Mon expérience avec la Collective L’autre Parole

J’ai connu L’autre Parole par le biais du projet « Féminismes et inter-spiritualités », projet qui m’a permis d’expérimenter et de vivre l’ouverture, la solidarité et la sororité de L’autre Parole . En initiant ce projet, cela montre très bien que L’autre Parole tient à coeur à poursuivre sa démarche pour une participation entière des femmes dans le domaine des réflexions théologiques, dans l’Église et dans chaque lieu de culte religieux et spirituel. En effet, en août 1998, lors de son Assemblée générale, L’autre Parole a décidé d’adopter le  projet Féminismes et inter-spiritalités, cherchant à  regrouper des femmes  de diverses religions et spiritualités afin de créer une solidarité transversale entre femmes, de réaliser une critique du patriarcat religieux dans différentes religions et spiritualités  et d’organiser une célébration publique inter-spirituelle lors de la marche mondiale des femmes de l’an 2000.

 

Lorsque les trois responsables du projet, que je connaissais depuis quelques années (Denise C. , Marie-Josée R. et Mélanie B.), toutes trois membres de L’autre Parole, m’ont fait part du projet, cela m’a tout de suite plu étant donné mon intérêt pour le féminisme et le dialogue interreligieux et interspirituel. J’ai alors assisté à l’une des tables de concertation. Ce qui m’a frappé le plus lors de cette rencontre, c’est la méthode de travail de L’autre Parole : la consultation des participantes. J’ai pu constater que la parole de chacune était valorisée, le partage des visions respectives de chaque femme était important. J’ai alors expérimenté le respect et la valorisation de la différence.

 

            Par la création de ce groupe et par ma participation à ce groupe, L’autre Parole m’a permis de partager les expériences religieuses et spirituelles d’autres femmes, de créer des liens, des solidarités avec des femmes féministes de différentes religions, de prendre conscience des acquis et des revendications des femmes dans plusieurs religions et de vivre « l’unité dans la différence ». Conséquemment, L’autre Parole a bien réussi son objectif de s’« inscrire dans des réseaux de solidarités avec des personnes en quête de justice et d’égalité1 », de « partager avec d’autres exclues une option fondamentale pour la justice, l’égalité et la sororité 2 ».

 

 

 

J’ai eu à plusieurs reprises la chance de rencontrer des membres de L’autre Parole, plus particulièrement le comité de coordination (ou le COCO élargi) lors de diverses rencontres de partage et de travail ; à l’occasion du cinquième anniversaire de la Marche du pain et des roses ; lors de la préparation du colloque d’août 2000 ; lors de notre participation à  la Marche Mondiale des femmes ; au visionnement de notre Vidéo Cassette en décembre et à la journée du 16 juin 2001. Je peux dire que le partage, l’agapê,  la communion sororale, la participation et la valorisation de chacune, la joie, la réflexion…sont les mots qui  caractérisent  ces rencontres. Des rencontres qui m’ont permis de créer des liens avec des femmes de L’autre Parole, surtout lors de nos séances de travail en petit groupe. J’ai eu l’occasion de les écouter se raconter, de partager mon vécu avec elles, de participer à des périodes de réécriture et des périodes de création, d’entendre une parole autre, une parole de femmes, puisée dans notre vécu de femmes. Nous avons célébré ensemble et nous avons créé ensemble ce qu’on pourrait appeler une spiritualité de femmes, une ekklèsia.

 

Que puis-je souhaiter à L’autre Parole pour le futur ? Qu’elle continue de permettre le développement de la spiritualité féminine. Elle doit continuer à avancer sur le chemin du réseautage entre femmes, de la participation à des activités sociales visant le changement pour un monde meilleur. L’autre Parole a déjà organisé des manifestations en réponse à certains événements : une participation à la Marche Mondiale des femmes de l’an 2000 ; « une conférence de presse à l’occasion d’une déclaration des évêques du Québec au sujet de l’avortement en 1981 ; une pétition d’appui à sœur Theresa Kane en 1979 ; une participation au mouvement de soutien à Denise Boucher pour la pièce Les fées ont soif en 1978 3 ». En ce sens, je lui souhaite de mener encore plus d’actions concrètes, de poser des gestes publics significatifs. Enfin, en ce 25ième anniversaire de L’autre Parole, je ne peux que lui souhaiter bonne route.

 

 

 

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 1« Elles bâtissent l’ekklèsia », L’autre Parole, Montréal, septembre 1995.

2Ibid.

3Monique Dumais, « L’autre Parole, lieu de convergence d’une militance et d’une recherche féministes », L’autre Parole, no 69, printemps 1996, p.5.