La puissance des féminismes en Argentine

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Des féministes catholiques d’Argentine luttent depuis plusieurs années en faveur du libre choix en matière d’interruption volontaire de grossesse et cela dans une perspective éthique et religieuse, tout comme les femmes de L’autre Parole l’ont fait lors de l’actualisation de leur position intitulée : Pour la vie et pour le choix (numéro 137 de notre revue).

L’article de Maria Teresa Bosio, présidente du groupe « Femmes catholiques pour le droit de choisir » fait état de leurs luttes. En solidarité et pour alimenter nos réflexions nous publions La puissance des féminismes en Argentine.

Selon plusieurs études, entre 486 000 et 522 000 avortements sont réalisés chaque année en Argentine. Cela démontre que malgré la pénalisation de cette pratique, les femmes prennent quand même la décision d’avorter lorsque les conditions matérielles et sociales permettant à leurs yeux d’être mères ne sont pas réunies. Si la pénalisation n’empêche pas la pratique de l’avortement, elle génère cependant des inégalités sociales en matière d’accès à des soins de santé sûrs et globaux. Les femmes pauvres, qui n’ont pas les moyens de payer pour un avortement clandestin dans des conditions sécuritaires, subissent cette procédure au péril de leur santé et de leur vie.

La Campagne nationale pour le droit à l’avortement a vu le jour pour remettre en question cet ordre inégalitaire et injuste qui dicte aux femmes leurs décisions en matière de maternité. Le slogan de la campagne — « Éducation sexuelle pour décider, contraception pour ne pas avorter, et avortement légal pour ne pas mourir » — exige ainsi de l’État qu’il promeuve et soutienne des politiques publiques pour permettre aux femmes d’accéder à l’information et aux moyens de prévenir des grossesses non désirées et, lorsque celles-ci surviennent, pour qu’elles puissent accéder à l’avortement sécuritaire dans le système public de santé.