DES FEMMES BIBLIQUES : LIEU D’ESPÉRANCE !

De tout temps, des femmes se sont fait distinguer par leurs œuvres ou leurs paroles et ont été un lieu d’espérance pour leurs contemporaines. Ainsi, en est-il également des femmes bibliques qui ont participé de façon voyante à l’épopée d’Israël.

 

Elles ont fait l’Histoire de l’Ancien et du Nouveau Testament, au même titre que les hommes même si elles ont été ignorées dans la tradition patriarcale qui est parvenue jusqu’à nous, et qui persiste encore à être un lieu d’interdits pour les femmes soucieuses de témoigner de leur foi selon leurs convictions et leur vécu.

Il serait trop long d’aborder l’histoire de toutes ces femmes exemplaires qui ont apporté un souffle de vie dans un monde forgé par les hommes et pour les hommes. Mais, je me permets de citer quelques noms avant d’aborder l’histoire de deux d’entre elles, pour inviter celles qui le désirent à les fréquenter à travers les récits bibliques. Dans l’Ancien Testament, et sans suivre un ordre chronologique, on retrouve, entre autres, Sara, Rahab, Léa, Athalie, Houlda, Esther, Judith, Ruth, la mère des Maccabées, Déborah et Yaël. Dans le Nouveau Testament, on peut citer Marie, Elisabeth, Madeleine, Marthe et Marie, la Femme cananéenne, Lydie, Prisca, Phoebé, Junias, Julie, etc. Au nombre de celles dont j’entreprends le récit, la première citée, est Judith qui  nous laisse percevoir que le rôle de la femme peut dépasser de loin les limites du foyer et que la femme peut se réaliser autrement qu’en étant juste une mère. La seconde, la femme cananéenne, nous ouvre de larges perspectives vers le Dieu universel.

L’histoire de Judith

Au 2e siècle, avant Jésus-Christ, la captivité de Babylone et la domination perse font surgir devant nos yeux une femme qui attire l’attention, Judith. Alors que le peuple désespéré veut se rendre à l’ennemi en pensant que Dieu l’avait abandonné, Judith triomphe de l’ennemi en alliant la sagesse, la ruse et la force, à sa foi profonde en Dieu. Elle devient par la suite l’une des figures les plus grandioses de l’Ancien Testament. L’action de grâces qui lui est adressée par le  grand prêtre et le conseil des anciens en témoigne :

« Tu es la gloire de Jérusalem !
Tu es le suprême orgueil d’Israël
Tu es le grand honneur de notre race !
…Bénie sois-tu par le Seigneur Tout-puissant
dans la suite des temps » (Jdt.15,9-10).

 

Cette acclamation lui annonce une fécondité beaucoup plus importante que celle de la nature, une maternité bien plus universelle que celle du mariage, car Judith en prenant en charge tout son peuple, qui allait être exterminé, dépasse de loin les limites étroites du foyer en lui donnant la vie. De la sorte, elle devient partenaire non plus d’un seul homme, mais de Dieu et en même temps de toute la nation participant à une œuvre de salut beaucoup plus vaste que celle de l’engendrement naturel. Son exploit reconnu et consacré dans un livre, a traversé les siècles. Judith devient ainsi, pour toutes les femmes qui choisissent librement de ne pas être mères ou qui ne peuvent l’être, pour toutes sortes de raisons, un lieu d’espérance et d’accomplissement de soi.

La femme cananéenne

Au temps de Jésus de Nazareth, la femme cananéenne, dont on ne connaît pas le nom décide d’aller le voir pour lui demander la guérison de sa fille et se fait rabrouer assez vertement par lui : « Il ne sied pas de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens. » (Mt 7, 26) Être traité de chien par quelqu’un n’est pas facile à accepter, et pourtant la femme ne se laisse pas rebuter par cette parole si dure et persiste dans sa quête. Pour l’amour de sa fille, elle accepte de se placer dans l’attitude de chien et réclame quelques miettes. Lorsqu’on parle d’une foi qui transporte les montagnes, c’est bien de cela qu’il s’agit. La femme était convaincue au fond d’elle-même que ce Dieu si grand, si débordant d’amour dont elle a entendu parler à travers la prédication de Jésus et parvenue jusqu’à ses oreilles, ne peut garder juste pour un groupe privilégié sa générosité et qu’elle n’avait pas besoin d’accaparer tout son amour ou de le détourner de quiconque pour que sa fille guérisse. Une parcelle de cet amour, une miette suffirait à guérir sa fille, et c’est pourquoi elle insiste tellement. La suite du récit nous apprend que Jésus a été ébloui par sa foi en raison de laquelle la guérison de sa fille lui a été accordée.

J’aime croire que cette femme-là a forcé un peu la main de Jésus en l’amenant à s’ouvrir aux païens à travers la guérison de sa fille. Son amour de mère lui a fait comprendre que lorsqu’il y a l’amour, les barrières doivent sauter. Il n’y a plus ma religion, ta religion, sa religion …. Le Dieu, annoncé par Jésus de Nazareth, est un Dieu universel. Tous ceux et celles qui le cherchent le trouvent et aucune religion ne le possède. Je ne veux pas dire par là que toutes les religions se situent sur le même plan, car je suis convaincue que la révélation apportée par Jésus-Christ est plénière, mais seulement que les desseins de Dieu sont impénétrables, que nous sommes tous ses enfants et qu’il y a différentes voies pour le rencontrer.

Par sa foi, la femme cananéenne a ébranlé la montagne ; elle a fait s’écrouler le mur d’indifférence ou de mépris que dressent parfois les religions les unes contre les autres. Elle est le lieu d’espérance pour toutes celles et ceux qui à sa suite acceptent les autres et s’enrichissent de leurs différences.