No. 49 – LES QUÉBÉCOISES ET L’AVENIR DU QUÉBEC

LIMINAIRE

Nous vivons une époque passionnante au Québec.

Dans tous les coins du pays, des gens s’interrogent, discutent entre eux; la conjoncture
politique éveille les consciences à la responsabilité sociale, stimule le
sentiment d’appartenance, le désir de participation à une même cause. Seul face à
neuf provinces qui forment bloc dans leur choix d’une langue commune, d’un gouvernement
central fort, le Québec pourra-t-il survivre dans sa différence?
Dans tous les coins du pays, des gens sondent leurs reins et leur coeur: faut-il se
lancer dans la grande aventure?

L’autre Parole a décidé de se prononcer collectivement. Après analyses et discussions
à l’intérieur de chacun de nos groupes, nous nous sommes réunies en
grande assemblée, en décembre dernier, pour vérifier notre consensus et définir le
projet de société que nous voulons faire advenir.

L’éditorial, grâce à la plume d’Y. Laprise, proclame notre prise de position,
contre-vérifiée par chacune de nous. Suivent quelques articles qui explicitent davantage
nos échanges et notre réflexion: M. Gratton établit un lien entre l’action et la
personnalité des héroïnes de notre Histoire et le caractère « distinct » de notre nation.
Puis surgit la grande question: nous recherchons l’égalité femmes/hommes, mais
comment la définir dans le respect des différences? L. Mottier, dans un texte fort
substantiel, expose la pensée de la philosophe L. Marcil-Lacoste et cet exercice
nous amène à mieux saisir la pertinence et la profondeur du projet de société formulé
par L. Melançon. Et voici une fleur: sous son nom de plume, D. Nantel prête sa
parole au parfum biblique et poétique à… la Bien-Aimée.

La Commission Bélanger-Campeau a reçu, de femmes de toutes les régions, de
nombreux mémoires dont le sérieux suppose une concertation et une dépense
d’énergie remarquables. M.-T. Roy-Olivier en a choisi plusieurs extraits qui illustrent
l’ampleur de l’intérêt des Québécoises pour la question politique et sociale. De leur
côté, nos évêques se sont aussi fait entendre. Notre recherchiste, M.-R. Majella, cite
leur étonnant document dont trop peu d’entre nous avons entendu parier… Enfin, J.
Dufour nous propose de sérieuses « réflexions sur la question nationale ».

Quel que soit l’avenir, l’air devra demeurer respirable, et l’eau potable… M.
Thoma, écologiste militante, démontre que féminisme et écologie sont notablement
reliés. J. Dufour et L. Campeau nous invitent ensuite à la lecture.

Personnellement, j’ai vu dans la préparation du présent numéro,
un hommage à Dieue, source de vie, créatrice des merveilles de chez nous
un hommage au pays, auquel nous sommes profondément attachées
un clin d’oeil à toutes nos soeurs concitoyennes, les invitant à donner un
coup de pouce à l’Histoire…

Rita Hazel