Commission sur l’avenir du Québec

Commission sur l’avenir du Québec

 

Devant la possibilité de construire un Québec différent, l’Assemblée des évêques du Québec a fait parvenir, à la Commission Bélanger-Campeau et au Saint-Père, un mémoire dont L’autre Parole a obtenu copie. Nous en publions quelques extraits.

 

Que faire mes soeurs et mes frères pour ce qui est de la présence des femmes dans toutes les instances de la vie privée, publique et cultuelle ?

 

Depuis de nombreuses années, les luttes pour la justice et l’équité ont permis d’inclure dans la Charte québécoise des droits et libertés que toute personne, femme ou homme,

 

« a droit à la reconnaissance et à l’exercice, en pleine égalité, des droits et

libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence, fondée sur

la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil,

l’âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions

politiques, la langue, l’origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le

handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap. » (art. 10).

 

Québécoises et Québécois, sachez que si nous sommes en profond désaccord avec toutes les formes de discrimination dans la vie privée et dans la vie publique, il est prévu à l’article 20 de ladite Charte que l’Église n’a pas à se soumettre à cette règle. En effet,

 

« Une distinction, exclusion ou préférence fondée sur les aptitudes ou qualités

requises par un emploi, ou justifiée par le caractère charitable,

philanthropique, religieux, politique ou éducatif d’une institution sans but

lucratif ou qui est vouée exclusivement au bien-être d’un groupe ethnique est

réputée non discriminatoire. » (art. 20)

 

Dans notre Église, selon la Loi, les femmes doivent rester soumises. Il n’est pas convenable qu’elles occupent les plus hauts ministères, dévolus aux prêtres, deshommes qui sont à l’image de Dieu. À chacune et chacun ses charismes. Ceux des filles de Dieu ne seraient pas de cet ordre.

 

Mais dira-t-on, comment est-ce possible dans une Église où la charité, l’amour et la justice sont les grandes valeurs de rassemblement ?

 

Ah ! Saint-Père, femmes et hommes politiques, supportez un peu de folie de la part de votre Église québécoise. En effet, si le Québec souverain se fait, si un projet de société où les valeurs de justice auront cours advient, où le plein emploi permettra aux femmes comme aux hommes de gagner honorablement leur vie dans des métiers et professions qui les valoriseront, alors nous aussi nous laisserons l’Esprit de l’Évangile nous gagner et nous ouvrirons aux femmes, en toute équité avec les

hommes, la possibilité d’occuper tous les ministères.

 

Nous déclarons solennellement que nous renonçons à toute possibilité de nous soustraire aux principes de justice et d’équité comme il est actuellement prévu par la Charte québécoise des droits et libertés.

 

Nous nous adressons à vous, Saint-Père, et à vous femmes et hommes politiques, en toute liberté. Nous voulons vous faire connaître, chères soeurs et chers frères, la grâce que Dieu a accordée à l’Église du Québec. Nous sommes dans la joie parce que nous travaillons à notre perfectionnement à toutes et à tous dans la joie du Christ Jésus et que la grâce soit avec celles et ceux qui lutteront comme l’Église du Québec pour la reconnaissance pleine et entière des femmes.

 

Marie-Rose Majella

(recherchiste)