Yvette, nous te proclamons bienheureuse !

Yvette Laprise,

Membre active de L’autre Parole pendant plus de trente ans.

Elle était une femme de foi, d’espérance et d’amour.

 

D’une foi vigoureuse, intense et accueillante.

Elle croyait en la vie, aux personnes et en l’amour de Dieu.

On pourrait aussi dire qu’elle avait fait siennes

les paroles de l’Évangile : « Je vomirai les tièdes ».

Yvette n’aimait pas les demi-mesures,

elle avait une foi radicalement engagée.

 

Son espérance était immense.

Espérance pour ici et maintenant, en un monde meilleur, juste et solidaire.

Espérance en un pays libre.

Espérance en des femmes et des hommes debout.

Espérance en la résurrection.

Cette espérance se traduisait dans la louange et dans l’action.

 

Son amour était caritas, généreux et universel.

Elle aimait sa famille, sa communauté

et avait une foule d’amies à L’autre Parole et ailleurs.

Son amour était actif : elle avait constamment une parole d’encouragement

qui était aussi invitation au dépassement.

Nous nous sommes senties aimées d’Yvette

et nous l’aimions beaucoup.

 

Cette Fille de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus

a été une témoin éloquente des vœux de pauvreté,

chasteté et d’obéissance qu’elle avait prononcés il y plus de 70 ans.

 

À Montréal, son vœu de pauvreté se traduisait

dans une vie simple et très frugale :

logement modeste, habillement sobre et nourriture économe.

Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’aimait pas les bonnes choses, au contraire !

Quand on la recevait, elle se régalait d’un bon plat, savourait un gin à l’apéro
et appréciait un beau concert.

 

Quand on relit le beau texte qu’elle a écrit sur la simplicité évangélique
dans la revue L’autre Parole (n
o 97),
on comprend mieux la profondeur de son engagement à vivre la pauvreté.

Je dirais même qu’elle a été plus gâtée dans les dernières années de sa vie à la Maison-Mère : toujours bien coiffée, dans un bon fauteuil confortable et avec vue sur le jardin.
Elle a été, nous en sommes convaincues, bien entourée.

Cette femme ardente, aimante, a vécu la chasteté de belle façon.

Avec nous elle était joyeuse et affectueuse et, dans sa vie intime,
elle était tout abandonnée à l’amour de son Dieu.

 

Lobéissance, il lui en a fallu beaucoup
pour accepter de se retrouver à l’infirmerie de la Maison-Mère !
Mais je dirais que pendant toute sa vie, elle a d’abord été fidèle à vivre selon son discernement, à être cohérente avec ses choix de vie et par la suite… à obéir à ses supérieures !

 

Pour toutes ces raisons, nous te disons,

Yvette Laprise, notre sœur, notre amie,

notre compagne féministe de L’autre Parole,

Bienheureuse, parce qu’à nos yeux,

tu as pratiqué les vertus chrétiennes de manière exemplaire !

Comme toi, nous sommes un peu impatientes.

Nous n’attendrons donc pas qu’un collège de cardinaux et d’évêques

étudie la positio, la synthèse relatant ta vie exemplaire,

et se prononce sur l’héroïcité de tes vertus.

Nous exerçons notre propre discernement.

Ta vie est pour nous source d’inspiration et invitation au dépassement.

Ta vie est témoignage évangélique.

C’est pourquoi nous te proclamons Bienheureuse !

 

 

Marie-Andrée Roy

Groupe Vasthi de L’autre Parole

Sherbrooke, le 26 mai 2015