Marie-Madeleine, l’inspiratrice

Marie-Madeleine, l’inspiratrice

 

Les peintres, à travers les siècles, ont trouvé en Marie-Madeleine une source presque intarissable d’inspiration. Leurs oeuvres la représentent dans des attitudes multiples, mais la perception la plus courante qu’ils semblent avoir d’elle est celle de la grande amoureuse de Jésus. (Pour le détail, voir les légendes qui accompagnent les illustrations de ce numéro).

 

Marie-Madeleine a été aussi pour moi une source d’inspiration.

 

Juste après la lecture de l’Évangile de Marie (Myriam de Magdala), alors que la vision de Marie-Madeleine fusionnant avec Jésus ressuscité s’imposait à moi ( ceci se passait-il dans le « nous » ?), je me suis sentie poussée par une intense inspiration d’où a jailli la mélodie du vibrant alléluia que voici :

 

L’Alléluia de Marie-Madeleine

 

Christ est ressuscité, Alléluia !

Moi, Marie-Madeleine

Moi la première, je t’ai vu

En ce matin de Pâques

Moi, l’apôtre bien-aimée

Je t’ai vu ressuscité

Tout Amour, dans ta Lumière

Je suis entrée dans ta lumière,… je suis…

 

La musique de cet Alléluia de type modal et polytonal, fait usage des sonorités les plus diaphanes et les plus subtiles que mon instrument de musique du XXIe siècle (synthétiseur) soit capable de produire. L’aspect rythmique et masculin y est littéralement « guidé » par l’ample mélodie d’essence à la fois féminine et holographique. Cet Alléluia a été chanté pour la première fois, en mars 1997, à la chapelle des Soeurs Grises de Montréal, lors des célébrations pascales de L’autre Parole.

 

Une autre inspiration m’est venue à la suite d’une relecture de l’Évangile de Marie. Je l’ai concrétisée dans la prière qui suit :

 

Prière à Marie-Madeleine

 

Prière inspirée en pensant à tous les couples en difficulté au Québec

 

Myriam de Magdala

Toi,

La compagne de Veshoua,

La Rabbouna du Rabbouni,

La christa du christ,

Je t’en prie,

Viens en aide aux femmes

Et viens en aide aux hommes aussi.

Nous t’en prions,

Viens en aide aux couples.

Toi,

Marie-Madeleine,

Toi qui as formé le premier couple nouveau

Avec Jésus,

Montre-Nous le chemin,

Afin que nous aussi,

À votre suite,

Parvenions à la réalisation

De ce couple nouveau.

Amen

 

De Marie-Madeleine à… Marie de l’Incarnation

 

Voilà bien une incroyable coïncidence ! Alors que je participais au tournage d’un film (ONF Femmes) sur les femmes consacrées au Québec, et que j’attendais — sagement assise dans le musée des Ursulines, mon tour de passer sous l’oeil des caméras, costumée en Marie de l’Incarnation — mon attention fut saisie par un magnifique parement d’autel, en bois peint du XVIIe siècle, dont le centre représentait une… Marie-Madeleine en prière dans une grotte ! La conservatrice du musée m’explique alors que l’oeuvre est contemporaine de Marie de l’Incarnation et qu’elle pourrait fort bien être de sa propre main. La dévotion à Marie-Madeleine était très répandue, en France, au XVIIe siècle et la bienfaitrice des premières Ursulines de Québec s’appelait « Madeleine » de la Peltrie. Après cette trouvaille inattendue, j’ai fait une autre découverte dans les archives du monastère : un splendide chant sacré pour l’assomption de Marie-Madeleine qui aurait toutes les chances d’être, lui aussi, de la plume de Marie Guyart. Cette découverte incroyable arrive juste à temps pour figurer sur le quatrième disque de notre anthologie de la musique historique du Québec. Et que l’on ne vienne plus me dire que la synchronocité n’est que du hasard déguisé !

 

Pour moi, cette nouvelle Marie-Madeleine est l’exemple type de la femme « anthropos » qui, ayant suivi Jésus au delà de la mort, le rejoint grâce au « nous », dans la Toute Lumière.

 

Voilà le symbole puissant dont les femmes et les hommes d’aujourd’hui ont besoin pour entrer de plain-pied dans la spiritualité du troisième millénaire.

 

Louise Courville, Marie-Guart. Québec