SAVIEZ-VOUS QUE…

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Sainteté et misogynie ne sont pas incompatibles. Un livre récent de deux cent cinquante-six pages retrace les histoires de vie de près de deux cents saints et saintes. Il s’agirait en même temps d’une histoire de la sainteté dans son incarnation la plus typique et la plus prestigieuse. Les biographies classiques qui y sont présentées par Alison Jones sont parues chez Bordas sous le titre suivant : Les saints. Certaines légendes entourant ces femmes et ces hommes exceptionnels seraient assez étonnantes, si on en croit le journaliste du Devoir (11.12.95) qui en évoque quelques-unes. Par exemple, celle de l’Irlandais, Fiacre, qui cultivait un jardin miraculeux et en interdisait l’entrée aux femmes. Saint et misogyne, Fiacre serait devenu par la suite le patron des maladies vénériennes…

 

La vie d’une mystique du XVII8 siècle suscite des recherches. Sainte Thérèse de Lisieux a fait récemment l’objet d’un ouvrage de plus de cinq cents pages, publié chez Novalis et le Cerf, sous le titre La vie en images. Les auteurs y proposent un impressionnant corpus de tableaux, statues ou vitraux que Thérèse aurait contemplés de son vivant de même que des images qu’elle aurait elle-même confectionnées à la fin de sa vie pour orner son bréviaire. Chacun de ces documents sont présentés et analysés à l’aide de données théologiques et historiques. Ainsi on apprend, par exemple, pourquoi saint Antoine de Padoue est devenu le patron des objets perdus.

 

Montaigne a eu une nièce déclarée bienheureuse. Elle s’appelle Jeanne de Lestonnac et elle a été la fondatrice de la première congrégation enseignante féminine de France à obtenir un statut officiel (1607). Les femmes de l’Ordre de Notre- Dame sont affiliées à l’ordre des Bénédictins, mais elles vivent un mode de vie qui est mixte, c’est-à-dire qu’elles sont à la fois cloîtrées et intervenantes dans le monde avec les accommodations que cet état nécessite, par exemple, au plan vestimentaire. Dans leur Monastère ou Maison, elles reçoivent des filles à qui elles enseignent. Ces élèves externes, selon les stipulations d’une règle qui est imposée aux congréganistes, sont reçues en des lieux qui les empêchent d’avoir contact avec les filles pensionnaires qui, elles, se destinent à la vie religieuse « classique » et qui, par conséquent, sont obligées à la clôture. (Référence : E. Rapley, Les dévotes, Bellarmin, 1995). Autre temps, autre ségrégation !

 

La coutume triomphe parfois du droit canon. C’est ce que déclare Elisabeth Rapley en parlant du travail de ces femmes séculières qui, au XVIIe siècle en France, transformèrent la vie religieuse féminine en obtenant d’être reconnues par les autorités officielles de l’Église. Engagées dans divers lieux de services publics : hôpitaux, orphelinats, hospices et écoles, plutôt que cloîtrées, vivant une vie communautaire selon des règles conçues par elles plutôt que calquées sur celles de Rome, ces femmes réussirent à imposer un nouveau modèle de vie religieuse. « Ces filles pieuses », appelées aussi « filles dévotes », n’étant pas liées par les voeux solennels, ne reçurent pas le nom de religieuses, réservé alors aux moniales. Mais elles ont existé, elles ont subsisté et se sont fait connaître, elles ont reçu leur « consécration » par le bien qu’elles ont accompli. » (Lemoine, cité par Rapley, Les dévotes  : 172).

 

Une femme a été élue présidente d’une communauté juive montréalaise. Il s’agit d’une première dans l’histoire de la communauté juive sépharade du Québec. Cette élection, qui marque un pas vers l’intégration égalitaire des femmes juives aux fonctions religieuses officielles, ne va pas faire oublier que les femmes sont tenues d’occuper une section à part dans les synagogues. Selon cette tradition en effet, elles ne peuvent pas prendre place là où les officiants religieux se tiennent pour adresser la parole à la communauté réunie. La nouvelle élue devra donc compter sur la collaboration d’un homme pour assurer, avec elle, cette part de responsabilité. À titre de nouvelle présidente, Madame Ohayon, veut impliquer davantage les femmes et les jeunes, dit-on. « Je respecte les traditions de ma race et de ma religion », aurait-elle également déclaré à une journaliste du Journal de Montréal (06.12.95) qui rend compte de son propos et lui souhaite la force, l’énergie et la santé nécessaire pour mener à bien son mandat. Nous aussi voulons l’assurer de nos vœux de succès.

 

Le surnaturel et le sacré : une histoire et une géographie. Le grand livre des lieux du monde rappelle la quête incessante de la transcendance à travers l’histoire. Pour retracer les données multiformes et la richesse d’un héritage culturel qui témoigne du sens religieux des êtres humains depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, un magnifique livre de James Harper présente une description bien documentée d’une trentaine de sites prestigieux du monde, du Mont Sinaï à la cathédrale de Canterbury, du temple de Kamac en Egypte à la mosquée de Cordoue en Espagne, des grottes des Mille Bouddhas en Chine au site de Teotihuacan au Mexique. Au moyen de représentations photographiques et de cartes évoquant à la fois des temples, des tombeaux, des centres de pèlerinage et des sites rupestres, par exemple, l’auteur rappelle les relations universelles de l’humanité avec le surnaturel et le sacré.

 

Jésus aurait pris femme. L’histoire esl une science humaine. Elle permet la mise à jour de données qui sont parfois étonnantes. Ainsi Gérard Messadié, auteur français proléfique, est-il venu proposer au cours de l’année 1995 une autre étude sur la vie de Jésus selon laquelle Jésus, personnage historique incontestable, d’après Messadié, ne serait pas mort en croix. Il en aurait été retiré et, de ravis de l’historien, 1 serait parti ensuite en direction de l’Inde où i aurait vécu jusqu’à un âge avancé. Toujours selon la thèse développée par Messadié, Jésus n’aurai) pas eu de descendance bien qu’il aurait pris femme.

 

AGATHE LAFORTUNE