VIENS A LA FÊTE !

VIENS A LA FÊTE !

Célébration de Noël

 

Voici le schéma « charnu » d’une célébration de Noël vécue par les groupes de L’autre Parole de Montréal en décembre dernier. Si cette expérience pouvait en inspirer d’autres, nous serions heureuses d’en entendre parler …

 

Thème    fécondité lumière

 

Un Noël d’antan, je vivais un deuil innommable et pourtant que de fois nommé,

tonneau des Danaïdes qui m’encercle et me broie les entrailles … sans fin !

 

Cette année, la gestation de la fête a tamisé ma douleur

 

et, telle la venue de l’enfant, elle a habité mes moindres pensées et les replis de mon âme et de mon coeur,

 

pour déborder sur la dialectique de la fête, célébration de nos fécondités, de nos lumières.

 

INTROIT

 

Les invitées étaient accueillies au son du cantique « Viens à la fête ». Dans l’entrée, sur une table agrémentée d’une nappe artisanale brodée et rebrodée par la patience féminine, étaient disposés deux candélabres de cuivre aux frêles chandelles rouges, symbole de l’amour.

 

Des yeux ronds d’une chouette, emblème du féminisme qui s’éveille et veille et voit dans le clair-obscur la femme enfin réalisée, avenir de l’humanité, fusait une lumière hélas ! encore atténuée …

 

D’une cassolette ajourée s’élevaient les parfums de l’encens, hommage à l’Esprit créateur.

 

Et, dans un humble panier d’osier, des oeufs attendaient d’être cueillis par une convive, puis, celle-ci allait le déposer dans une crèche dénudée, surmontée d’une vierge à l’enfant. Seul, le foyer crépitant éclairait le salon dans la pénombre.

 

EXERGUE

 

L’oeuf a été choisi, car il symbolise notre féminité : nous voulons enfanter une co-humanité avec les hommes et les femmes de notre vécu quotidien, tel quel. « Esprit, (féminin en hébreu) agis par tes attributs féminins, dont le principal est la sagesse, cette présence de Dieu à l’Univers. »

 

Dans la centre du salon reposait, sur une table basse, un candélabre à quinze branches, symbole de notre collectif car trois séries de chandelles représentaient les trois groupes de L’autre Parole de Montréal.

 

VASTHI

 

Chandelles rouges : « extrémité » du spectre solaire ; rubis, coquelicot, couleur de sang, de passion et qui dégage un rayonnement calorifique.

 

No 2

 

Chandelles vertes : couleur complémentaire du rouge, jade, émeraude, chlorophylle : vigueur de printemps, verte jeunesse, espérance des maternités. Couleur qui s’ouvre vers le jaune …

 

No 3

 

Chandelles jaunes, une autre des sept couleurs fondamentales du spectre solaire (lunaire ?) : or, safran, miel, citron, corps jaune de l’ovaire, feuilles d’automne : hétérogénéité de notre groupe.

 

CELEBRATION ; Nous élevons nos verres de sangria bien fruitée, en prononçant ces mots si riches de sens : « Mon âme exalte le Seigneur, car il a fait en moi des merveilles ». Ce toast fut le leitmotiv de la soirée.

 

COMMUNION : Puis chacune, à tour de rôle, cueillit « son » oeuf dans la crèche et nous confia ses fécondités : maternités spirituelles, quotidienneté de l’enfantement, relations mère-fille re-vivifiées, doutes sur notre persévérance dans notre fécondité. Que d’émouvantes confidences ! Quelle atmosphère de confiance a favorisé ces témoignages intimistes ! Et quelle belle communion d’idées, de sentiments, d’émotions. Moments privilégiés et inoubliables…

 

LUMIERE

 

Ayant témoigné de notre fécondité, nous allumions une chandelle de notre groupe. Les absentes devinrent présentes : car elles furent « nommées » et un grand cierge

porta leur lumière.

 

Ainsi, grâces à nos fécondités, la lumière rayonna dans tous les coins et recoins.

 

AGAPE

 

Sur la table, des moules en forme de poisson, rappelèrent

le Christ.

 

MEDITATION : A la suite de ce partage sororal, Louise-Marie Provencher nous invita à méditer sur la fécondité, (voir page suivante)

 

MEMORIAL : Sur la bûche de Noël était écrit : « JE BUCHE, DONC JE SUIS » en souvenir des « tâcheronnes » des temps immémoriaux. Lise Proulx découpa avec maestria la part de chacune. Puis nous allâmes choisir, sur la chambranle du foyer, une bûche artistiquement dessinée par Réjeanne Marois, à l’intérieur de laquelle une « fécondité » était à lire … et à commenter. Comme le hasard, ou plutôt l« ESPRIT fit bien les choses, ce soir-là, car la phrase réappropriée convenait d’une façon étonnante à sa destinataire !

 

Et pendant ce temps, discrètement telle la Marthe de l’Evangile, Irène Pelchat aidait à servir et à desservir

OFFRANDES : Le partage des cadeaux agrémenta cette fin de soirée.

 

MAGNIFICAT : Clôture de cette fête au son de L’ALLELUIA de Haendel. Les convives sont parties. Les cendres sont encore rouges. Mon deuil a fécondé la fête …

 

Denyse Joubert-Nantel