COLLOQUE SUR LA PLACE DE LA FEMME DANS L’EGLISE

COLLOQUE SUR LA PLACE DE LA FEMME DANS L’EGLISE

 

 

Le 22 mai avait lieu à  Québec pour la première fois, un colloque sur la place de la femme dans l’Eglise. Ce colloque organisé par le C.E.P. (Chrétiens pour une Eglise Populaire) a attiré plus d’une centaine de participantes(ts).

 

Monique Dumais a ouvert la journée par un exposé qui mettait en évidence le problème de la place de la femme dans l’Eglise : même si les femmes sont actives et compétentes, elles sont reléguées à  des services de seconde zone. Le blocage dans l’Eglise se cristallise autour du fait que la sacramentalité est liée au pouvoir et le pouvoir lié au sexe mâle. Le symbolisme attribué au « mâle » court-circuite toute réflexion logique et empêche la voix des femmes d’être écoutée dans l’Eglise.

 

Les participantes(ts) se sont ensuite séparées(és) dans cinq ateliers : (1) Le vécu des femmes dans les paroisses ; (2) les communautés de femmes religieuses ; (3) le corps de la femme et l’Eglise ; (4)l’attitude de Jésus face aux femmes ; (5) la femme et le pouvoir dans l’Eglise.

 

Brièvement, voici quelques idées fortes qui sont ressorties (parmi tant d’autres) des ateliers.

 

(1) Atelier sur le vécu des femmes dans les paroisses. Plus de femmes qu’auparavant sont impliquées dans les paroisses, mais cette implication n’atteint jamais le niveau du « pouvoir ». Il n’est pourtant pas souhaitable de reproduire les mêmes modèles de pouvoir pour les femmes que ceux existants pour les hommes. Dans un esprit dynamique et nouveau, il est nécessaire de créer des ministères neufs. Les femmes doivent publier et consolider toutes les formes de participations qu’elles ont dans les paroisses. Il est temps qu’elles accèdent aux niveaux de prises de décisions et aux responsabilités complètes dans l’Eglise.

 

(2)Atelier sur les communautés de femmes religieuses. La place des femmes dans les communautés religieuses est conditionnée par leur place dans la société ; c’est la mise en retrait, que ce soit derrière un mari ou une communauté. Les religieuses relèvent-elles les défis de la société ? S’impliquent-elles suffisamment ? Une tâche urgente est d’être présente aux divers lieux de luttes dans la société. Les communautés gagneraient à  quitter les milieux trop organisés et sécurisants pour se faire évangéliser par les pauvres en partageant leur vie.

 

(3) Atelier sur le corps de la femme et lEglise. Qu’est-ce qui fait problème pour la femme dans l’Eglise ? Son corps. La femme est encore vue comme une menace, comme une occasion de péché (sexualité=péché !) : la femme fait peur. Pour changer les mentalités, les femmes doivent être à l’écoute de leur corps ; en apprenant à connaître leur corps, les femmes trouveront une nouvelle parole sur elles-mêmes et sur le monde. Les femmes ressentent un grand besoin de solidarité et de regroupements pour se conscientiser face à  leur corps. Il faut repenser le rôle de la femme dans l’Eglise (trouver autre chose que vierge ou/et mère), en sachant que leur pouvoir peut être prophétique plutôt que dominateur.

 

(4)Atelier sur l’attitude de Jésus face aux femmes. Jésus avait une attitude « révolutionnaire » face aux femmes pour son époque. Jésus était (est) un Libérateur dépassant la Loi. Les femmes dans l’Eglise primitive étaient présentes et exerçaient des responsabilités. On doit toujours resituer dans le contexte de l’époque la place de la femme dans le discours évangélique, et voir que cette place ouvre des horizons larges pour les femmes d’aujourd’hui dans l’Eglise.

 

 

(5)  Atelier sur la Femme et le Pouvoir dans l’Eglise. (Cet atelier est celui qui a attiré le plus de participantes(ts)). Quelle sorte de pouvoir les femmes désirent-elles ? Pour parler de pouvoir, on doit d’abord définir quelle sorte d’Eglise on veut mettre au monde. Une chose est certaine, les femmes ne veulent pas « le pouvoir pour le pouvoir ». On veut plutôt un type de participation qui laisserait chacune et chacun s’affirmer et prendre la parole. Le pouvoir de l’Eglise devrait s’orienter vers le « service » ; en théorie c’est ce qu’il devrait être. La question de l’ordination des femmes a été chaudement débattue. Les opinions semblaient converger vers une redéfinition du modèle actuel du prêtre.

 

La journée s’est terminée par un long et très intéressant exposé de Marie-Andrée Roy, de « 1’Autre Parole », sur l’avenir des groupements de femmes et sur le type d’action à y promouvoir.

 

Québec Anne Fortin