de réécrire avec vous, femmes du colloque de L’autre Parole, le récit de la création que j’ai révisé à l’aide des valeurs évangéliques et féministes de justice, d’équité, d’audace et de liberté.

 

Dans une perspective de service – qui exprime la véritable royauté de l’être humain s’il est accompli dans la liberté, la réciprocité et l’amour -, je reconnais qu’une réelle égalité de nature entraîne une réelle égalité de fonction. Ainsi, il nous paraît que le Christ a confié aux femmes et aux hommes le devoir d’être «icône» de son visage de pasteure et de pasteur, d’épouse et d’époux de l’Église à travers l’exercice du sacerdoce ministériel, car vous êtes toutes et tous également dotés de la dignité particulière du «sacerdoce commun» enraciné dans le baptême.

 

Comme je le rappelais récemment aux prêtres et aux prêtresses, le sacerdoce ministériel, dans le dessein du Christ, n’est pas l’expression d’une domination, mais celle d’un service. C’est une tâche urgente de l’Église, dans son renouvellement quotidien à la lumière de la Parole de Dieu, de mettre cela toujours plus en évidence, dans le développement de l’esprit de communion et dans la promotion attentive de tous les moyens spécifiquement ecclésiaux de la participation, et à travers le respect et la valorisation des innombrables charismes personnels et communautaires que l’Esprit de Dieu suscite pour l’édification de la communauté chrétienne et pour le service de l’humanité.

 

Je me rappelle avec vous l’immense contribution des femmes telles que Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, Marguerite Bourgeoys, Marie de l’Incarnation, Simonne Monet-Chartrand et Denise Joubert- Nantel.

 

Que Marie, modèle d’humanité – et non seulement modèle des femmes – veille sur les femmes et sur les hommes et sur leur mission au service de l’humanité, de la paix et de la diffusion du Règne de Dieu !

 

Avec ma bénédiction en toute sororité et fraternité.

 

Du Vatican, le 18 mai 1996, en cette fête de l’ekklèsia des femmes.

 

Partage de la Parole

 

2- Parce que nous sommes une communauté de disciples égales, nous allons interpréter ensemble les textes que nous venons d’entendre. Toutes celles qui veulent partager leur point de vue, sont invitées à le faire. Comment recevez-vous cette interpellation à vivre l’ekklèsia?

Les deux animatrices co-animent cet échange.

 

 

Credo

1-      Réaffirmons notre foi. Levons-nous et lisons ensemble à haute voix le Credo d’Orford.

2-

Réécriture du Symbole de Nicée

 

Credo d’Orford

 

– O toi ! tu es à la fois semblable et tout Autre.

 

Nous croyons que tu nous attires à percer

ton mystère à travers nos expériences de femmes.

 

– O toi ! tu es Présence créatrice.

 

Nous croyons que tu nous invites à être.

Nous reconnaissons que nous sommes

tes partenaires dans le devenir du monde.

 

– O toi ! tu es Amour inconditionnel.

 

Nous croyons que tu nous ouvres à la liberté.

Nous affirmons que nous sommes appelées

à témoigner, comme Jésus, de ta compassion

à l’endroit de celles et de ceux qui souffrent.

 

– O toi ! tu es communauté de vie.

 

Nous croyons que nous partageons

la même vie qui a ressuscité Jésus.

Cette vie au-delà de la mort nous la

célébrons dans la nouvelle Ekklèsia.

 

Musique. Musique instrumentale pour méditation (1 minute)

 

Eucharistie

 

2- Offrons-nous le plaisir d’écouter ce texte qui magnifie la rencontre amoureuse, qui évoque les corps, celui de la femme et celui de l’homme, en tant que manifestations de la beauté de la création.

 

Lecture de la réécriture du Cantique des cantiques

 

Je suis mon corps avec vous

 

Regardons-nous

Regardons-nous

Que voyons-nous de nous?

 

Mes yeux révèlent l’authenticité de ma rage.

De l’haleine de mon discours

émane une fraîcheur,

Ma parole crie la liberté.

Mes mains pétrissent la justice.

Mes seins se gonflent d’amour

Mon ventre est comme un réservoir de tendresse

De mes cuisses coulent le sang vermeil qui féconde la terre.

Je danse, je danse pleine d’espérance.

Viens danser avec moi pour

 

me voir

m’entendre

me sentir

me goûter

me dire combien je suis belle.

 

Prière eucharistique

 

1- Pourquoi ce matin partager du pain ? Parce que nous avons besoin de faire mémoire de Jésus qui nous a dit: «Prenez et mangez-en toutes – ceci est mon corps.» Par ce geste, Jésus a voulu que nous soyons nourries corps et âme. Et nous pensons qu’aujourd’hui, connaissant sa sollicitude pour toutes et tous, il n’aurait pas voulu nous voir jeûner.

 

2- Ce pain nous rappelle aussi le corps des femmes, corps souffrant et corps aimant qui, dans notre culture patriarcale, a fait l’objet de multiples mépris. Corps des femmes qui donne la vie et qui se donne dans le geste amoureux.

 

1- Ce pain, c’est aussi la nourriture quotidienne de l’humanité, mais nourriture qui manque à plusieurs et que l’on voudrait voir se multiplier comme lors du sermon sur la montagne.

 

2- Pourquoi boire ce vin ? Toujours pour faire mémoire de Jésus qui nous a dit: « Prenez et buvez-en toutes – ceci est mon sang ». Dans son sang, il a scellé l’ancienne et la nouvelle Alliance. Ce matin, en buvant ce vin, nous participons à cette nouvelle Alliance, promesse de nouveaux rapports entre les femmes et les hommes.

 

1- Ce vin nous rappelle aussi le sang des femmes versé dans la violence. C’est également le sang des menstruations qui signifie que la vie se régénère.

 

Nous buvons aujourd’hui ce vin dans l’allégresse parce que notre ekklèsia se manifeste.

 

Chant

 

2- Pendant la communion, nous entendrons deux chants composés par Marie de l’Incarnation Verbum Caro et Magnificat. Ces chants, Marie de l’Incarnation ne pouvait les interpréter avec ses soeurs lors des liturgies parce que Mgr de Laval le lui avait formellement interdit (cela distrayait le célébrant et cela ne s’était pas vu ailleurs).

 

Les équipes sont appelées à tour de rôle à prendre place autour de la table pour le partage du pain et du vin. Quand une équipe est en place, une membre prend un petit pain, le rompt et le distribue. Chaque personne prend une coupe de vin. Quand toutes sont servies, les membres de l’équipe prononcent ensemble à haute voix les paroles suivantes devant l’assemblée:

 

« Partageons ce pain et ce vin en mémoire de Jésus ».

 

Les personnes prennent le temps de manger le pain et puis retournent à leur place avec la coupe de vin. Une autre équipe prend place et ainsi de suite.

 

Rite d’envoi

 

1- Écoutons ensemble une réécriture de Gaudium et Spes qui définit l’Ekklèsia que nous construisons présentement, l’ekklèsia de notre espérance.

 

Lecture de la réécriture de Lumen Gentium

 

L’ekklèsia des femmes est une communauté de disciples éprises de justice et de rapports égalitaires en processus de libération afin que toutes « aient la vie et la vie en abondance ».

 

Répons : Qu’à vienne au plus sacrant

 

S’inspirant du mouvement Jésus, l’ekklèsia des femmes marche pour « Du Pain et des Rosés ». Elle nourrit un rêve comme de rassembler autour d’une même table les personnes exclues pour se libérer de toutes les oppressions.

 

Répons : Qu’à vienne au plus sacrant

 

L’ekklèsia se construit par des alliances multiples où les groupes se donnent, les uns les autres, des moyens pour contrer les intégrismes politico-religieux.

 

Répons : Qu’à vienne au plus sacrant

 

Symbole de la pierre

 

1- Nous vous invitons à aller vous choisir une pierre, une des pierres qui forment le cercle de notre ekklèsia, et à revenir à votre place. (Chaque personne va chercher une pierre et revient à sa place)

 

2- Vous remarquerez que sur chaque pierre est écrit en lettres dorées « Orford 96 ». Votre pierre est importante parce qu’au cours des prochaines semaines elle va vous rappeler l’ekklèsia que nous venons de vivre et elle va constituer une interpellation constante à bâtir chez vous l’ekklèsia des femmes. Cette ekklèsia sans mur, hors les murs, une simple pierre peut l’évoquer parce qu’on se souvient de ces paroles de Jésus à Pierre : « Pierre, avec cette pierre, va bâtir mon Église ». Alors aujourd’hui, nous vous disons :

 

1-A toi

Agathe, Aliette, Anne-Marie, Annie, Annine, Barbara, Béatrice, Carolyn, Catherine, Céline

« Prends cette pierre et va bâtir l’ekklèsia des femmes ».

 

2 À toi

Chantai, Christine, Claire, Claudette, Colette, Denise, Estelle, Francine, Françoise, Geneva

« Prends cette pierre et va bâtir l’ekklèsia des femmes ».

 

1- À toi

Gertrude, Georgette, Gisèle, Hélène, Huguette, Isabelle, Jeannine, Julienne, Lise, Lorraine, Louise

« Prends cette pierre et va bâtir l’ekklèsia des femmes ».

2- À toi

Lucie, Lucille, Madeleine, Margot, Marie, Marie-Andrée, Marie-France, Marie-Hélène,

« Prends cette pierre et va bâtir l’ekklèsia des femmes ».

 

1-Àtoi

Mariette, Margot, Marthe, Micheline, Monique, Nadya, Nicole, Nusia, Pauline, Pierrette

« Prends cette pierre et va bâtir l’ekklèsia des femmes ».

 

2- À toi

Rachel, Réjeanne, Suzanne, Sylvia, Sylvie, Thérèse, Yveline Yvette

 

« Prends cette pierre et va bâtir l’ekklèsia des femmes ».

 

Chant: ALLÉLUIA, suivi du chant thème