Nancy Labonté, groupe Bonne Nouv’ailes de L’autre Parole
Sous les ponts et sous les réverbères
nos voix se tiennent éparses
les voix des exaltées qui se saoulent de sève
luttes anciennes
Il y a le ciel, le savoir et la grâce
Je nagerais dans du lait
Faire la sieste les bras ballants
loin des lois cruelles
et des choses qui ne durent pas
sauf ces lézardes de luttes ou de passion mouvantes
qui restent ancrées là dans le corps
Toujours changeantes
Nous avons prié, béni, sacrifié
inventé et passionnément
kidnappé, pillé, falsifié
rêveuses de toundras et d’Appalaches
Faire du casse-tête avec le réel
Détacher les morceaux d’entre le feuillage
Il reste les nuages, les arbres et les étoiles
Soumis aux vents
en dépit d’un monde qui ne nous ressemble plus
Vide éteint sur nos paumes parfumées
Jeux ancestraux
nous irons danser
nous irons planer
fébriles
depuis l’Antiquité c’est la révolution
Êtres lyriques
entourées de buffles et d’aigles
et de ronces dans une forêt rêche
assises sur la mousse au milieu des elfes
et des muses nous observent
personnes sacripantes
Nous jouons
Nous nous envolons en torpille entre les gratte-ciels
pour déguerpir du mensonge
qui chemine en anneaux autour du temps python
l’appel de l’azur entre deux vents comme le torrent
de l’autre côté de la nuit nos corps se jouent
Tambours déchirés et spectacles
tranquilles
le vrai et le beau
Dans le staccato du futur
je givre
je bois à même l’ancre, cette ancre morte
Je suis enrobée de vide