Un cheminement pour éviter l’agenda trop chargé

Pour tous les aspects de nos vies, Christine Lemaire, l’auteure de La surchauffe de nos agendas – Vivre le temps autrement, trace le chemin pour que nous apprenions à donner de l’espace à ce que l’on privilégie, tant au boulot avec les exigences d’efficacité, de productivité et de ponctualité, que dans nos vies personnelle, familiale, affective où le côté humain prime. Citant les mots d’Henry David Thoreau, elle indique dès le départ quelle sera sa manière de travailler : « Je ne parlerais pas tant de moi, s’il y avait quelqu’un d’autre que je connaissais aussi bien. »  (p. 15)

Christine Lemaire se passionne pour la question du temps. Cette blogueuse (http://christinelemaire.com) a publié en 2011 un premier ouvrage intitulé : À contretemps – Gérer moins, vivre mieux 1 qui a reçu un accueil fort positif 2. Christine Lemaire est membre de la collective L’autre Parole depuis de nombreuses années. Nous travaillons toutes les deux en séquence à la production de la revue, mais je n’avais pas eu le plaisir de me laisser entraîner autant au fil de ses réflexions que dans ce livre. J’ai été interpellée par cette réflexion en marche, ce cheminement qu’elle fait et nous demande de faire avec elle pour arriver à s’apprivoiser soi-même, à être attentives à ce que nous ressentons. Elle utilise un matériau qu’elle connaît bien : sa vie.

Elle indique que si nous pouvons maîtriser certaines choses, nous ne maîtrisons pas le temps. Pour cheminer, cette auteure s’appuie sur la démarche de la psychothérapie corporelle intégrée et les deux outils que sont la conscience et la respiration. Au fil des pages, nous approfondissons ce que sont les différents temps : temps linéaire, temps en spirale, temps panoramique, temps maillon, temps mosaïque, temps écosystème. Certains temps sont plus bienveillants que d’autres. Il faut savoir les reconnaître et travailler avec chacun, interpellant l’autre si nous voulons éviter la surchauffe. Trois attitudes sont à cultiver pour vivre le temps autrement : l’autonomie, la conscience de nos limites et la bienveillance au regard de nos limites.

Pour s’épanouir dans le temps et non le remplir (p. 87), Lemaire propose l’agenda comme outil d’observation consciente avec la prise en compte du ressenti et de l’énergie que nous avons. Il faut moins de cinq minutes d’introspection le matin ou le soir selon nos habitudes et une fois l’an, un bilan plus approfondi menant aux orientations de la prochaine année. Professionnelle, cadre, employée ou retraitée de tous les milieux, il y a là des pistes pour mieux vivre.

Parmi les choses que je retiens, il y a l’importance des activités quotidiennes qui nous rappellent toujours à la réalité (p. 109) même si l’agenda est complet. Il faut aussi éviter de se mettre des échéances inutiles, et surtout identifier nos valeurs, les choix essentiels que nous voulons. Notre temps est un écosystème et comme tout écosystème, si le stress est trop présent à un endroit, les autres volets de nos vies vont s’en ressentir.

Arrimer le besoin d’être plus humaine, de vivre d’une manière plus consciente avec les obligations d’efficacité, de productivité et de ponctualité qui découlent de nos vies modernes voilà ce que vise l’auteure. Elle nous propose un cheminement pour y arriver. Il est intéressant, et cela même si nous n’adoptons pas nécessairement les mêmes ou tous les outils proposés. L’essentiel est l’introspection qui développe une autonomie face aux pressions que nous nous mettons et que nous subissons.

La surchauffe
de nos agendas.
Vivre le temps autrement

Christine Lemaire

Montréal, Fides, 2011, 210 p.