AU RISQUE DE L’ESPÉRANCE !

Le 26 septembre 2004, notre petit groupe Phoebé se réunissait chez Louise pour repartir de bon pied, après des vacances bien méritées !

Les préparatrices de la rencontre avaient proposé le thème de l’espérance à cause du climat politique qui prévalait à ce moment-là : tous les jours, nous sommes bombardées de toutes sortes d’informations toutes plus déprimantes les unes que les autres (conflit israëlo-palestinien qui n’en finit plus, apportant avec lui quotidiennement sa liste de morts, de frustrations et de haines accumulées ; guerre en Irak qui, elle aussi, fait la manchette chaque jour avec morts et blessés ; conflit au Soudan qui fait 70 000 morts ;  prise d’otages à Beslan qui entraîne la mort de 322 personnes, etc …).

Nous nous sommes demandé quelle est notre réaction face à ces détresses humaines insupportables.  Parvenons-nous malgré tout à garder l’espérance ?  Si oui, comment ?

Chacune a pris le temps de partager ses réflexions et voici une synthèse de ce qui a été apporté :

Ces derniers temps, nous assistons quasiment en direct à un nouveau massacre des Innocents (enfants de Beslan, enfants du Soudan, enfants d’Irak, enfants de Palestine, etc …). Que d’enfants ont été victimes des guerres au cours de la dernière décennie ! Durant cette période, selon l’UNICEF, 2 millions d’enfants ont été tués, 6 millions ont été gravement blessés ou mutilés, 1 million d’enfants sont devenus orphelins ou ont été séparés de leurs parents. C’est intolérable !

Nous sommes dans une période sombre de l’histoire. Cela provoque chez plusieurs tristesse et déception. Parfois, on a l’impression que le monde n’a pas évolué (barbaries, folie du pouvoir, …).

Et pourtant ! Pourtant des individus de tous âges s’engagent dans des mouvements altermondialistes, environnementalistes, pacifistes. Ces gens gardent espoir. Il leur reste l’indignation, la capacité de résister, de rêver d’un monde différent. Ils croient qu’il est possible de faire émerger un autre monde et ce, quelles que soient leurs croyances.

ChacunE s’engage à sa façon, selon ses possibilités. Ce qui permet de continuer à espérer : la solidarité (exemple : la dernière mobilisation contre les politiques néo-libérales du gouvernement Charest qui creusent encore plus le fossé entre ceux qui possèdent et les autres).

Il y a aussi les personnes qui réfléchissent, qui écrivent (comme Ivone Gebara), qui prient, qui méditent, qui parlent (tel Riccardo Petrella), qui allument une chandelle, qui envoient des ondes de compassion, d’amour, de lumière, de paix.

L’époque troublée que nous traversons s’explique par le fait que la plupart des gens n’ont pas atteint leur stature humaine totale en se limitant à vivre en surface, tournés vers l’extérieur et ignorant tout de leur vraie nature logée au plus profond d’eux-mêmes. Aujourd’hui, ils sont nombreux ceux qui prennent conscience de la situation et s’ingénient à lutter contre le mal. Le mal ne peut l’emporter sur le bien car la création n’aurait aucun sens si tel était le cas.

L’humanité ne s’est pas encore découverte. Il faut un éveil de la conscience humaine, changer son regard : chaque personne a en elle les germes de l’Être vers sa plénitude.

Il y a aussi toutes ces personnes qui font des gestes dans l’ombre, qui partagent, qui pardonnent, qui travaillent à avoir des relations humaines de qualité, qui changent leur regard. Il y aussi celles qui reçoivent et qui donnent, qui font la paix, qui pratiquent le détachement, qui apprennent à aimer et à s’aimer, qui rendent grâces pour les beautés de la nature et qui remercient pour l’abondance dont nous sommes gratifiés.

L’espérance nous vient aussi de la confiance que l’on met dans l’autre, de l’accueil que l’on offre à ce qu’il nous apporte, de la lumière que l’on fait advenir à plusieurs.

Nous faisons aussi mémoire du Christ qui a été triste, qui a pleuré. Il s’est aussi emporté, il a eu peur, il a souffert, mais il n’a jamais désespéré (et pourtant l’époque où il a vécu n’était pas des plus réjouissantes pour la majorité de ses compatriotes !).  Il continue de nous donner du Souffle et de nous rappeler que nous ne sommes pas orphelinEs.

L’une de nous a alimenté notre réflexion grâce à un texte qui ressemble à un psaume :

 

 

« Qui donc est Dieue pour nous aimer ainsi,

Filles de la terre et fils de la terre

Qui donc est Dieue, si démunie si grande,

Si vulnérable, si vulnérable »

 

 

Enfin, nous avons renouvelé notre espérance à travers le chant des sœurs Marleau : « Si on tissait ensemble »

Si on tissait ensemble

Coude à coude

Si on tissait ensemble

Un tissu nouveau

Tissu d’une société

Vivante et accueillante

Plus juste et pacifiante

Comme il ferait bon !

 

Si on tissait ensemble

Coude à coude

Si on tissait ensemble

Un monde nouveau

Monde de liberté

Qui porte plein de vie

D’espoir et de tendresse

Comme il ferait bon !