LE LIVRE DE L’EXODE : UNE LECTURE FÉMINISTE

Pourquoi relire ce livre et même penser à en faire une réécriture ?

L’Exode est un livre pas banal qui décrit l’expérience d’un peuple en quête de sa libération. Ce peuple, le peuple hébreu, se serait mis en marche, il y a environ 3 250 ans, pour quitter une terre d’oppression et rejoindre un pays où coulent le lait et le miel. Il aurait mis 40 ans pour atteindre la fameuse terre promise !

Plusieurs motifs militent pour s’approprier ce grand récit.

Il a profondément marqué l’imaginaire de Jésus de Nazareth

Comme tout bon juif, Jésus avait appris à le connaître en célébrant la Pâque qui commémore le passage de l’esclavage à la libération du peuple hébreu. D’ailleurs, le jeudi saint, quand il nous invite à « faire mémoire de lui » en partageant le pain et le vin, il préside le repas de la Pâque juive avec ses disciples. Ainsi, on comprend l’eucharistie comme un mémorial du Jésus de Nazareth qui donne sa vie pour le salut de l’humanité ; mais ce mémorial prend indissociablement appui sur un autre mémorial, celui d’une communauté qui prend à la hâte un dernier repas avant de se mettre en marche pour quitter une terre d’oppression. Quand on s’efforce de comprendre et d’approfondir les enseignements du Jésus de Nazareth, on est inévitablement appelé à s’ouvrir à ce qui a structuré son imaginaire et sa vision du monde. Jésus était un Juif qui a pris au sérieux sa tradition et qui l’a assez aimée pour en faire une critique radicale. Pour comprendre les enseignements de Jésus, nous sommes invitées à nous ouvrir à la tradition juive.

La vie liturgique et sacramentelle chrétienne est marquée par la tradition juive

Donnons quelques exemples de moments clés qui illustrent ce rapport étroit de la tradition chrétienne avec la tradition juive. Le baptême de Jésus par Jean le Baptiste dans le Jourdain se fait dans le même fleuve que le peuple hébreu aurait traversé, sous la direction de Josué (successeur de Moïse) 1 200 ans plus tôt, pour entrer enfin dans la terre promise, la terre de Canaan ; lors de la veillée pascale, il y a rappel de la traversée de la mer Rouge par le peuple hébreu guidé par Moïse et Dieu, représenté sous la forme d’une colonne de feu ; au moment de l’eucharistie, on mange du pain sans levain qui rappelle, notamment, que le peuple hébreu a quitté la terre d’Égypte dans la hâte et n’a pas eu le temps de faire lever le pain ; les commandements de Dieu reçus par Moïse sur l’Horeb sont constitutifs de l’éthique chrétienne ; la Pâque chrétienne est modelée sur la Pâque juive, Pessah ; la Pentecôte chrétienne (moment où les disciples reçoivent l’esprit de Jésus) a lieu cinquante jours après Pâques, tout comme la fête juive Chavouôt qui commémore la réception de la Torah. La compréhension de la tradition chrétienne est ainsi intimement reliée aux moments marquants de la tradition juive.

Le grand récit de L’Exode

Cette grande marche d’un peuple pour sa libération est sans doute l’un des plus anciens récits de marche de libération commentés dans l’histoire de l’humanité. Il peut être compris comme un récit paradigmatique des grandes marches de libération modernes, même celles des femmes ! En effet, tout patriarcal qu’il soit, le récit de L’Exode, à travers ses multiples interprétations, a contribué à légitimer la volonté d’un peuple de sortir de l’esclavage et a même permis de croire que Dieu lui-même guidait ce peuple dans sa quête de libération. Des femmes ont fait leur cette idée. Je pense à la compositrice Ethel Smyth qui, en 1911, offrira aux suffragettes anglaises un hymne qui sera entonné avec force et conviction pendant les manifestations pour le droit au suffrage féminin ; cet hymne sera même repris dans la cour de la prison de Holloway à Londres par Smyth et une centaine d’autres suffragettes incarcérées pendant deux mois pour avoir défié les forces policières ! Cet hymne, The March of the Women, traduit bien le souffle révolutionnaire de ces premières féministes animées en même temps d’une conviction inébranlable en l’appui de Dieu :

Crie, crie haut ta chanson
Souffle le vent car l’aurore se lève
Marche, marche, scande la mesure
Déferle notre bannière car l’espoir s’avive
Récits de l’histoire, rêves de gloire
Voici l’appel, joyeuses les paroles
Plus fort, le son se dilate
Tonnerre de liberté, c’est la voix de Dieue.

Plusieurs d’entre nous avons participé, d’une manière ou d’une autre, à la fameuse Marche du pain et des roses en 1995. Avec le thème : du pain et des roses pour changer les choses, nous ne sommes pas si loin de la revendication pour un pays où coulent le lait et le miel pour tous, n’est-ce pas ? La Marche mondiale des femmes de l’an 2000, initiée par les femmes du Québec, a constitué un rendez-vous féministe planétaire où le peuple des femmes s’est uni pour lutter contre la pauvreté des femmes et les violences qu’elles subissent. Et, à l’heure Trump, la marche constitue pour les femmes et tous les assoiffés de justice un outil précieux de lutte pour la préservation de leur liberté.

Que savons-nous du récit de L’Exode ?

L’Exode est un récit de naissance, naissance d’une communauté qui advient au monde quand elle accepte de se mettre en marche avec tous les défis que cela comporte. Ce récit est censé se passer aux environs de  1250 avant Jésus-Christ. Sous la conduite de Moïse et Aaron, les Hébreux, qui sont réduits à l’esclavage en Égypte, acceptent de se mettre en marche pour rejoindre une terre où coulent le lait et le miel, Canaan. En pratique, on situe une bonne partie de la rédaction du récit entre 650 et 400 avant Jésus-Christ, période troublée où les Juifs de Jérusalem ont été déportés à Babylone en 587 et ne reviennent d’exil que vers 538. Retour qui ne se fera d’ailleurs pas sans difficulté. Le rappel de ce récit de L’Exode vient nourrir l’espérance du peuple en exil et actualiser son Alliance avec Dieu. Par la suite, il jouera aussi un rôle central pour alimenter le désir de retour en Israël après la destruction du temple à Jérusalem par Titus en 70 de notre ère et la dispersion des Juifs dans le monde.

Le récit est une construction littéraire qui fournit un mythe fondateur au peuple juif. Sa vérité n’est pas historique au sens où l’on n’est pas sûr de l’existence du personnage Moïse, on ne sait pas quel pharaon aurait mis les Hébreux en esclavage, on ne connait pas précisément le chemin emprunté par le peuple pour se rendre en Canaan ni la montagne où Moïse aurait reçu les Tables de la loi. Cela fait beaucoup d’incertitudes, n’est-ce pas, pour un seul texte ? La vérité du récit est religieuse au sens où ce récit traduit avec efficacité la relation que le peuple hébreu a tissée avec son Dieu, comment il a élaboré sa loi, comment les tribus se sont unies pour former Israël. Le récit fournit la mémoire sur l’identité d’origine (étranger + esclave), la posture morale à adopter face à l’autre : « souviens-toi que tu as été étranger en terre étrangère » et le rituel à respecter pour garder une mémoire vivante et actualiser l’Alliance avec Dieu (seder). Le récit est lu, médité, ritualisé depuis plus de deux millénaires, forgeant ainsi les représentations d’origine d’une multitude de générations de croyantes et de croyants, guidant leur agir et cimentant leur communauté.

Ce récit est marqué par une culture patriarcale : les patriarches ont autorité, les femmes ne sont même pas recensées, ils étaient 600 000 sans compter les femmes et les enfants (Ex 12,37 !) et l’Alliance avec Dieu est scellée dans le corps des hommes (circoncision), etc. Il est aussi imprégné de colonialisme : la terre dite promise est déjà occupée et va faire l’objet d’une conquête armée ; ceux qui ne partagent pas leurs croyances seront considérés comme des ennemis ; les pratiques de domination seront justifiées au nom de Dieu qui en a fait un peuple élu, etc.

Une lecture féministe et anticolonialiste s’impose pour que ce texte nous révèle sa pleine mesure avec ses forces et ses limites. Nous faisons le pari que ce type de lecture nous donne un meilleur accès à la vérité du texte, à sa force interpellatrice.

Les femmes dans le livre de L’Exode

Même si le livre de L’Exode fait peu de place aux femmes, on peut faire le pari que celles-ci ont joué un rôle essentiel. Il y a d’abord la mère de Moïse, Jochebed, une femme de la tribu de Lévi qui lui a donné la vie. Rappelons les faits. Nous sommes à une époque troublée en Égypte et les pouvoirs en place considèrent que les Hébreux se reproduisent trop vite (ça vous fait penser à quelque chose ?)  Pharaon commande aux sages-femmes de noyer tous les nouveau-nés mâles des Hébreux. Shiphrah et Pou’ah prennent un risque énorme ; elles contreviennent à cet ordre au péril de leur vie. Elles se font astucieuses et rusées ; elles déclarent que les femmes des Hébreux accouchent beaucoup plus vite que les Égyptiennes, si vite qu’elles n’ont pas le temps d’intervenir ! Mais le nouveau-né, Moïse, ne peut rester à la maison, c’est trop risqué. Vous connaissez toutes l’histoire du bébé placé dans un panier d’osier (un moïse justement !) et qui se retrouve sur le Nil. Moïse affronte son premier défi avec l’eau (avant de rencontrer celui de la traversée de la mer Rouge ou celui d’abreuver son peuple assoiffé en frappant deux fois le rocher) ! La sœur de l’enfant, Myriam, veille sur lui. Une princesse égyptienne recueille l’enfant dans le panier d’osier et décide de le garder, même si elle se doute bien qu’il peut être un enfant des Hébreux. Elle prend un risque. Myriam prend aussi un risque en proposant à la princesse de trouver une nourrice pour l’enfant. La mère de sang du jeune Moïse, Jochebed, deviendra sa mère de lait. Décidément, la sœur aînée de Moïse, Myriam, a su déployer un audacieux stratagème pour sauver son jeune frère qui grandira à la cour et aura la chance de recevoir une excellente éducation. Devenu adulte, il épousera une Madianite, Tsipporah, cette femme à la peau sombre, fille de Jéthro, un prêtre de Madian. De cette union naîtront deux fils. Un jour que la colère de Dieu déferlait sur Moïse (on ne comprend pas trop pourquoi ; était-ce parce qu’il n’était pas circoncis ? Des exégètes ont déjà soulevé cette question), Tsipporah sauvera la vie de son célèbre époux en prenant un silex et en coupant le prépuce de son fils premier-né et en toucha le sexe de Moïse. Ce geste calmera la colère de Dieu (Ex 4,24-26). Peut-on voir en Tsipporah, une prêtresse avant l’heure pratiquant la circoncision, ou une interprète de la volonté de Dieu ? Par la suite, Tsipporah se retrouvera monoparentale, son époux l’ayant répudiée ou l’ayant quittée pour mener à bien sa mission reçue de Dieu ? On ne sait trop. Elle réapparait brièvement, quand le peuple est en marche dans le désert. Elle vient avec son père rencontrer Moïse qui ne lui parle même pas ! Il discute plutôt avec son beau-père qui lui donnera des conseils sur son mode de gouvernance, dirait-on aujourd’hui. N’empêche que Tsipporah apparaît comme une actrice pas banale de L’Exode.

Myriam, immédiatement après la traversée de la mer Rouge où les Égyptiens ont été engloutis, entonne avec les femmes, en dansant et en s’accompagnant de tambourins, un cantique : « Chantez le Seigneur, il a fait un coup d’éclat. Cheval et cavalier, en mer il les jeta » (Ex 15,20-21). Elle semble exercer, au moins avec les femmes, un leadership religieux et politique. Juste auparavant, Moïse avait entonné le même cantique avec les « fils d’Israël ». Dans un autre épisode assez obscur (Nb 12), il semble y avoir des tensions et une lutte de pouvoir entre Moïse et son frère Aaron et sa sœur Myriam. Myriam et Aaron critiquent Moïse à cause de la femme Koushite (est-ce parce qu’elle est une étrangère, une deuxième épouse, ou parce qu’il a répudié sa première épouse ?). Et ils se demandent si Dieu n’a parlé qu’à Moïse ou si Dieu ne leur a pas aussi parlé ? La réponse ne se fera pas attendre, Dieu va confirmer Moïse comme son homme de confiance et va punir Myriam pour sa rébellion. Aaron, pour sa part, ne fera pas l’objet d’une punition. Elle sera frappée de la lèpre, une terrible malédiction qui a pour effet d’exclure ces personnes de leur communauté. Aaron va plaider pour elle auprès de Moïse qui demandera à Dieu de la guérir. Elle sera exclue du camp pendant sept jours et le peuple l’attendra avant de repartir. Bref, elle ne s’en sort pas trop mal, mais elle a appris durement qui était « le chef » et que la colère de Dieu ne frappe pas de la même manière les femmes et les hommes ! Plus tard, Myriam mourra et sera enterrée dans le désert de Cîn (Nb 20,1).

Parmi les autres femmes reliées à L’Exode et dont on ne parle pas, on pourrait évoquer les milliers de femmes qui ont marché dans le désert aux côtés des hommes, qui ont fait manger, ont entretenu, habillé et soigné les membres de leur clan. On pourrait évoquer toutes celles qui, en route, ont donné la vie, nourri et éduqué leur progéniture. On pourrait aussi penser que nombre de ces femmes ont pris les armes et participé à la guerre de conquête pour accéder à cette fameuse terre promise. Cette guerre de conquête ne se fera pas sans faire des femmes captives, des étrangères qui deviendront esclaves au service du peuple hébreu. Bref, les femmes ont certainement joué un rôle important dans cette grande aventure, mais le récit patriarcal n’en a pas conservé la mémoire.

Quel est l’itinéraire ?

Quelle route a suivie le peuple hébreu pour se rendre en terre promise ? En fait, il mettra quarante ans pour parcourir une distance de 400 kilomètres environ s’il avait emprunté la voie la plus directe ! N’oublions pas qu’en 1995, lors de la Marche du pain et des roses, les femmes ont parcouru une distance de 275 kilomètres en dix jours (Montréal-Québec). Manifestement, les Hébreux ont fait une marche des « petits pas ». Ne pouvons-nous pas dire la même chose de la marche de libération entreprise en 1976 par les femmes de L’autre Parole qui se fait vraiment à très petits pas dans l’Église ?

Pour l’exercice de réécriture biblique que pratique L’autre Parole, le groupe Phœbé a sélectionné 16 passages du livre de L’Exode (Traduction œcuménique de la Bible — TOB) qui permettent de retracer les principaux épisodes qui ont marqué la vie du peuple hébreu pendant quarante ans au désert, ainsi qu’un passage de L’Évangile selon Saint Luc (Bible du Semeur) qui relate la tentation de Jésus au désert avant le début de sa vie publique. Ce sont certains de ces passages qui ont fait effectivement l’objet d’une réécriture au cours du colloque d’août 2016 célébrant les 40 ans de L’autre Parole. Voici des extraits de ces passages avec quelques questions qui visent à soutenir tout travail de réécriture.

TEXTE 1

L’eau de Mara, chapitre 15

[Verset] 22 Moïse fit partir Israël de la mer des Joncs et ils sortirent vers le désert de Shour. Ils marchèrent trois jours au désert sans trouver d’eau. 23 Ils arrivèrent à Mara, mais ne purent boire l’eau de Mara, car elle était amère — d’où son nom « Mara ». 24 Le peuple murmura contre Moïse en disant : « Que boirons-nous ? » 25 Celui-ci cria vers le Seigneur et le Seigneur lui indiqua un arbre d’une certaine espèce. Il en jeta un morceau dans l’eau, et l’eau devint douce.

27 Ils arrivèrent à Elim : il y a là douze sources d’eau et soixante-dix palmiers. Ils campèrent là, près de l’eau.

L’eau de Massa et Mériba, chapitre 17

[Verset] Le peuple querella Moïse : « Donnez-nous de l’eau à boire », dirent-ils.

L’autre Parole :

Au cours de nos quarante ans de marche de libération, avons-nous eu soif, avons-nous eu besoin d’eau ? De quelle eau avions-nous besoin ? Quel est le nom de l’eau qui nous a désaltérées ? À qui avons-nous crié notre soif ? Avons-nous vraiment été désaltérées ?

TEXTE 2

La manne, chapitre 16

[Verset] 3 « Ah ! si nous étions morts de la main du Seigneur au pays d’Égypte, quand nous étions assis près du chaudron de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour laisser mourir de faim toute cette assemblée ! »

L’autre Parole :

Au cours de ces quarante ans de marche de libération, avons-nous eu faim, avons-nous eu besoin de pain ? Quelle manne nous a sustentées ? Notre pain est-il tombé du ciel ou l’avons-nous gagné à la sueur de notre front ? L’avons-nous « cuisiné » nous-mêmes ?

TEXTE 3

Règles diverses concernant la manne, chapitre 16

[Verset]13 Le soir même, les cailles montèrent et elles recouvrirent le camp ; et le matin, une couche de rosée entourait le camp. 14 La couche de rosée se leva. Alors, sur la surface du désert, il y avait quelque chose de fin, de crissant, quelque chose de fin tel du givre, sur la terre. 15 Les fils d’Israël regardèrent et se dirent l’un à l’autre : « Mân hou ? » (« Qu’est-ce que c’est ? »), car ils ne savaient pas ce que c’était. Moïse leur dit : « C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger. »

L’autre Parole :

Au cours de ces quarante ans de marche de libération, comment avons-nous procédé pour partager le pain ? Avons-nous jeûné en étant privées du pain eucharistique parce qu’exclues du sacerdoce ? Quelles ont été nos stratégies pour se nourrir spirituellement ?

TEXTE 4

Moïse nomme des chefs pour rendre la justice, chapitre 18

[Verset]13 Or, le lendemain, Moïse siégeait pour juger le peuple, et le peuple restait devant Moïse du matin au soir. 14 Le beau-père de Moïse vit tout ce que celui-ci faisait pour le peuple : « Que fais-tu là pour le peuple ? dit-il. Pourquoi sièges-tu seul tandis que tout le peuple est debout devant toi du matin au soir ? » 15 Moïse dit à son beau-père : « C’est que le peuple vient à moi pour consulter Dieu. 16 S’ils ont une affaire, ils viennent à moi, je règle le litige qu’ils ont entre eux et je fais connaître les décrets de Dieu et ses lois. » 17 Le beau-père de Moïse lui dit : « Ta façon de faire n’est pas bonne. 18 Tu vas t’épuiser, ainsi que ce peuple qui est avec toi. La tâche est trop lourde pour toi. Tu ne peux l’accomplir seul. 19 Maintenant, écoute ma voix ! Je te donne un conseil et que Dieu soit avec toi ! Sois donc le représentant du peuple en face de Dieu : c’est toi qui porteras les affaires devant Dieu, 20 qui aviseras les gens des décrets et des lois, qui leur feras connaître le chemin à suivre et la conduite à tenir. 21 Et puis, tu discerneras dans tout le peuple des hommes de valeur, craignant Dieu, dignes de confiance, incorruptibles, et tu les établiras sur eux comme chefs de millier, chefs de centaine, chefs de cinquantaine et chefs de dizaine. 22 Ils jugeront le peuple en permanence. Tout ce qui a de l’importance, ils te le présenteront, mais ce qui en a moins, ils le jugeront eux-mêmes. »

L’autre Parole :

Au cours de ces quarante ans de marche de libération, comme chrétiennes, comme féministes, quel a été notre mode de gouvernance ? Quel a été notre fonctionnement en collectif, puis, en collective ? Quel a été le mode de gestion des femmes des autres groupes comme Femmes et ministères, l’Association des religieuses pour les droits des femmes (ARDF), etc. ? Avons-nous demandé la permission, ou demandé quoi faire aux chefs ecclésiastiques ? Avons-nous été marquées par le mode de fonctionnement du mouvement des femmes ?

TEXTE 5

Proposition de l’alliance, chapitre 19

[Verset]1 Le troisième mois après leur sortie du pays d’Égypte, aujourd’hui même, les fils d’Israël arrivèrent au désert du Sinaï. 2 Ils partirent de Refidim, arrivèrent au désert du Sinaï et campèrent dans le désert. — Israël campa ici, face à la montagne, 3 mais Moïse monta vers Dieu.

 L’autre Parole :

Au cours de ces quarante ans de marche de libération, comment avons-nous procédé pour communiquer avec Dieue ? Avons-nous envoyé Monique Dumais sur la montagne pour causer avec Dieue ? Comment avons-nous exercé notre discernement ?

TEXTE 6

La manifestation de Dieu, chapitre 19

Moïse parlait et Dieu lui répondait par la voix du tonnerre.

[Verset] 20 Le Seigneur descendit sur la montagne de Sinaï, au sommet de la montagne, et le Seigneur appela Moïse au sommet de la montagne. Moïse monta.

L’autre Parole :

Au cours de ces quarante ans de marche de libération, comment Dieue s’est-elle manifestée à nous ? Par le tonnerre et des éclairs ? Où avons-nous discerné autrement la parole de Dieue ? Comment s’est fait ce discernement ?

TEXTE 7

Les termes de l’alliance : le décalogue, chapitre 20

[Verset] 1 Et Dieu prononça toutes ces paroles :

2 « C’est moi le Seigneur, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude :

3 Tu n’auras pas d’autres dieux face à moi.

4 Tu ne te feras pas d’idole,

7 Tu ne prononceras pas à tort le nom du Seigneur, ton Dieu, car le Seigneur n’acquitte pas celui qui prononce son nom à tort.

8 Que du jour du sabbat on fasse un mémorial […]

12 Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur la terre que te donne le Seigneur, ton Dieu.

13 Tu ne commettras pas de meurtre.

14 Tu ne commettras pas d’adultère.

15 Tu ne commettras pas de rapt.

16 Tu ne témoigneras pas faussement contre ton prochain.

17 Tu n’auras pas de visées sur la maison de ton prochain. Tu n’auras de visées ni sur la femme de ton prochain, ni sur son serviteur, sa servante, son bœuf ou son âne, ni sur rien qui appartienne à ton prochain. »

L’autre Parole :

Voilà les commandements de Dieu ! Commandements que nous avons appris à connaître très tôt. Comme chrétiennes et féministes, comment avons-nous actualisé ces commandements dans nos vies ? Nous sommes-nous donné d’autres commandements ?

TEXTE 8

Recommandations avant le départ, chapitre 23

[Verset] 20 « Je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire entrer dans le lieu que j’ai préparé. 21 Prends garde à lui et entends sa voix, ne le contrarie pas, il ne supporterait pas votre révolte, car mon nom est en lui. 22 Si tu entends sa voix et fais tout ce que je dis, je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires.

23 Quand mon ange aura marché devant toi, qu’il t’aura fait entrer chez l’Amorite, le Hittite, le Perizzite et le Cananéen, chez le Hivvite et le Jébusite, et que je les aurai anéantis, 24 tu ne te prosterneras pas devant leurs dieux ni ne les serviras, tu ne feras pas comme on fait chez eux, mais tu devras abattre ces dieux et briser leurs stèles. 25 Si vous servez le Seigneur, votre Dieu, alors il bénira ton pain et tes eaux, et j’écarterai de toi la maladie. »

L’autre Parole :

Comment avons-nous procédé au cours de ces quarante ans de militance, comment avons-nous exercé notre discernement ? Avons-nous eu un ange pour nous guider ?

Avons-nous renversé les stèles des autres, ou avons-nous procédé autrement ? Avons-nous combattu les spiritualités des autres ? Quels modes de relations avons-nous établis avec les personnes et les groupes rencontrés sur notre chemin ? Avons-nous critiqué le colonialisme de notre propre religion ?

TEXTE 9

Conclusion de l’alliance, chapitre 24

[Verset] 15 Moïse monta sur la montagne ; alors, la nuée couvrit la montagne, 16 la gloire du Seigneur demeura sur le mont Sinaï, et la nuée le couvrit pendant six jours. Il appela Moïse le septième jour, du milieu de la nuée. 17 La gloire du Seigneur apparaissait aux fils d’Israël sous l’aspect d’un feu dévorant, au sommet de la montagne. 18 Moïse pénétra dans la nuée monta sur la montagne. Moïse resta sur la montagne quarante jours et quarante nuits.

L’autre Parole :

Comment avons-nous conclu une Alliance avec Dieue ? Dieue est-elle apparue à une seule d’entre nous ou à l’ensemble de la collective ? Comment pourrions-nous caractériser notre intimité avec Dieue ?

TEXTE 10

Les prêtres : leurs vêtements, chapitre 28

Organisation religieuse sacerdotale

[Verset] 2 Tu feras pour ton frère Aaron des vêtements sacrés, en signe de gloire et de majesté.

Les prêtres : leur consécration, chapitre 29

[Verset] 1« Voici comment tu feras pour les consacrer à mon sacerdoce : prends un taureau et deux béliers sans défaut, 2 puis du pain sans levain, des gâteaux sans levain pétris à l’huile et des crêpes sans levain frottées à l’huile ; tu les feras avec de la farine de froment. 3 Tu les mettras dans une corbeille et tu présenteras la corbeille, en même temps que le taureau et les deux béliers. […]

 9 Tu conféreras l’investiture à Aaron et à ses fils.

L’autre Parole :

Au cours de ces quarante ans de marche de libération, comment nous sommes-nous situées vis-à-vis la caste des prêtres ? Nous sommes-nous donné une classe de prêtres et de prêtresses ? Comment avons-nous pensé le sacerdoce ? Comment avons-nous exercé notre sacerdoce ?

TEXTE 11

Rupture de l’alliance : le veau d’or, chapitre 32

[Verset] 1 Le peuple vit que Moïse tardait à descendre de la montagne ; le peuple s’assembla près d’Aaron et lui dit : « Debout ! Fais-nous des dieux qui marchent à notre tête, car ce Moïse, l’homme qui nous a fait monter du pays d’Égypte, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé. »2 Aaron leur dit : « Arrachez les boucles d’or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et apportez-les-moi. » 3 Tout le peuple arracha les boucles d’or qu’ils avaient aux oreilles, et on les apporta à Aaron. 4 Ayant pris l’or de leurs mains, il le façonna au burin pour en faire une statue de veau. Ils dirent alors : « Voici tes dieux, Israël, ceux qui t’ont fait monter du pays d’Égypte ! » 5 Aaron le vit et il bâtit un autel en face de la statue ; puis Aaron proclama ceci : « Demain, fête pour le Seigneur ! » 6 Le lendemain, dès leur lever, ils offrirent des holocaustes et amenèrent des sacrifices de paix ; le peuple s’assit pour manger et boire, il se leva pour se divertir. […]

9 Et le Seigneur dit à Moïse : « Je vois ce peuple : eh bien ! c’est un peuple à la nuque raide ! 10 Et maintenant, laisse-moi faire : que ma colère s’enflamme contre eux, je vais les supprimer […] »

11 Mais Moïse apaisa la face du Seigneur, le Seigneur renonça au mal qu’il avait dit vouloir faire à son peuple.

L’autre Parole :

Au cours de ces quarante ans de marche de libération, nous sommes-nous fabriqué des idoles, des veaux d’or ? Si oui, comment les avons-nous détruits ? Dans nos efforts de discernement, avons-nous par moments erré ?

TEXTE 12

Renouvellement de l’alliance, chapitre 33

[Verset] 1 Le Seigneur adressa la parole à Moïse : « Quitte ce lieu, toi et le peuple que tu as fait monter du pays d’Égypte, et monte vers la terre que j’ai promise par serment à Abraham, à Isaac et à Jacob en leur disant : “C’est à ta descendance que je la donne.” 2 – J’enverrai devant toi un ange et je chasserai le Cananéen, l’Amorite et le Hittite, le Perizzite, le Hivvite et le Jébusite. — 3 Monte vers le pays ruisselant de lait et de miel. Je ne peux pas y monter au milieu de toi, car tu es un peuple à la nuque raide et je t’exterminerais en chemin. » 4 Le peuple entendit cette parole de malheur et en prit le deuil ; personne ne mit ses habits de fête.

L’autre Parole :

Que pensez-vous de ce Dieu conquérant ? Comment réagissez-vous face à cette pratique hégémonique envers d’autres peuples ? En quarante ans, avons-nous nous-mêmes échappé à toute pratique hégémonique ? Avons-nous eu par moments la nuque raide ?

TEXTE 13

Nouvelles tablettes de la loi, chapitre 34

[Verset] 1 Le Seigneur dit à Moïse : « Taille-toi deux tables de pierre, comme les premières ; j’écrirai sur ces tables les mêmes paroles que sur les premières tables que tu as brisées. […]

6 « Le Seigneur […] Dieu miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté, 7 qui reste fidèle à des milliers de générations, qui supporte la faute, la révolte et le péché […] »

L’autre Parole :

Au cours de ces quarante ans de marche de libération, comment avons-nous défini Dieue, comment l’avons-nous caractérisée ?

TEXTE 14

Un Dieu exigeant, chapitre 34

 [Verset] 12 [G]arde-toi de conclure un pacte avec les habitants du pays où tu vas monter, cela deviendrait un piège au milieu de toi ; 13 mais leurs autels, vous les démolirez ; leurs stèles, vous les briserez ; les poteaux sacrés, vous les couperez. 14 Ainsi donc : Tu ne te prosterneras pas devant un autre dieu, car le nom du Seigneur est ‘Jaloux’, il est un Dieu jaloux. 15 Ne va pas conclure un pacte avec les habitants du pays : quand ils se prostituent avec leurs dieux et sacrifient à leurs dieux, ils t’appelleraient, et tu mangerais de leurs sacrifices. 16 Si tu prenais de leurs filles pour tes fils, leurs filles se prostitueraient avec leurs dieux et amèneraient tes fils à se prostituer avec leurs dieux.

L’autre Parole :

Comment comprenez-vous ce Dieu jaloux, exigeant de L’Exode ? Comme féministes et comme chrétiennes, adhérez-vous à ce Dieu ? Quel pari faisons-nous, quelle attitude adoptons-nous face aux autres divinités ?

TEXTE 15

Réécriture des tables, chapitre 34

[Verset] 27 Le Seigneur dit à Moïse : « Inscris ces paroles car c’est sur la base de ces paroles que je conclus avec toi une alliance, ainsi qu’avec Israël. » 28 Il fut donc là avec le Seigneur, quarante jours et quarante nuits. Il ne mangea pas de pain, il ne but pas d’eau. Et il écrivit sur les tables les paroles de l’alliance, les dix paroles.

29 Or, quand Moïse descendit du mont Sinaï, ayant à la main les deux tables de la charte, quand il descendit de la montagne, il ne savait pas, lui, Moïse, que la peau de son visage était devenue rayonnante en parlant avec le Seigneur. »

L’autre Parole :

Est-ce que notre rencontre avec notre Dieue nous transforme ? Nos commandements sont-ils dictés par Dieu ou issus de notre discernement comme chrétiennes et féministes ?

TEXTE 16

Mise en place des institutions cultuelles, chapitre 35

Le sabbat

[Verset] 1 Moïse assembla toute la communauté des fils d’Israël et leur dit : « Telles sont les paroles que le Seigneur a ordonnées pour qu’on les mette en pratique :2 six jours, on fera son ouvrage mais, le septième jour, il y aura pour vous quelque chose de sacré, le sabbat, repos du Seigneur. Quiconque y fera de l’ouvrage sera mis à mort. 3 Où que vous habitiez, vous n’allumerez pas de feu le jour du sabbat. »

La générosité du peuple et l’habileté des ouvriers

4 Moïse dit à toute la communauté des fils d’Israël : « Telle est la parole que le Seigneur a ordonnée :5 Levez parmi vous une contribution pour le Seigneur ; tout cœur généreux apportera la contribution du Seigneur : or, argent, bronze, 6 pourpre violette et pourpre rouge, cramoisi éclatant, lin, poil de chèvre, 7peaux de béliers teintes en rouge, peaux de dauphins, bois d’acacia, 8 huile pour le luminaire, aromates pour l’huile d’onction et le parfum à brûler, 9 pierres de béryl et pierres de garniture pour l’éphod et le pectoral. 10 Et que tous les sages parmi vous viennent et exécutent tout ce que le Seigneur a ordonné : 11 la demeure avec sa tente, sa couverture, ses agrafes, ses cadres, ses traverses, ses colonnes et ses socles ; 12 l’arche avec ses barres, le propitiatoire, le voile de séparation ; 13 la table avec ses barres, tous ses accessoires et le pain d’offrande ; 14 le chandelier du luminaire avec ses accessoires, ses lampes et l’huile du luminaire ; 15 l’autel du parfum avec ses barres, l’huile d’onction, le parfum à brûler et le rideau d’entrée, à l’entrée de la demeure ; 16 l’autel de l’holocauste avec sa grille de bronze, ses barres et tous ses accessoires ; la cuve avec son support ; 17 les tentures du parvis avec ses colonnes, ses socles et le rideau de la porte du parvis ; 18 les piquets de la demeure, les piquets du parvis et leurs cordes ; 19 les vêtements liturgiques pour officier dans le sanctuaire, les vêtements sacrés pour le prêtre Aaron et les vêtements que porteront ses fils pour exercer le sacerdoce. »

L’autre Parole :

Ce chapitre met en place l’organisation rituelle et le fonctionnement sacerdotal de la communauté d’Israël. À votre avis, quels sont les outils dont nous avons besoin, comme chrétiennes et féministes, pour vivre notre vie spirituelle et liturgique ?

TEXTE 17

Luc, chapitre 4,1-13 La Bible du Semeur (BDS)

https://www.bible.com/fr/bible/21/LUK.4.BDS

La tentation de Jésus

[Verset] 1 Jésus, rempli de l’Esprit Saint, revint du Jourdain et l’Esprit le conduisit dans le désert 2 où il fut tenté par le diable durant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ils furent passés, il eut faim.

3 Alors le diable lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, ordonne donc à cette pierre de se changer en pain.

Jésus lui répondit : Il est écrit :

L’homme ne vivra pas seulement de pain. Dt 8,3

5 Le diable l’entraîna sur une hauteur, 6 lui montra en un instant tous les royaumes de la terre et lui dit : Je te donnerai la domination universelle ainsi que les richesses et la gloire de ces royaumes. Car tout cela a été remis entre mes mains et je le donne à qui je veux. 7 Si donc tu te prosternes devant moi, tout cela sera à toi.

Jésus lui répondit : Il est écrit :

 Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et c’est à lui seul que tu rendras un culte. Dt 6,13

 Le diable le conduisit ensuite à Jérusalem, le plaça tout en haut du Temple et lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas, car il est écrit :

10 Il donnera ordre à ses anges à ton sujet, pour qu’ils veillent sur toi,

 11 et encore : Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte aucune pierre. Ps 91,11-12

12 Jésus répondit : Il est aussi écrit :

Tu ne chercheras pas à forcer la main au Seigneur, ton Dieu.

13 Lorsque le diable eut achevé de le soumettre à toutes sortes de tentations, il s’éloigna de lui jusqu’au temps fixé.

L’autre Parole :

Jésus, avant de commencer sa vie publique, vit une étape de purification, une traversée du désert pendant quarante jours. Plusieurs tentations l’assaillent, mais il fait des choix. Comment ces choix nous inspirent-ils en tant que membres de L’autre Parole, en tant que chrétiennes et féministes ? Peut-on traduire pour aujourd’hui les tentations du diable ?

Conclusion

Et que dire maintenant de la marche que nous avons entreprise il y a quarante ans pour affirmer une autre parole dans la société et dans l’Église ? Cette marche, qui n’est pas finie, qui n’a pas atteint son but, demeure porteuse d’espoir. Ne pouvons-nous pas relire L’Exode à la lumière de la marche de L’autre Parole et de toutes les femmes qui se sont engagées pour la liberté et la justice au cours des quarante dernières années ? Notre praxis de libération peut-elle servir d’outil pour interroger l’expérience biblique, pour mieux la comprendre et pour en faire une lecture critique ? À l’inverse, ne pouvons-nous pas relire nos quarante ans d’histoire à la lumière du récit de L’Exode ? Ne pouvons-nous pas mieux comprendre notre longue marche de libération en la questionnant à partir de l’expérience biblique ? Avons-nous erré dans le « désert », avons-nous douté de la valeur de notre projet, de quelle manne nous sommes-nous sustentées ? L’herméneutique féministe nous permet de faire le pari que les femmes, comme les hommes, sont des personnes à part entière, appelées à vivre et à s’épanouir comme des sujets libres et solidairement responsables du devenir de toute la création. L’herméneutique féministe nous aide à faire le pari que cela est voulu par Dieue ; que la Dieue de Sarah, de Rebecca, de Rachel et de Myriam, tout comme la Dieue de Jésus et de l’Ekklesia des femmes reconnait que ce projet de création libre et responsable est juste, beau et bon. C’est à partir de ce double pari que s’inscrit notre démarche de questionnement critique des expériences de libération.

Il nous reste la tâche de relire, de réécrire et de revivre L’Exode aujourd’hui.