SAVIEZ-VOUS QUE…

SAVIEZ-VOUS QUE…

 

. 1988-1998 est la décennie consacrée à l’oecuménisme. À mi-parcours de la décennie, un Colloque a eu lieu à Strasbourg en juin 1994 sous le thème « Femmes et oecuménisme ». Cette rencontre des femmes chrétiennes d’Europe et d’ailleurs a permis de dire que les objectifs de la décennie n’étaient pas atteints, que les femmes n’ont toujours pas assez de place dans les structures ecclésiastiques et qu’il faut trouver des voies, dans et en dehors des Églises, pour affirmer la solidarité des femmes.

 

. À l’occasion de l’Année internationale de la famille, le Conseil du statut de la femme a produit un dossier d’information sur le thème : Femmes, féminisme et familles. Le document rappelle les contributions du féminisme à l’évolution des familles contemporaines. Il fait également le point sur un certain nombre de problèmes. On peut consulter le dossier en question dans les bureaux régionaux du CSF. Initialement prévu pour des besoins internes, ce dossier a été rendu public. Les secrétariats des différents groupes de femmes l’ont aussi en leur possession.

 

. Le Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme a publié, en avril 1994, un document fort bien présenté intitulé : Dix statistiques sur le travail et la famille au Canada. Le document fournit des données sur l’écart entre les responsabilités familiales des travailleuses et des travailleurs et le soutien encore trop mou, que leur offrent les entreprises et I e Gouvernement. Le taux de participation des femmes, ayant des enfants de 3 à 5 ans, à la population active rémunérée est passé de 40 % en 1976 à près de 70 % en 1991. Toutefois, seulement 15 % des enfants de moins de 12 ans qui devaient être gardés pendant les heures de travail de leurs parents bénéficiaient de services de garde reconnus.

 

. Pour la première fois dans l’histoire de l’Église de Norvège (luthérienne), une femme a été nommée évêque. Rosemarie Kahn a été installée dans ses fonctions en mai 1993 dans le diocèse de Hananr. Il y aurait actuellement environ vingt-cinq femmes pasteures. L’ordination des femmes en Norvège date des années soixante, (source : Femmes et hommes en Eglise, no 55, 1993)

 

. Le Vatican aurait permis officieusement le recours à des procédés anticonceptionnels à des religieuses ayant subi des violences sexuelles. Cette autorisation toute spéciale à l’endroit des femmes a pris naissance dans le contexte de la guerre en ex-Yougoslavie. Le danger de voir se produire des grossesses non désirées dans les couvents de religieuses a présidé à cette ouverture à portée humanitaire, (source : Terre des femmes, no 4, 4e trimestre, 1993. Cette revue est belge.)

 

. Autre première : Le Vatican accepte que les filles deviennent des servantes de messe. Les femmes auraient donc la permission officielle d’assister le prêtre à l’autel. Il ne s’agit pas d’une question doctrinale mais il faudra modifier le droit canon en conséquence. Notons toutefois que cette décision qui vient ébranler un tout petit panneau de l’édifice misogyne de l’Église catholique est tout de même sujette à l’approbation des évêques, (source : Le Devoir. 18.04.94)

 

. Le Rabbin de Haifa, S.-Y. Cohen, propose le remplacement du texte de la prière : « Loué sois-tu, ô Dieu, de ce que tu ne m’as pas créé femme », par « Loué sois-tu, ô Dieu, de m’avoir créé homme. » ! Ses fidèles féminines auraient opté quant à elles pour « Loué sois-tu, ô Dieu, de m’avoir cré(e) tel(le) que je suis. » ! Les débats sont en cours. Cette prière, qui date de l’antiquité, est encore récitée aujourd’hui.

 

. Mgr Lebel admet que la question de l’ordination des femmes ne dépend plus que du bon vouloir du pape. Les objections de nature purement théologique étant, selon lui, sans fondement. Ce propos a pu être entendu à l’émission « Les temps modernes » diffusé à l’antenne de Radio-Canada le lundi 28 mars 1994. Marie-Andrée Roy participait à cette discussion à laquelle une femme-prêtre anglicane était aussi invitée.

 

. L’historien Guy Bechtel propose une histoire de la confession. L’ouvrage de l’universitaire français a 437 pages et est publié chez Pion sous le titre : La chair, le diable et le confesseur. Pour comprendre la nature, le rôle et révolution de la confession… au masculin. Le Devoir. 09.05.94, B4 en présente un compte rendu.

 

. Les messieurs du clergé sont invités à tenter un pas du côté de la coopération d’égal à égal avec le sexe opposé. La suggestion est faite ar un lecteur du Devoir. Son article s’intitule : Les dieux de la terre. La biologie à l’encontre du sacerdoce féminin ? « Les évêques des australopithèques auraient sans doute été mâles », écrit-il. « Mais il n’y a pas de raison biologique pour qu’il en soit encore ainsi, trois millions d’années plus tard. Il y a chez l’espèce humaine actuelle des signes biologiques d’une évolution dans le sens d’une atténuation progressive de cette différence de taille entre mâles et femelles, qui est le fondement du pouvoir mâle. » (27.04.94, A9)

 

. Pour les écrivains, la femme est, selon les circonstances, tantôt muse, tantôt héroïne. À lire, pour en avoir un exemple : Madeleine Gide de Sarah Ausseil, Ed. Laffont, 322 pages.

 

. Un autre film sur Jeanne d’Arc verra le jour. Le cinéaste français, Jacques Rivette, en est l’auteur.

 

Agathe Lafortune