MARGOT POWER

MARGOT POWER

 

Chrétienne engagée aujourd’hui dans le monde de ce temps.

 

Origine et cheminement

 

Née à Montréal dans une famille bourgeoise, où l’ascension dans l’échelle sociale est une préoccupation marquée, Margot Power vit le conformisme de son époque. Jeune fille, elle prie afin d’obtenir la vocation religieuse : elle l’obtient et enseigne pendant des années chez les Soeurs du Sacré-Coeur de Montréal. La vie contemplative la fascine mais elle consacre une grande portion de son temps à l’éducation des jeunes filles de bonnes familles.

 

C’est à sa retraite (65 ans) que le buisson s’enflamme !

 

On veut alors lui confier le poste de supérieure provinciale … elle refuse. Elle a choisi autre chose. Il lui semble que sa vie est vide parce que trop aisée, étrangère aux vrais problèmes. Elle entend l’appel des plus démunis et choisit de quitter Westmount (quartier huppé) pour la Petite Bourgogne à la défense des droits des assistés sociaux. Qu’est-ce que cela veut dire pour une religieuse de milieu bourgeois, l’option d’aménager en milieu populaire ?

 

C’est, d’abord, laisser derrière soi le confort, les beaux couvents, les services reçus, la sécurité, etc. C’est aussi accepter une vie simple, un logement dénudé, l’adaptation d’un voisinage tout autre ; c’est apprendre à tenir maison, à cuisiner, à préparer un budget, à faire les emplettes, à prévoir, à rejoindre les deux bouts. Une voisine lui enseigne les secrets de la bonne cuisine et les trucs de l’entretien journalier !

 

Jour après jour, à un âge où normalement on fait relâche, Margot Power devient une véritable résidente du quartier. Le cri des travailleurs et des travailleuses l’interpelle. Elle reconnaît que les femmes sont les plus démunies. Elle s’était toujours demandé où trouver Dieu, il est là ! Dieu se trouve où sont les opprimées et les opprimés. Elle prend conscience qu’elle n’a pas perdu Dieu en allant parmi le monde. La contemplation chez les pauvres prend un autre visage ; elle porte leurs inquiétudes, leurs déceptions, leurs espérances.

 

Un grand nombre de personnes de Montréal et d’ailleurs ont le privilège de connaître Margot Power, son travail, ses options et sa relecture de la Bible, de l’Evangile en particulier.

 

Rayonnement

 

Le discours de Margot est irrésistible, ses gestes parlent. Aussi, chacun la sollicite ; on l’interviewe à la radio, à la télé ; les journalistes lui demandent son témoignage de vie, qui est toujours relié à l’Évangile. Elle participe à des sessions et à des publications. Elle dit vouloir mourir fille de l’Église qu’elle aime tout en s’adonnant à une lecture critique de l’institution et

en disant « contre elle des choses très dures car je demeure loyale envers elle ». Elle est un signe des temps. Son rayonnement est significatif, son option préférentielle va aux plus démunis. Les citoyens du quartier la réclament et veulent la garder présidente de leur comité malgré ses résistances et son âge qui avance.

 

Elle proteste que son travail est maintenant très limité ; mais pour eux, ce qui compte, c’est qu’elle soit là ! « Ce n’est pas ce que l’on fait qui est le plus important, c’est ce que l’on est » lui ont-ils répondu.

 

Elle épouse toujours les luttes de ses assistés sociaux, marche avec eux dans leurs manifestations, mais parfois, dit-elle en souriant, elle s’esquive à une certaine station de métro, ses jambes refusant de lui obéir trop longtemps… Ce qui est merveilleux chez Margot, c’est sa bonté, sa volonté « d’être avec », sa force d’aimer, de se solidariser, son attachement à Jésus-Christ, sa vie sainte et parlante, son accueil, sa chaleur humaine.

 

Le miracle, c’est par elle qu’il survient. Elle fait naître le goût de Jésus-Christ, de son message, de ce qu’il fut : « Notre Dieu est un Dieu d’amour efficace, c’est-à-dire amour justice ».

 

Une vraie sainte c’est comme ça !

 

Marie-Thérèse Olivier pour le groupe Myriam