Le plus vieux métier du inonde

Le plus vieux métier du inonde

 

Éducation, sensibilisation et débat

 

C’est de prostitution dont il sera question dans cette chronique. Ce mot une fois lancé fait surgir les passions, les mythes et les préjugés les plus tenaces. Même une position féministe sur la question soulève des débats épiques. Mais quand c’est autour de chez-soi que cela se passe, nous en sommes quittes pour de violentes protestations. C’est ce qui s’est passé à Montréal ces derniers mois et même si ce sujet revient périodiquement, la société québécoise en a peu débattu sur la scène publique, surtout du côté des féministes. Cette fois, un changement s’annonce.

 

Au sein du mouvement des femmes : à la Fédération des femmes du Québec comme au Conseil du statut de la femme, sur la liste de discussion Netfemmes, comme dans les pages de la revue La Gazette des femmes, à la Société Élizabeth Fry du Québec, au Centre d’éducation et d’action des femmes et dans les émissions d’affaires publiques, partout on a retenu la question afin qu’elle soit débattue au-delà des mythes et des préjugés.

 

De son côté, l’équipe du Centre d’éducation et d’action des femmes a produit un outil de réflexion et d’animation pour qui veut organiser des rencontres sur le sujet. On y propose quelques lectures supplémentaires bien utiles pour approfondir le sujet. L’important est de permettre aux femmes de s’exprimer sans censure sur la prostitution et de se questionner à partir d’une analyse féministe.

 

Qu’il s’agisse de jeter un coup d’œil sur les enjeux de la décriminalisation de la prostitution ou de se renseigner sur les mythes qui circulent soit au sujet de la libido des hommes, soit sur la prostitution comme forme de prévention de la violence conjugale ou encore de la prostitution comme simple échange de services sexuels contre paiement, ces fiches seront un guide précieux.

 

Le point le plus faible de ce document reste l’analyse économique. Selon nous, il n’est pas juste de prétendre que ceux qui achètent des services sont en majorité des hommes blancs riches. Nul doute que la majorité des acheteurs sont des hommes blancs, mais riches… on peut en douter. Plus riches que les femmes qui font de la prostitution de rue, fort probablement, car la déqualification de cette profession, s’ajoutant aux inégalités entre les sexes, conduit à l’exclusion des femmes prostituées.

 

Le dossier « Prostitution — Un crime ? » paraît dans le numéro de mai-juin 2000 de La Gazette des femmes. La pochette Femmes et prostitution pistes de réflexion au coût de 10,00 $, peut être commandée au Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal au 1468, rue Fullum, Montréal (Québec) H2K 3M1. Téléphone : 514.524.3901 ; télécopieur : 514.524.2183 ; courriel : ceaf@cam.org

 

MONIQUE HAMELIN, Vasthi