BERGERES DE LA THEOFOLIE

BERGERES DE LA THEOFOLIE

 

Thérèse Clerc, Association de femmes

chrétiennes et féministes CELLES DE LATERRE.

France.

 

10 ans déjà ! A chaque fois que je reçois L’autre Parole, ça me fait chaud au coeur, je me dis : « Allons ! tes copines du Québec sont moins feignantes que tes françaises, te mouvement des femmes n’est pas mort ».

 

Et puis mon réconfort va de joie en joie car, outre la durée qui en fait à ma connaissance une des plus anciennes publications féministes, sa recherche va dans le même sens que la nôtre, tout comme celle des Etats-Unis, d’Allemagne, de Suisse, de Belgique, de Hollande : à croire que l’Atlantique n’est qu’une mare aux canards et qu’il suffit de soulever l’imaginaire collectif des femmes pour retrouver des vieilles mémoires oubliées. La grande mairie aurait-elle un fondement anthropologique commun ?

 

La longue marche des femmes a commencé depuis 1970. Eloignées du rivage des pères, nous voguons vers notre continent noir, nouvel exode qui annonce un autre Canaan.

 

Je souhaite que L’autre Parole raconte nos voyages, reste te porte-parole de nos luttes de libération et témoigne de notre identité retrouvée après 40 siècles de colonialisme patriarcal. A travers ce journal, soyons en communion, devenons des femmes de grand soleil et crions te secret de nos jubilations au vent afin que le Souffle en fasse de la bonne nouvelle….

 

Parole de vie, langage de ressuscitées. c’est à nous de faire mémoire du point crucial de notre espérance chrétienne : l’initiative d’une femme à Béthonie qui, à travers le parfum, l’onction, la caresse et les baisers a fait naître un Corps à son identité plénière permettant l’offrande à la multitude.

 

Nouvelle ascèse du plaisir proposée par une femme qui pourrait réactiver le christianisme des Pères, nécrophile et féminicide ; mais leurs voix ne sont plus nos voies, ils n’entendent pas où nous marchons.

 

Prenons de la distance avec ta Père version, retrouvons la Mère version, celle de l’imaginaire et de la folie, gardienne de nos nues. Prophétesses de bonheur, devenons bergères de ta théofolie !

 

Longue et bonne vie à L’autre Parole !