SAVEZ-VOUS QUE…

…l’Église catholique est une institution malade. C’est le diagnostique que pose Leonardo Boff, le célèbre théologien de la libération. Dans un article paru en juin à Sao Paulo et que reproduit Le Devoir du 8 août 1992, Leonardo Boff explique les motifs qui l’amènent à s’éloigner de l’Ordre franciscain : « Je sors », écrit-il, « pour maintenir ma liberté de travail qui a été grandement entravée… Quand une personne n’est plus fidèle aux raisons qui ont donné un sens à sa vie, c’est en quelque sorte perdre sa dignité et diluer sa propre identité. Je ne le ferai pas » car, ajoute-t-il, en citant José Marti un penseur cubain, « il n’est pas possible que Dieu mette dans la tête d’une personne l’idée qu’un évêque, qui n’est pas égal à Dieu, puisse l’empêcher de s’exprimer ».

 

Après avoir donné naissance à la théologie de la libération, en articulant l’Évangile et la justice sociale, le théologien latino-américain pense toujours qu’une « Église véritable doit avoir des structures et des habitudes qui n’impliquent pas la discrimination des femmes ni l’infériorité des laïcs. Une Église véritable ne doit pas se méfier des libertés modernes ni de l’esprit démocratique. Elle doit plutôt craindre la très grande concentration du pouvoir dans les mains du clergé ».

 

…sous la plume du correspondant à New York, Maurice Tourigny, Le Devoir du 13 août dernier, publiait un article intitulé : Virilité et brutalité. Il s’agit d’un texte de réflexion autour de l’affaire Tailhouk Association. Cette association, qui regroupe des aviateurs de la marine américaine, a été impliquée dans un scandale. Des actes de sauvagerie : assauts sur des personnes, molestation et attouchements auraient, en effet, été commis à l’endroit de 26 femmes par des

membres de la Tailhouk lors de leur réunion annuelle dans un hôtel de Las Vegas en 1991. Certaines de ces femmes ont porté plainte et, parmi elles, des aviatrices malmenées par leurs propres confrères.

 

Pour renverser les attitudes de violences commises à l’endroit des femmes, il faudra que chaque homme puisse s’interroger sur son propre comportement avec les femmes dans le concret de ses rapports quotidiens. « II faudra qu’ensemble nous comprenions que la virilité et la hiérarchie brutale qui définissent l’ordre ne sont que les outils de torture des femmes et de l’humanité ».

 

…la Bulgarie, selon un rapport américain, serait le pays européen le plus mal pourvu en eau, tant en quantité qu’en qualité. Les eaux du Danube contiendraient des nitrates venant des pesticides et d’autres substances toxiques déchargées sur ses rives.

 

Une femme se distingue dans la campagne de sensibilisation qui est en cours. C’est Neshka Robeva, membre du Parlement et entraîneur (e) d’une équipe de gymnastique championne mondiale (Women in action, 4/91, p. 15).

 

…il y a des limites à rendre les femmes responsables des problèmes de surpopulation mondiale, disent des féministes américaines. Pendant qu’on dit vouloir contenir I a population, on continue d’oublier trop facilement d’autres facteurs de crise qui sont de taille : le militarisme, l’irresponsabilité des grandes corporations, le contrôle par les élites des ressources naturelles et, enfin, l’absence de politique de développement ( Women in Action, 4/91, p. 24).

 

…il y a 25 ans, la faculté de Théologie de l’Université Laval (Québec) admettait des femmes à ses programmes d’études. Sous le titre : « Égalité hommes femmes en Église : un constat d’échec ? » L’Église canadienne (vol.5. no 8, juin 1992) publie le texte d’une théologienne québécoise, Olivette Genest, qui rappelle que vingt siècles d’absence des femmes soulignent tragiquement, par la négative, l’importance de l’entrée des femmes en théologie. Mais si les femmes ont accédé au niveau de la production du sens, Ia « sacerdotalisation » des ministères et la structure hiérarchique de l’Église les excluent toujours, en tant que femmes, des niveaux de direction, de responsabilité véritable, de pouvoir.

 

…un code d’éthique sur la violence à la télé serait sur le point d’être adopté.

La Presse, du 30 août dernier fait état de ce qu’un tel code serait sur le point d’être adopté par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) et l’industrie canadienne de la télévision. Le président du CRTC, Keith Spicer, affirme vouloir lutter contre la violence « démesurée et gratuite » qui déferle sur nos petits écrans. Il faut, pour cela, u n changement d’attitude aussi radical que celui qui a conduit à dénoncer l’alcool au volant, déclare M. Spicer.L’affaire est à suivre…

 

…le synode général de l’Église d’Angleterre réuni à York, au nord du pays, a voté en faveur de l’ordination

des femmes.

La mesure, qui a été approuvée par les trois assemblées du synode : les évêques, le clergé et les laïcs, doit cependant être entérinée l’automne prochain. Mais cela n’ira pas de soi. La question est assez sérieuse, dit-on, pour provoquer une scission au sein de l’Eglise anglicane. Cette Église consacre déjà des femmes diacres depuis 1987. Elle en compte plus de 1200 (La Presse, 12 juillet 1992).

 

…le Service canadien de la faune, Agriculture Canada et plusieurs autres organismes ont lancé un cri d’alarme au sujet d’une plante sauvage devenue trop envahissante : la salicaire pourpre.

La densité des colonies de salicaire est telle que les canards qui font leurs nids dans ces endroits ne peuvent plus s’y déplacer. Une ligne téléphonique, sans frais, (1-800-565-6305) permet à qui le voudrait de signaler la présence, dans son environnement, de cette plante devenue inhospitalière. Et si on pouvait en faire autant pour se « débarrasser » d’attitudes pareillement indésirables de la part de certains êtres humains !

 

Agathe Lafortune.