SOLANGES LABISSIÈRE

SOLANGES LABISSIÈRE

(1935-2010)

 

Le 27 décembre dernier, notre amie Solanges Labissière s’éteignait à 75 ans. D’origine haïtienne, Solanges est arrivée au Québec dans les années 1970. Religieuse, puis femme mariée, elle a vécu à Montréal, tout en restant très proche de sa famille en Haïti. Ici comme là-bas, elle a consacré sa vie à l’éducation et a fondé plusieurs associations dans le but de venir en aide aux enfants de son pays natal.

C’est sa foi en la justice qui l’a menée à joindre L’autre Parole. Solanges croyait en effet qu’il ne faisait pas partie du Dessein de Dieu de mettre les femmes à l’écart, de les cantonner dans des rôles de second ordre au sein de son Église. Elle partageait avec nous sa conviction profonde qu’un jour, nous en viendrions à vivre cette évidence, dans une Église où tous et toutes pourraient agir en disciples égaux.

Le 12 janvier 2010, Solanges était à Port-au-Prince. Elle a vécu ce tremblement de terre en pensant qu’il s’agissait de la fin du monde. Nous avions été plusieurs jours sans nouvelles d’elle et à son retour, nous avions célébré sa vie, Haïti, la Vie. Elle nous avait confié à quel point ce rituel lui avait fait du bien. Mais les effets du traumatisme vécu là-bas ne se sont jamais vraiment effacés.

Solanges priait chaque matin pour une catégorie de gens, qu’elle choisissait dans son cœur en fonction d’un événement de l’actualité, d’une cause, d’un lieu sur la planète. Elle aimait à répéter cette prière : « Mon Dieu, donnez-moi la force de changer ce que je puis changer, le courage d’accepter ce que je ne puis changer et la sagesse d’en connaître la différence. » Cette prière était à la base de sa pratique de la « pleine conscience », le point de départ de son abandon confiant entre les mains de Dieu.

Le groupe Bonne Nouv’ailes a pu profiter de son expérience et de sa sagesse. Nous n’oublierons pas la chaleur de son sourire et de sa voix.

 

Quand j’inspire je t’y retrouve

La vie me submerge

Et quand j’expire mon souffle remplit ma vie d’espoir

Quand j’inspire je t’y retrouve

Les flots m’inondent d’un amour qui m’engage dans une liberté

qui semble parfois cruelle

quand j’expire

Quand j’inspire je t’y retrouve…