Colloque de L’autre Parole1

Avec plaisir, j’ai accepté

D’aller vivre avec la collective L’autre Parole,

Un colloque féministe marquant leur 20e anniversaire,

Une ekklèsia de femmes en émergence qui se manifeste,

Une expérience riche en impressions de toutes sortes.

 

À l’écart, j’ai regardé agir

Des femmes jeunes qui s’impliquaient,

Des femmes expérimentées qui s’exprimaient,

Des femmes curieuses qui s’informaient,

Des femmes incrédules qui découvraient.

 

Durant trois jours, j’ai apprécié

Ces femmes généreuses se donner sans compter,

Ces femmes convaincues du besoin de se battre pour fonder,

Ces femmes se révolter contre le pouvoir déjà approprié,

Ces femmes sereines, prêtes à décider d’une justice dans l’égalité.

 

Discrètement, j’ai participé

À un atelier dans lequel on travaillait à se réapproprier la Parole,

À la réflexion de ces femmes pour trouver l’authenticité du sens de l’Écriture,

Au travail de ces femmes pour redéfinir la pensée théologique contemporaine,

À leurs discussions pour déceler le rôle des femmes de ces grands Hommes de la Bible.

 

J’ai été impressionnée

Par des femmes convaincues qu’elles avaient leur place à prendre,

Par ces femmes motivées pour agir envers et contre un patriarcat bien organisé,

 

Par des femmes talentueuses et fertiles par leurs actions et leurs écrits pour éclairer la

voie,

 

Par des femmes sages et conscientes de la marginalité de leur cheminement.

À la fin, je fus émue

 

Par l’accueil chaleureux que ces femmes nous ont fait,

Par l’intensité des sentiments ressentis à cette célébration aux rites et textes réappropriés,

 

Par ce mutuel élan de sororité qui faisait vibrer les coeurs à l’unisson,

Par l’émotion qui faisait frissonner celles qui y entrevoyaient un grand projet d’avenir.

Et surtout, parmi toutes ces femmes admirables, figurait ma fille.

 

1 J’ai écrit ce texte deux mois après que j’eus un peu digéré cette fin de semaine au Centre d’Arts Orford, en mai 1996.