PRISE DE POSITION DE LA CONFERENCE RELIGIEUSE CANADIENNE SUR LA CONDITION DES FEMMES

PRISE DE POSITION DE LA CONFERENCE RELIGIEUSE CANADIENNE SUR LA CONDITION DES FEMMES.

 

Louise Roy– Vasthi

 

La Conférence Religieuse Canadienne consacrait son Bulletin de décembre 1987 à un énoncé de valeurs qui pourrait inspirer les congrégations religieuses dans leurs interventions pour la promotion des femmes. Cet énoncé, tout en se fondant sur des principes, s’est voulu existentiel et pratique. Les valeurs retenues sont les suivantes : égalité, mutualité, co-responsabilité et communion.

 

Voici quelques extraits du texte.

 

ÉGALITÉ : La femme et l’homme sont crées personnes sexuées, semblables et différentes pour co-gérer l’humanité et l’univers (Gn 1,27-28).

 

Nous croyons qu’il n’y a pas égalité quand, dans les faits :

– le ‘mâle* demeure le critère d’une humanité « normale* à tous points de vue (psychologique, affectif, intellectuel) et, en dernière analyse, est la norme de toute décision ;

         on définit la femme exclusivement ou prioritairement à partir de ses fonctions d’épouse et de mère.

 

Nous croyons qu’il y a égalité quand, dans les faits :

– la femme et l’homme peuvent utiliser et mettre en valeur leurs dons et leurs talents, poursuivre une carrière selon leurs aptitudes sans être soumis, à cause de leur sexe, à des stéréotypes.

– la femme a accès à la formation requise pour exercer un leadership dans la société et dans l’Église et bénéficier de chances égales dans les possibilités d’emploi pour toute position comportant une responsabilité ecclésiale et/ou sociale.

 

MUTUALITÉ : La mutualité implique la reconnaissance de l’autre dans son altérité et dans sa ressemblance, et une relation d’échange dans cette double reconnaissance.

 

Nous croyons qu’il n’y a pas mutualité quand, dans les faits :

– sur la base de son sexe, la femme est présentée et maintenue en dépendance de I homme son physiquement, psychologiquement, moralement ou religieusement ;

 

Nous croyons qu’il y a mutualité quand, dans les faits :

– la femme et l’homme, convaincus de l’importance de leurs points de vue respectifs/ de leurs richesses personnelles/ de leur expérience unique/ contribuent également à une oeuvre.

 

RESPONSABILITE PARTAGEE : Par le Baptême, l’une et l’autre sont égaux dans le peuple de Dieu et sont « faits participants, chacun à sa manière, à la mission sacerdotale, prophétique et royale du Christ pour exercer, chacun-e selon sa condition propre, la mission que Dieu a confiée à son Eglise » (Droit canon no 204).

 

Nous croyons qu’il n’y a pas responsabilité partagée quand, dans les faits :

– une instance sociale pu ecclésiale n’est régie que par des hommes alors qu’elle concerne la vie des hommes et des femmes ;

– le leadership des femmes ne peut s’exercer à cause de l’accent mis sur le maintien et la promotion d’un système traditionnellement patriarcal et androcentré.

 

Nous croyons qu’il a responsabilité partagée quand, dans les faits :

– la femme est reconnue comme une partenaire à part entière dans tous les domaines qui concernent un projet humain : familial, politique, économique, scientifique, religieux et ecclésial ;

– la participation des femmes est assurée jusque/ et y compris/ dans les décisions, surtout celles qui les concernent.

 

COMMUNION : Un engagement actif et cohérent en faveur de l’égalité, de la mutualité, la responsabilité partagée entre les femmes et les hommes ,dans l’Église et dans la société aura comme conséquence la construction d’une Eglise de type communionnel évangélique.

 

PROPOSITIONS D’ACTION AUX COMMUNAUTES RELIGIEUSES

 

Après avoir pris conscience, de façon circonstanciée, que la femme n’est pas assez reconnue dans la vie courante comme étant/ d’abord et avant tout/ une personne humaine à part entière, la CRC propose des agirs aux congrégations religieuses. Bien sûr, elle leur recommande de continuer à sensibiliser leurs membres aux situations d’injustice vécues par des femmes, mais elle leur demande aussi qu’elles soient elles-mêmesun modèle de société où la reconnaissance de la personne est centrale. Certaines propositions viennent renforcer les orientations de femmes qui militent pour la cause féminine dans l’Église :

 

– favoriser l’émergence d’une spiritualité exprimée par des femmes, inspirée et fondée sur le Nouveau Testament présente dans la Tradition de l’Eglise ;

 

– favoriser et demander une présence significative de femmes compétentes, religieuses et laïques, au niveau du personnel enseignant dans les facultés de théologie et d’autres lieux de formation ecclésiale ;

 

– attribuer des fonds pour favoriser des études en théologie et/ou autre formation aux ministères apostoliques ;

 

– créer des lieux de solidarité : femmes et hommes, laïques, prêtres, religieuses, femmes entre elles, pour qu’à l’intérieur de l’Eglise soit instauré et accentué un vrai dialogue générateur de communion.