SANS MONTRE, LES QUATRE SAISONS FASCINENT LES FEMMES DE HOULDA

La fascination des saisons s’exercerait-elle par les jeux du temps sur le fleuve : sa passivité hivernale, son brutal réveil printanier, l’éclatement des soleils sur sa tranquille vague et les hautes et dévastatrices marées de l’automne ?

Nous, les Marcelle, Roselyne, Monique et Léona, vous ferons connaître notre préférence, en nous parant de la saison choisie ou mieux en nous entraidant à ressortir quelques hauts faits de chacune dans l’entrelacement de nos souvenirs.

Marcelle (parure de guirlande de flocons)

L’hiver !

Le froid envahit la nature et les femmes préparent les vêtements chauds pour les enfants. Un jour, les flocons de neige voltigent ; les enfants s’émerveillent et les mères ont la double joie de contempler l’émerveillement des enfants qui leur fait revivre leur propre joie d’enfance. Un manteau blanc immaculé enveloppe la terre ; c’est le temps des mottes de neige et des bonshommes de neige avec nez de carotte et yeux de charbon.

Quand la gelée a transformé les étangs d’eau en glace, on lutte contre ce froid qui ankylose et la joie éclate dans les jeux de patin et de ski.

Le temps des Fêtes amène les réunions dans le nid chaud des familles. La maîtresse de maison a fait les cipailles, beignes et bûches de Noël. C’est un beau moment romantique que ce temps de visites, d’échanges chaleureux et de jeux de société.

Cette atmosphère d’amour et de sérénité fait anticiper la fête des amoureuses du 14 février.

Alors que tout semble immobile dans la nature… comme la situation des femmes dans la société et plus encore dans l’Église (qui n’a de féminin que le nom), la Journée des Femmes s’impose en ce 8 mars. N’oublions pas que pendant que dame nature dort… une vie souterraine progresse incessamment étirant le temps jusqu’à l’éternité. La croissance n’est pas toujours en hauteur ; elle s’affermit et s’intensifie en profondeur.

Heureux le peuple qui passe par les quatre saisons pour constater comment la vie évolue vers une maturité ; elle semble aller vers la mort avant de resurgir indéfectiblement toute neuve et forte chaque printemps :

Réincarnation du temps dans l’éternité.

Pourquoi ne pas être sensibilisées à la Résurrection ?

Roselyne (parure de pousses printanières) 

J’ai regardé le printemps

En mars, l’hiver s’essouffle pendant que la Terre se redresse sur son axe. C’est le signal du grand redémarrage, du renouveau annuel.

Comme chaque saison, le printemps défile selon sa chronologie propre. Au-dessus de nos têtes, d’immenses voiliers d’oies sauvages sillonnent le ciel tout en cacardant. Ce sera bientôt le temps de l’éclosion des oisillons et de la naissance chez les mammifères.

Du côté des humains, un regain d’activités se met en branle : déclarations de revenus, rangement des articles et vêtements d’hiver, « pèlerinage » des amateurs à la cabane à sucre, visite chez le garagiste pour la révision printanière de l’auto et le changement des pneus, râtelage des pelouses, nettoyage des plates-bandes et jardins, semis ou transplantation des végétaux décoratifs et comestibles.

Pendant que le monde végétal se réveille de sa léthargie comme la Belle au bois dormant, nous renouons le contact avec notre environnement immédiat et nos voisins dans une célébration de la vie à l’extérieur. C’est la raison de notre engouement pour les patios, pergolas, meubles d’extérieur, les pique-niques, les séances de bronzage ou les loisirs dehors.

Le mouvement féministe vit aussi un renouveau avec l’apparition d’une nouvelle génération de penseuses et d’activistes. En consultant Wikipédia, dans l’« Histoire du féminisme », on mentionne quelques nouveaux groupes féministes européens tels que :

Chiennes de garde (France, 1999)

Femen (Ukraine, 2008)

La Barbe (France, 2008)

Les TumulTueuses

Ni pute Ni soumise

Osez le féminisme ! (France, 2009)

UK Feminista

Women on Waves (Pays-bas, 1999)

 

Au Québec, nous avons entre autres, le groupe ReBelles et Pour les droits des femmes du Québec (2013).

Ainsi une nouvelle coulée de sève monte dans la forêt féministe et de nouvelles tiges poussent sous la neige après la léthargie de l’hiver.

C’est maintenant l’attente fébrile de l’été et de ses promesses multiples pour le mouvement féministe.

Monique (parure de décorations florales)

L’été ! Quelle saison stimulante !

Le soleil est là. Les journées sont plus longues. Les jardins, les parterres s’épanouissent. C’est le temps d’admirer, de se laisser séduire par le temps doux.

C’est le temps des vacances, de nous sentir moins pressées, arrêt des réunions, ouf ! Pourtant, les mamans n’ont pas vraiment de congé de leurs enfants qui ne vont plus à la garderie ni à l’école et qu’il faut occuper autrement.

Pour les femmes, nos beaux souvenirs de militance s’éclatent dans les marches.

La première, Du pain et des roses, a débuté à la fin du printemps 1995, le 26 mai. Dix jours de marche pour 850 femmes qui aboutissent le 4 juin devant le Parlement de Québec où elles retrouvent entre 10 000 et 15 000 femmes.

 

Du pain et des roses

Pour changer les choses

Du pain et des roses

Pour qu’on se repose

Du pain et des roses 1

 

Les marches ont été préparées pendant nos étés.

Non, nous ne sommes pas essoufflées. Octobre 2000, c’est la Marche mondiale. Ce sont 6 000 organisations non gouvernementales réparties dans 161 pays et territoires qui ont défilé dans leurs villages, dans leurs quartiers, dans leurs villes et devant le siège de leur gouvernement. Des centaines de milliers, voire des millions de femmes et d’hommes, ont appuyé les revendications portées par la Marche mondiale des femmes (MMF) pour lutter contre la pauvreté et la violence qui accablent les femmes.

En 2005, nous offrons au monde une Charte mondiale des femmes pour l’humanité, jetant les bases d’un projet féministe axé sur cinq valeurs : liberté, égalité, paix, justice et solidarité. La Charte a traversé 56 pays et territoires. Au Québec, c’est le 7 mai que nous avons accueilli le relais de la Charte. Près de 15 000 personnes se sont mobilisées ! Transmise de main en main via une chaîne humaine de plus de 2 000 femmes, la Charte mondiale des femmes pour l’humanité a été portée devant le Parlement à Québec.

En 2010, la Marche mondiale se poursuit : « Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous continuerons de marcher. » Les revendications s’articulaient cette fois autour de quatre grands champs d’action, découlant du plan d’action stratégique de la MMF : travail et autonomie économique des femmes, bien commun, violence, paix et démilitarisation. Et ça s’est passé à Rimouski.

La cinquième année d’actions internationales se tiendra en 2015 ; les préparations s’activent. Le thème retenu : « Libérez nos corps et nos territoires. »

Nos étés se suivent dans une grande effervescence.

Léona (parure de feuilles d’automne)

Voici l’automne et ses couleurs

Qui n’a pas remarqué les mille jeux du soleil ou de la pluie dans le miroitement des feuilles colorées par la magie automnale ? Cependant, la première image qui s’élève en moi est celle des grands champs labourés ; des sillons à perte de vue en attente quasi prophétique des semences printanières.

La seconde venue, le majestueux érable à l’entrée de la maison familiale. Sur les nervures de ses feuilles rouges, je souligne quelques événements mémorables tels : la célébration de Notre-Dame du Saint-Rosaire, fête patronale de ma communauté depuis 1881 et l’anniversaire de mon arrière-nièce née le 7 octobre 2008 ; à la mi-octobre, l’inoubliable clôture de la Marche mondiale des femmes en 2010.

Sur les feuilles brunes, celles en fin de vie, je rencontre le décès de ma mère, de mon frère et celui de ma belle-soeur survenu le 6 décembre, jour où l’on remémore la terrible tuerie des quatorze étudiantes à l’École Polytechnique de Montréal. Les ravages des hautes marées à Sainte-Luce en 2010 s’inscrivent dans notre histoire régionale.

Quant aux feuilles jaunes, elles me donnent l’occasion de peindre les vives couleurs du soleil s’épanchant sur le fleuve avant la tombée du soir, de me rappeler la blonde tire produite tous les 25 novembre dans ma classe de première année en mémoire de la légendaire Marguerite Bourgeoys et de l’audacieuse éducatrice, née à Tours le 28 octobre 1599, Marie Guyart de l’Incarnation, destinée à débarquer sur nos rives québécoises. Puis le goût de lire toute sa vie peut s’illuminer dans l’observation de la joyeuse feuille jaune. Qu’en pensez-vous ?

 

 

 

1. Paroles de Hélène Pedneault