UN TRIO SUR LES FEMMES ET LA MONDIALISATION

Mes recherches sur les femmes et la mondialisation m’ont amenée à
découvrir, entre autres, trois livres fort captivants sur le sujet.

Dans le premier ouvrage, La femme mondialisée, Solin/Actes Sud , 1999, l’auteure, Christa Wichterich, docteure en sciences sociales, spécialiste des problèmes des pays en voie de développement, donne amplement d’informations sur les conditions économiques des femmes.

 Nous prenons une vive conscience des situations d’exploitation dans lesquelles vivent des jeunes filles venues des Philippines pour être bonnes à tout faire au Koweït ; des ouvrières du textile de l’ex-RDA qui perdent leur emploi au profit de leurs homologues du Bangladesh ou de la Chine populaire ; des Polonaises  qui, en échange de salaires dérisoires, s’occupent de grabataires dans les hospices allemands ; des jeunes femmes des Caraïbes qui saisissent les écritures des comptes en banque américains (4e de couverture).

 C’est dire que la mondialisation pousse à toutes sortes de déplacements et d’exils. Il devient très clair que « les effets de la mondialisation ne touchent pas indifféremment les deux sexes. Si elle entraîne aussi les femmes dans son sillage, c’est d’une autre manière que les hommes. Dans l’expansion planétaire du marché mondial, et dans le triomphe du libre échange, on leur assigne des missions et des rôlesspécifiques ». (p. 11)

Le deuxième ouvrage, Rapports de genre et mondialisation des marchés, a été produit par le Centre Tricontinental Le Monde selon les Femmes, Paris/Montréal, L’Harmattan, 1999.

 À partir de l’approche « genre et développement », les auteures mettent en évidence que les politiques néo-libérales, imposant l’ouverture des marchés, ont des effets spécifiques et souvent dramatiques sur la fonction économique des femmes. Celles-ci deviennent généralement les premières victimes de ces orientations, à la fois par la multiplication des industries de sous-traitance où elles sont majoritaires, par le développement du secteur informel comme stratégie de survie et parce qu’elles sont affectées par la suppression des aides alimentaires et des programmes sociaux. (4e de couverture).

Enfin, la troisième découverte, le Journal d’une combattante. Nouvelles du front de la mondialisation, Montréal, Léméac/Actes Sud, 2003. Son auteure, Naomi Klein, née à Montréal en 1970, a publié le percutant No Logo, un best-seller sur le monde du marketing, traduit en une vingtaine de langues.

Cette fois, elle nous offre deux années de chroniques écrites à l’occasion de manifestations ou de sommets tenus aux quatre coins du monde.

C’est un témoignage de première main, en provenance des lignes de front de la mondialisation, une véritable radioscopie de la société actuelle qui dénonce les grandes sociétés et les institutions internationales. Ce journal de bord est nettement provocant, intelligent et passionné. Dès le début, Naomi Klein s’exprime ainsi : « Je témoigne donc ici non pas d’une conclusion, mais d’une genèse pleine de promesses, période dont le coup d’envoi en Amérique du Nord est marqué par l’explosion joyeuse dans les
rues de Seattle. » (p. 10) . Son intérêt pour l’identification des valeurs qui régissent l’ère de la mondialisation (p. 7) a de quoi m’intéresser particulièrement.

J’ajoute à mon parcours l’Avis du Conseil du statut de la femme fort bien documenté, Les Québécoises, la mondialisation et la Zone de libre-échange des Amériques ; une première réflexion, paru en avril 2001 ainsi que le livre à dimension éthique de Marie Cuillerai, Le capitalisme vertueux. Mondialisation et confiance, Paris, Payot, 2002.