Des femmes aussi portent la croix

Des femmes aussi portent la croix

 

Montréal, Fides, 2001, 95 pages

par Denise Lamarche

 

Docteure en théologie et auteure de plusieurs livres et outils pédagogiques qui favorisent la croissance de la foi en milieux populaires, Denise Lamarche, également religieuse de la Congrégation de Notre-Dame, vient de publier chez Fides, à Montréal, un petit ouvrage destiné à la réflexion et à l’animation : « Des femmes aussi portent la croix ».

 

La marche mondiale des femmes en l’an 2000 a inspiré à l’auteure une démarche de rapprochement avec une autre marche, celle du « chemin de croix » en quatorze stations connu des chrétiennes et des chrétiens depuis sa création en 1585, par le Hollandais Christian Cruys.

 

La manière de méditer le chemin de croix que prévilégie Denise Lamarche vise à lui rendre en priorité sa dimension pascale. C’est ainsi qu’elle fait commencer le chemin de croix à la Cène pour qu’il se termine avec la résurrection du Seigneur.

 

L’ouvrage est dédié aux quatorze étudiantes de Polytechnique, victimes en décembre 1989 de la fureur d’un homme qui a voulu leur mort parce qu’elles étaient des femmes. Aussi chacune des stations porte-t-elle en dédicace le nom d’une de ces jeunes filles.

 

On peut aborder la méditation qui est proposée comme une lecture personnelle, mais on peut également la faire en groupe en échangeant autour des questions posées. Dans les deux cas, on pourra apprécier la qualité des écrits composant chacune des stations. Ces dernières comportent une structure commune : des paroles entendues, une réflexion ou un partage autour de questions formulées, des prières de femmes solidaires et une réponse du Christ.

 

Élaboré comme un outil de réflexion et d’animation, l’ouvrage de Denise Lamarche est destiné à des usages variés, en paroisse comme dans les groupes de femmes et les communautés religieuses. Différentes pistes de travail sont proposées (p. 9) en guise de suggestions.

 

En privilégiant une approche qui fait jaillir l’espérance au coeur des détresses quotidiennes vécues par une multitude de femmes à travers le monde, Denise Lamarche a voulu traduire en mots d’aujourd’hui l’invitation que Jésus lance à toutes les personnes d’agir pour la vie et le bonheur de l’humanité. On me permettra d’ajouter que ce beau travail d’actualisation du chemin de croix de Jésus risque cependant de ne pas trouver beaucoup d’écho chez les jeunes qui pourront d’emblée s’accorder pourtant au sens profond des textes de réflexion proposés.

 

« Femmes, vous savez ce que c’est de passer de l’asphyxie au cri : c’est un passage qui affranchit.

Vous savez ce que c’est de passer du cri à l’aveu : c’est un passage qui délie.

Vous savez ce que c’est de passer de l’aveu au silence : c’est un passage qui

déleste. »

(Extrait tiré de la page 75)

AGATHE LAFORTUNE,Vasthi