PROSPECTIVES D’AVENIR POUR L’ÉGLISE !

Quand il est question de l’avenir de l’Église, il faut admettre  qu’il y a déjà plusieurs années qu’on s’interroge là-dessus même au sein de l’Église. Les sacrements sont devenus des rites culturels ou traditionnels avant même d’être compris. Si des valeurs évangéliques restent présentes dans la société, tous ne les mettent pas nécessairement en lien avec la foi. 

Malgré tout cela, il me reste de l’espérance et j’ose encore imaginer une Église vivante pour l’avenir. L’Église ce n’est pas uniquement la structure comme on la connaît. C’est l’ensemble de la communauté qui agit au nom de Jésus-Christ. En plus d’adhérer à une foi en Jésus-Christ, le Dieu vivant ressuscité, l’Église, c’est la force, l’énergie engagée de toute personne pour tenter de bâtir ensemble un monde meilleur dans son milieu.

L’Église de demain sera à mon avis bien différente de celle qu’on connaît présentement.  Elle ressemblera sans doute beaucoup plus à ce qui existait aux premiers temps du christianisme.  Au lieu de structures imposantes pour rassembler les chrétiens, on y retrouvera  des maisons, des cuisines, des salons, qui accueilleront des petits groupes, des ami-e-s qui viennent partager leur vécu.

On y parlera  de vrais besoins, de situations de travail, de conflits personnels à gérer…mais aussi de situations politiques, de tensions mondiales, de l’environnement…Avant tout, l’Église de demain sera surtout un lieu privilégié où l’on discutera et priera ensemble à la lumière de l’Évangile. On cherchera à mettre en œuvre des moyens pour s’engager plus entièrement dans la construction d’un monde centré sur des valeurs de partage, d’amitié, d’amour.

Les sacrements seront également vécus autrement. Pour le moment, ils font, dans l’ensemble, uniquement partie de la culture. Plusieurs d’entre nous sont baptisés, confirmés, mariés…sans être liés aux bases mêmes de la foi. Dans la projection d’une  Église pour demain, les sacrements ne seraient plus perçus comme de simples  rites sociaux  mais plutôt comme de véritables Signes de l’amour de Dieu.

L’engagement pourrait reprendre un sens qui s’est perdu. Aujourd’hui on est humaniste, ce qui est déjà très bien, mais qu’en serait-il si tous les gestes de gratuité que nous posons l’étaient dans un esprit de fraternité et de sororité chrétiennes, sous le signe d’un amour plus grand encore –  celui d’un amour qui rassemble tous les peuples dans une seule et grande famille. Croire qu’un tel avenir est possible pour l’univers entier, n’est-ce pas déjà entrevoir le projet d’avenir souhaité pour l’Église ?

Enfin, pour ce qui est de la place des femmes au sein de l’Église, il n’en sera même plus question dans l’Église de demain. Au cœur de cette Église les tâches ne seront plus liées au sexe des hommes et des femmes mais aux capacités et aux talents de chacun et de chacune. Le respect profond de la personne, de ses dons à mettre au service des autres seront les seuls critères utilisés pour déterminer les rôles de chacun.

C’est dans l’espérance d’une telle Église que j’ose encore faire des prospectives d’avenir et que je retrousse mes manches pour me mettre au boulot.