SAVEZ-VOUS QUE…

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La théologienne ouest-allemande, Uta Ranke-Heinemann, s’est vu retirer son autorisation d’enseigner la théologie parce qu’elle contestait le dogme de la conception virginale de Jésus. Selon elle, ce dogme est une offense à toutes les mères normales » et reflète « le caractère anti-sexuel et névrotique » du clergé. Uta Ranke-Heinemann a été la première femme au monde à enseigner la théologie. La Presse, le 21 juin 1987.

 

En Europe, lors du dernier synode, des femmes croyantes et étudiant la théologie ont émis un communiqué de presse, manifestant publiquement leurs réserves quant aux travaux en cours.

 

Elles y critiquent d’abord la structure du synode : « un synode dont les résultats sont comme toujours, par consensus des mêmes hommes d’Église, définis en substance par avance, ne peut avoir aucune signification dans le sens, de la promotion d’un vrai dialogue dans l’Eglise ». Ensuite elles remettent en question le discours des membres du clergé au sujet des femmes :

 

« Les affirmations hautement proclamées, mais générales, souvent teintées de paternalisme, sur l’égale dignité, rôle et « mission » de la femme ne sont pas le fait d’une authentique reconnaissance d’une parité effective et d’une voix propre à elles, audible et incisive, dans la communauté ecclésiale ».

 

Elles mentionnent que ce discours sert davantage à éluder la question plutôt que de marquer une volonté d’être confronté au fond du problème.

 

Enfin, elles abordent la question du sacerdoce féminin et rappellent la position de plusieurs chrétiennes féministes à ce sujet : « Nous n’aspirons cependant pas à la pure et simple extension aux femmes du sacerdoce ainsi qu’il est actuellement, sur lequel nous faisons maintes réserves, bien qu’on devrait continuer – tant qu’il sera nécessaire – è dénoncer l’inconsistance des raisons avancées pour en exclure les femmes, l’injustice de la discrimination et ses conséquences négatives sur le plan psychologique, culturel et social. » Femmes et Hommes dans l’Eglise, no 32, décembre 1987.

 

Maurice Champagne-Gilbert, dans une allocution prononcée lors de la conférence « Familles et cultures » organisée par l’Union internationale des organismes familiaux et tenue à Paris en décembre dernier, a fait reposer la responsabilité de la survie de la famille sur la conscience des hommes. « Bref , si la révolution féminine ne donne pas lieu en priorité, par une réaction d’intelligence et de responsabilité affective de la part de la condition masculine – réaction qui se fait toujours attendre – à une révolution des rôles, centrée sur le partage, pour renouveler les rapports des hommes et des femmes entre eux et dans leur re-lation à l’enfant, je doute non seulement de l’avenir de la famille mais de l’avenir même de l’Occident et surtout peut-être de nos chances d’évoluer vers une planète plus humaine. »

 

M. Champagne-Gilbert fait aussi cette mise en garde :

« Attention ! Si la condition masculine veut vraiment s’arroger tous les pouvoirs plutôt que de partager, ce n’est pas à l’homme enceint qu’on aura recours mais plutôt à la fécondation in vitro et aux manipulations génétiques. Cela n’est-il pas déjà commencé ? Et qui sait s’il n’y a pas là une réaction à peine inconsciente du pouvoir masculin contre le recours des femmes à la contraception, voire contre le privilège de la maternité biologique. »

 

« Ce n’est pas la conquête de l’espace et d’un super progrès technologique qui devrait occuper la condition masculine mais la conquête d’une nouvelle relation à la vie pour les hommes, où les valeurs traditionnellement étiquetées comme féminines soient réassumées par les hommes comme des valeurs d’Être. » Le Devoir, le 12 décembre 1987.

 

Les sacrements deviennent des actes bien simples quand ce sont les femmes qui les administrent.

 

A la question « N’éprouvez-vous pas des difficultés, après avoir accompagné les mourants, de ne pas pouvoir donner le sacrement des malades ? », une Péruvienne répondait : « Oh ! vous savez, faire un simple signe de croix suffit, ils sont contents. Alors, pour eux une femme peut le faire. » Femmes et hommes dans l’Église, no 32, décembre 1987.

 

Vous reconnaissez-vous ? « Alice Gombeeult se définit comme une croyante « assise entre deux chaises ». Le confort « d’une adhésion inconditionnelle à la parole du pape » lui déplaît. « M’asseoir sur la chaise du recul critique systématique ne me convient pas non plus ». Elle aime « être à la fois dans l’Eglise et en dehors ». Femmes et hommes dans l’Eglise, no 32, décembre 1987.

 

Une entreprise américaine va bientôt mettre sur le marché des poupées qui s’agenouillent et joignent les mains en geste de prière. Cette firme, Kenner Parker Toys

Inc., de Boston, vend les poupées sous la marque « Bénédictions spéciales » et affirme qu’elle mise sur le regain des valeurs traditionnelles aux Etats-Unis. « Nos études ont montré que les Américains se tournent de plus en plus vers la religion et les valeurs traditionnelles », déclare l’un des responsables de l’entreprise. « Lorsque nous parlons aux mères, elles nous disent qu’elles voudraient que les jouets puissent aider l’enfant à prendre conscience de la foi et de la tradition ». La Presse, 27 janvier 1988.

 

Lors d’un débat radiodiffusé le 21 octobre dernier entre Mme Lorraine Pagé de l’Alliance des Professeur-e-s, et M. Archambault, porte-parole du Mouvement pour les écoles confessionnelles, ce dernier a déclaré que l’Immigration venait renforcer le projet catholique de la CÉCM. Selon lui, les immigrant-e-s de pays catholiques (Pologne, Amérique du Sud, Italie, Espagne, Portugal) désirent une éducation à caractère confessionnel pour leurs enfants ; « beaucoup trouvent même que nous ne sommes pas assez catholiques ». RAIF.nov./déc. 1987.

 

Chistine Lemaire