UN SIMPLE CRI DU Cœur

Josée Richard, 1991

 

Seigneur,

On bâtit du neuf ou on rénove du vieux ?

À vrai dire, il n’y a rien de neuf.

L’Église est vieille, très vieille.

Ses racines sont profondes et ses fondations sont solides.

 

Par contre une réalité m’attriste

II y a des trésors cachés, oubliés,

Des trésors d’histoire aux portes ouvertes vers l’infini, très bien dissimulés derrière des murs d’acier.

 

Des trésors d’antiquité cachés sous des dizaines de couches de peinture décolorées.

 

Des trésors cachés sous de vieux rituels de fonds de chapelles et de vieux prêtres fatigués, eux-mêmes cachés dans leurs rituels.

 

Des trésors avec écrit dessus : accès interdit aux femmes, cela par une hiérarchie bien établie.

 

Et des trésors cachés dans ces gens fuyant le vieux monument.

La vieille Église perd son attrait,

 

Son monde cherche ailleurs des vérités, des trésors plus faciles à dénicher.

À certains endroits, elle a même pris le bord de la poubelle ne pouvant plus répondre à l’appel.

 

À d’autres, elle est devenue un monument oublié, une fresque du passé.

Ah ! que l’on visite une fois par année…

 

La vieille Église asphyxie.

Il lui faut de l’oxygène, beaucoup d’oxygène.

Une idée : peut-être celle de l’Esprit.

OUVRIR LES PORTES,

Les ouvrir toutes grandes pour laisser entrer l’air et le soleil,

mais surtout le peuple de Dieu.

Ce peuple très distant avec une foi blessée.

Mais avec une foi plus grande que les montagnes,

Une foi qui voudrait rejaillir pour atteindre chaque façon d’être Église.

 

Ouvrir les portes à ce peuple avec ses jeunes en jeans et en mini jupes.

Ce peuple avec ses riches et ses pauvres, avec ses jubilaires et ses divorcés.

Et aussi avec ses personnes âgées vivant souvent durement certains changements…

Ce peuple qui surtout désirerait vivre sa foi avec tout l’Amour promis aux enfants de Dieu.

 

Oui Seigneur, j’ose espérer la vieille Église rénovée,

J’ose imaginer les murs d’acier (de l’institution) s’écrouler sans pour autant bloquer l’accès vers toi avec ses débris.

J’ose espérer les vieux rituels décapés de leur peinture,

J’ose espérer voir ton peuple en marche avec toutes ses générations et avec toutes ses classes sociales.

 

Oh Seigneur !

Un souffle d’espoir,

Une porte s’est entrebâillée,

Des laïques sont entrés,

Serait-ce une brèche dans le mur ?

 

Oui, Seigneur, tu es là au coeur de notre temps,

Tu es là au coeur de ton Église défraîchie.

Tu es là, tu agis.

C’est toi le contremaître des ouvrières et des ouvriers qui travaillent afin de faire rejaillir ton dynamisme.

 

TOI, LE CONTREMAÎTRE,

DONNE-NOUS LA PATIENCE DE L’ARTISTE FACE À TON OEUVRE D’ART.

DONNE-NOUS LA DÉLICATESSE DE RESPECTER LES DIFFÉRENTES FAÇONS D’ÊTRE ÉGLISE .

DONNE-NOUS L’INTELLIGENCE DE NE PAS PRENDRE LE CLÉRICALISME COMME MODÈLE.

ET DONNE-NOUS SPÉCIALEMENT LA FOI POUR SUPPORTER LE POIDS DE LA CROIX.

OUI, JE CROIS QUE TU ES ESPRIT DE VIE, ESPRIT DE PAIX, DE TENDRESSE ET D’AMOUR.

OUI, JE CROIS QUE TU AGIS EN NOUS ET PAR NOUS POUR UNE ÉGLISE TRANSFORMANTE.

OUI JE CROIS QUE TU AGIS POUR UNE FOI OUVERTE À UNE FOI SOCIALE NE

REJETANT PAS LA DISTANCE DE LA MAJORITÉ DES CROYANTES ET DES CROYANTS.

OUI, JE CROIS QUE TU AGIS À MÊME LE CHEMIN DE LA VIE QUI TRAVERSE LES ÉPOQUES.

OUI, SEIGNEUR, JE CROIS AUX RÉNOVATIONS QUE TU INSPIRES POUR VIVRE EN PEUPLE DE DIEU, LE CORPS DU CHRIST.

 

Amen.