UN CREDO FEMME (no. 13 de la revue l’autre Parole)

UN CREDO FEMME

Conseil Œcuménique des Églises : Vers une communauté plus authentique de femmes et d’hommes dans l’Eglise

The Woman’s Creed (La profession de foi de la femme), par l’Américaine Rachel Wahlberg, est un exemple poétique montrant combien la tradition pourrait être différente si les pensées des femmes y avaient été associées.

(En méditant sur la Confession de Foi des Apôtres et en me demandant comment elle aurait été formulée si elle avait été écrite par des femmes.)

 

Je crois en Dieu

qui a créé la femme et l’homme à son image

qui a créé le monde

et a confié aux deux sexes

le soin de la terre.

 

Je crois en Jésus

enfant de Dieu

choisi par Dieu

né de la femme Marie ;

qui écoutait les femmes et les aimait

qui demeurait dans leurs maisons

qui discutait du Royaume avec elles

qui était suivi et aidé

par des femmes disciples.

 

Je crois en Jésus

qui, à la fontaine, parlait de théologie à une femme

et lui a révélé en premier

sa mission messianique,

qui 1’a persuadée d’aller annoncer

sa grande nouvelle dans la ville.

 

Je crois en Jésus qui fut oint

par une femme dans la maison de Simon,

qui réprimanda les hommes invités parce qu’ils la méprisaient.

 

Je crois en Jésus

qui dit qu’on se souviendrait de cette femme

pour ce qu’elle avait fait

pour avoir servi Jésus.

 

Je crois en Jésus

qui agit résolument

pour rejeter les tabous du sang

d’anciennes sociétés

en guérissant la femme hardie

qui l’avait touché.

 

Je crois en Jésus qui guérit

une femme le jour du sabbat

et lui rendit la santé

parce qu’elle était

un être humain .

 

Je crois en Jésus

qui parlait de Dieu

comme d’une femme cherchant la pièce de monnaie perdue comme d’une femme qui cherchait en balayant,

ce qui était perdu.

 

Je crois en Jésus

qui pensait à  la grossesse et à  la naissance

avec révérence

non comme à une punition – mais

comme à un événement déchirant

métaphore de la transformation

naissance nouvelle

de l’angoisse-en-joie.

 

Je crois en Jésus

qui parlait de lui-même

comme d’une mère poule

qui rassemble ses poussins

sous son aile.

 

Je crois en Jésus qui apparut

en premier à Marie-Madeleine

qui l’envoya avec la nouvelle éclatante

VA ET ANNONCE …

 

Je crois en l’intégrité

du Sauveur

en qui il n’y a ni

Juif ni Grec

ni esclave ni homme libre

ni masculin ni féminin

car nous sommes tous un

dans le salut.

 

Je crois au Saint Esprit*

qui plane au-dessus des eaux

de la création

et au-dessus de la terre.

 

Je crois au Saint Esprit

l’esprit féminin de Dieu

qui, comme une poule,

nous a créés

et nous a donné naissance

et nous couvre de ses ailes.(2)

 

*  En hébreu, le mot « esprit » est féminin.

 

The Woman’s Creed, en tant qu’espérance de la femme, n’est pas réellement une protestation contre les pères, mais une protestation contre un langage qui est trop petit, trop limité, trop restreint, qui n’est pas assez expansif pour la spiritualité et l’expérience de la vie des femmes. Ce « compte-rendu de l’espérance » de la femme envisage un Dieu de tendresse, de compassion, de soins attentifs ; un Dieu qui aspire à créer un environnement susceptible d’encourager l’acceptation et la croissance ; un Dieu qui parle de la totalité de l’expérience ; un Dieu qui n’ignore pas la femme impure à cause d’anciens tabous et lois sur la menstruation ; un Dieu qui voit la femme non simplement comme un complément de l’homme, mais comme une personne entière et égale à l’homme dans le soin et la garde de la terre. L’oeuvre de Wahlberg est un élargissement créateur des catégories théologiques conventionnelles. Elle enrichit la Tradition.