MOURIR A TUE-TETE

« MOURIR A TUE-TETE » 

 

 

« Mourir à tue-tête » m’interroge et je te livre le fruit 

dé mes questions.

 

Quelles sont tes perrières impressions sur ce film ?

 

Etudiantes de Cegep :

 

C’est un film dur. – C’est choquant – C’est triste – Ca fait terriblement mal- A sa place, j’aurais crevée là- C’est le contact avec les hommes : policiers, médecins, photographes, qui m’a le plus révoltée – Ce film met en évidence la discrimination des sexes – C’est un film que tous les jeunes devraient voir – Je n’ai pas pu voir le film jusqu’à la fin … Le coeur voulait me sortir du corps – Ça m’a donc fait mal de voir que la jeune fille ne pouvait plus faire l’amour avec son ami qui était plein de délicatesse et de tendresse.

 

             Hommes de quarante à  cinquante ans :

 

C’est exagéré – Ce n’est pas un film réaliste : ça ne se passe pas comme ça – C’est trop fort – C’est propre à faire détester les hommes – Ce n’était pas un homme normal – C’est un film sur la haine de la femme plus que sur le viol – C 1 est un film fait pour les hommes, pour les faire réfléchir sur leur comportement – Ce n’est pas un film à voir par les adolescents ; garçons ou filles.

 

             Pourquoi l’homme a-t-il le droit de s’approprier le corps de la femme comme si c’était son bien, sa « chose », son dû ?

 

Les quelques séquences des films de guerre montant les villes saccagées, détruites, en disent long sur l’état psychologique de la victime du viol. Le rite de l’ablation du clitoris, chez la jeune orientale, nous fait frémir, mais c’est une image qui nous permet de comprendre la frayeur, l’esseulement, le dénuement d’une femme face à  son agresseur !

 

          Pourquoi les victimes de v1ol sont-elles encore et toujours dans l’obligation de s’en remettre aux hommes après la traumatisante expérience qu’elles viennent de vivre ?

 

Les questionnaires qui n’en finissent plus de torturer la victime, les insinuations qui blessent, les examens physiques, les photos humiliantes, les expertises médico-légales, en faut-il davantage pour murer dans le silence et le désespoir un coeur de femme mutilée ?

 

          Est-ce à cause des interdits qui ont balisé son éducation d’enfant et de jeune fille que cette victime du viol est terrorisée par la honte et la culpabilité ?

 

Pourquoi cette jeune fille ne peut-elle plus regarder la vie en face ?     Pourquoi ne peut-elle plus accepter les marques de tendresse de celui qui partageait sa vie ? C’est une sérieuse réflexion sur l’amour et le sens de la culpabilité qu’on pourrait amorcer ici : est on rongé par la culpabilité quand on vit dans l’amour ? Comment le 11 Aime et fais ce que tu veux » d’Augustin peut-il aider à comprendre le comportement de ce te jeune femme ? Face aux interdits de sa race, comment Jésus a-t-il réagi ?

 

Je termine mes interrogations par un extrait de Janine Boynard-Frot : « Pourquoi couper l’aide aux victimes de viol » dans la Presse, 4 janvier 1980,  page AS.

 

 » Sommes-nous des citoyennes à part entière quand, pour nous, le coucher du soleil annonce quotidiennement le couvre-feu ? Quand, pour nous, des la nuit tombée, il est téméraire de s’engager seule. Dans un bar, dans un hôtel, dans un terrain de stationnement ? Quand, pour nous, même en plein jour, il est insensé de s’abandonner à nos élans, à nos désirs de liberté, d’évasion, et de partir seule, sac au dos. dans la nature ?

 

… Sommes-nous vraiment des citoyennes à part entière, quand, sur notre vie, pèse constamment et sournoisement la menace du prédateur, quand, pour prévenir cette menace, il nous faut vivre emmurées en nous-mêmes de crainte de « provoquer » l’agresseur … »

 

 

 

Rimouski     Jacqueline Champoux