L’eau matérielle, politique et spirituelle
L’eau matérielle : essentielle et mystérieuse
Johanne Carpentier,
groupe Bonne Nouv’ailes de L’autre Parole
Nous savons que l’eau est essentielle à la vie, mais que savons-nous de son origine, de son fonctionnement sur notre planète et dans notre corps ? Cela nous apparait souvent comme un grand mystère. Nous avons grandi et évolué avec l’expression « L’eau, c’est la vie ! ». Dans plusieurs religions, on la considère comme sacrée et on l’utilise à l’intérieur de nombreux rites. Il existe dans le monde des milliers de sources ou de fontaines, dont l’eau est considérée comme miraculeuse[1]. La plus connue reste celle de Lourdes, en France. Qui n’y rêve pas de s’y tremper l’orteil toutes confessions confondues ?
Il y a consensus que l’eau demeure le principal constituant des êtres vivants et l’élément indispensable à toute forme de vie sur terre. Sans eau, aucun organisme, qu’il soit végétal ou animal, simple ou complexe, petit ou gros, ne peut vivre.
D’où vient-elle ? Comment agit-elle dans notre corps ? Que nous enseignent quelques découvertes scientifiques récentes ? C’est que je vais tenter de résumer dans ce texte.
L’eau sur notre planète
De l’espace, lorsqu’on regarde notre planète, elle nous apparait d’un beau bleu. On l’appelle la planète bleue. Cette teinte bleue nous rappelle qu’elle est recouverte à 70 % d’eau. De ce nombre, 2,5 % est douce contre 97,2 % salée. Elle évolue en un cycle sans fin qui se renouvelle depuis des milliers d’années. Pendant le cycle de l’eau, les molécules d’eau circulent entre l’atmosphère, la lithosphère et la biosphère. Lors de certaines étapes, l’eau change d’état. Elle peut être solide, liquide ou gazeuse.
Sur le site Internet Alloprof, on explique le cycle de l’eau sur notre planète. Voici un résumé de ses sept étapes[2] :
- L’évaporation est le passage de l’eau de l’état liquide à l’état gazeux à température ambiante.
- La transpiration est le processus par lequel l’eau est évacuée du corps des êtres vivants. La transpiration a lieu chez les animaux et les végétaux.
- La condensation est le passage de l’eau de l’état gazeux à l’état liquide ou à l’état solide dans l’atmosphère.
- Les précipitations sont l’apport d’eau liquide ou solide au sol en provenance des nuages.
- Le ruissèlement est l’écoulement de l’eau liquide à la surface du sol.
- L’infiltration est le processus par lequel l’eau liquide pénètre dans le sol.
- La circulation souterraine est le déplacement de l’eau sous la surface de la Terre, dans la croute terrestre.
Origine de l’eau sur terre[3]
C’est par l’analyse des roches très anciennes que les scientifiques ont déterminé que l’eau est présente sur Terre depuis environ 4 milliards d’années (rappelons que notre planète est née, selon les estimations, il y a 4,5 milliards d’années).
Plusieurs hypothèses sont avancées par les géologues et par les astronomes pour expliquer son origine. Parmi elles, deux théories font davantage consensus.
Pour la première, l’eau viendrait de l’espace, lorsque la Terre était encore bombardée par des comètes et des astéroïdes chargés d’eau sous forme de glace.
Pour la deuxième, son origine serait liée à des roches profondes de la croute terrestre, là où les minéraux renferment de l’eau dans leur structure chimique. Lorsque des volcans s’activent, les roches sont en fusion (elles se ramollissent). Au moment de l’éruption, l’eau est évacuée sous forme de vapeur d’eau. Ainsi, au fil du temps, la vapeur d’eau s’accumule en surface de la Terre et en grande quantité. Compte tenu des conditions météo (température plus froide), l’eau redevient liquide et forme les nuages qui, à force de grossir et d’accumuler des gouttes, finissent par déclencher la pluie. Des pluies torrentielles auraient donc déferlé sur la Terre pendant très longtemps (des millions d’années), ce qui a fini par former les océans.
L’eau, grand architecte de notre corps[4]
Le corps humain est essentiellement constitué d’eau. Cette dernière représente 70 % de la masse corporelle d’un adulte. Concrètement, pour une personne qui pèse 70 kg, cela représente 40 kg de son poids !
Plus forte en début de vie (75 % d’eau dans le corps d’un nourrisson), cette proportion diminue ensuite avec l’âge (50 % seulement pour une personne âgée). Elle varie également selon nos différents organes : 83 % de nos poumons, 79 % de nos reins, 79 % de nos muscles, 73 % de notre cerveau. Les cellules sont composées en moyenne de 70 % à 95 % d’eau. Les proportions peuvent varier selon le type de cellule et le compartiment cellulaire (intracellulaire ou extracellulaire). Omniprésente, l’eau dans notre corps est vitale.
À l’intérieur de l’organisme, elle assure notamment les fonctions suivantes :
- L’eau participe aux nombreuses réactions chimiques dont le corps humain est le siège. Elle participe ainsi à la glycolyse, réaction qui permet de fournir de l’énergie au cerveau et aux muscles squelettiques. Elle entre dans la composition de nos cellules, de nos tissus et de nos organes.
- Elle est le principal composant du sang. Elle transporte les nutriments aux cellules et véhicule les déchets superflus qui seront éliminés du corps par les reins.
- L’eau est essentielle au bon fonctionnement du système immunitaire, car elle joue un rôle clé dans de nombreux processus physiologiques. Elle facilite l’élimination des toxines, transporte les nutriments et les cellules immunitaires, et maintient l’hydratation des muqueuses, qui agissent comme une barrière protectrice.
- Elle contribue au maintien de la régulation normale de la température du corps, que ce soit lors de l’exposition à de fortes chaleurs ou à de grands froids. C’est ce qu’on appelle la thermorégulation.
Notre organisme a besoin de 1,5 litre d’eau par jour. Le maintien de la balance hydrique est essentiel. Consommer quotidiennement la quantité d’eau appropriée permet de maintenir une bonne hydratation et, par conséquent, contribue à maintenir ses performances mentales et physiques.
La mémoire de l’eau
C’est en 1988 que le médecin et immunologue Jacques Benveniste (1935-2004) émet l’hypothèse que l’eau aurait une mémoire. Même après des dilutions extrêmes, ce chercheur réussit à retrouver des traces ou empreintes de certaines propriétés dans l’eau. L’eau possèderait ainsi le pouvoir de garder une mémoire de ce avec quoi elle a été en contact. Si c’est la même eau qui circule depuis le début des temps, on pourrait penser qu’elle détient tout un savoir[5].
D’autres scientifiques, dont le biologiste Luc Montagnier (1932-2022), prix Nobel de médecine pour la découverte du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), ont continué de travailler à une approche informationnelle et scientifique du transfert d’informations par l’eau.
Pour comprendre le phénomène de la mémoire de l’eau, il est primordial de comprendre la physique quantique, ou du moins tenter de la comprendre, puisque cela reste très abstrait pour la plupart des gens. La physique quantique est une théorie qui décrit le comportement des objets physiques à l’échelle nanoscopique. Elle couvre notamment les atomes, les électrons et les photons.
La physique quantique offre une nouvelle perspective sur les propriétés de l’eau, mettant en évidence des phénomènes à l’échelle moléculaire qui influencent ses comportements macroscopiques.
Enseignant-chercheur et professeur de chimie, de science des matériaux et de physique quantique à l’Université de Strasbourg, Marc Henry (1958-2024) fut l’un des chercheurs importants sur la mémoire de l’eau. Il a proposé une vision quantique du monde biologique ainsi qu’une théorie cherchant à découvrir le mystère du lien intime entre l’eau et la vie : l’eau serait capable de véhiculer et de transmettre des informations par ses molécules, et donc de cellule à cellule.
« Il faut non seulement remettre l’eau au cœur du vivant, mais au centre du débat sur la conscience. Si nous sommes faits essentiellement d’eau, celle-ci joue forcément un rôle dans l’émergence de nos capacités psychiques », écrit Marc Henry[6]. L’apparition de la conscience au cœur du vivant reste un mystère à élucider.
La mémoire de l’eau est considérée comme un sujet marginal et controversé, absent d’un consensus ou d’un intérêt scientifique substantiel.
Néanmoins, certains chercheurs persévèrent dans l’étude de ce phénomène, espérant déclencher un changement dans le paradigme scientifique actuel concernant la matière, l’information et la vie. Ils soutiennent que la mémoire de l’eau pourrait ouvrir la voie à des avancées significatives dans de nombreux domaines.
Conclusion
L’eau, matériellement parlant, est un trésor inestimable. Elle mérite que l’on s’y intéresse davantage. Les recherches scientifiques sur son origine, son rôle et la possibilité qu’elle possède une mémoire sont à mon avis cruciales. L’eau détient des clés surprenantes pour l’avenir de la vie et de l’humanité. Et même si la science perce le mystère de son caractère sacré, il est certain que lorsque je passerai devant une fontaine, je dirai sans crainte et avec joie : fontaine, laisse-moi boire de ton eau !
[1] Voir Brigitte Caulier, L’eau et le sacré. Les cultes thérapeutiques autour des fontaines en France du Moyen Âge à nos jours, Beauchesne, Presses de l’Université Laval, 1990.
[2] https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/sciences/le-cycle-de-l-eau-s1381. Les sept étapes sont reprises de ce site Internet.
[3] Voir, entre autres : https://www.mnhn.fr/fr/quelle-est-l-origine-de-l-eau-sur-terre.
[4] Voir, entre autres : https://cliniquesantenergie.ca/a-quoi-sert-leau-dans-le-corps/.
[5] Voir l’article de Wikipédia, « Mémoire de l’eau » : https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9moire_de_l%27eau
[6] Voir le site Internet Institut Marc Henry : https://www.institutmarchenry.org/