UNE SANS-TITRE

UNE SANS-TITRE

 

par Denyse Joubert

 

Je dois vous faire un aveu : comme plusieurs, j’ai vécu l’effet euphorisant du soulèvement des foules provoqué par le charisme incontestable de Jean-Paul II.

 

De puissantes émotions ont remué mon être… mon enfance retrouvée ? ? ? le goût de regarder passer la procession ? ? ?

 

Mais comme émotion n’est pas conversion, quels en sont les lendemains ?

 

Voilà où débute mon interrogation, défi d’essayer d’y découvrir l’essentiel…

 

Scandale (sic) du mercantilisme : multitudes de gadgets dont un MACARON annonçant : « FOI, $2,00 », m’ont fait penser aux vendeurs du temple. Le Christ, autrefois, ne les avait-il pas chassés de la maison de prière, dans une sainte colère ?

 

Préambule invitatoire accueillant : « Je suis venu pour vous connaître ». (CONNAITRE : avoir présent à l’esprit un objet réel ou vrai (abstrait ou concret) physique ou mental ; être capable de former l’idée, le concept, l’image de…). Et II est venu parmi nous et II ne m’a pas reconnue. J’ai eu l’impression d’avoir été évitée : au Québec du moins, peu de thèmes appréhendés. Evitons la confrontation ! (Peurs formulées par les évêques qui craignaient sans doute quelques esclandres, quelques manifestations manifestantes).

 

Mais « n’ayez pas peur », le système d’ordre « très renforcé11 (des journalistes habitués des voyages papaux en furent estomaqués) a contribué a donner du Canada l’image d’une ouverture au inonde » à autrui, à nulle autre pareille.

 

Et qu’il était agréable et rassurant de voir quelques femmes lire l’épître et distribuer la communion (Myra Crée, pince sans rires s’empressant de lire un communiqué de la Curie romaine interdisant les femmes dans le choeur), Sans commentaires…

 

Donc au Québec, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et surtout du « demi(e)-monde !

 

On a parlé d’amour, de paix, d’engagement spirituel, dialogues d’où la femme fut exclue, femme paradoxe, sujette, à l’occasion, a des références indirectes,

 

Je me suis sentie écartée, non conviée au repas nuptial, « vierge folle » dont la faible lanterne a manqué d’huile : car l’establishment ecclésial a refusé de partager ses puits d’or noir avec moi, avec nous. Modèle paradoxal, vouée à une vocation spécifique de mère et d’épouse qui doit, hélas, se concrétiser dans l’activité sexuelle, quand cependant l’idéal de vie proposé par le pape, l’état meilleur, en serait un de virginité. Idéal ambigu, puisque le modelé est Marie, vierge et mère, servante du Seigneur – re : béatification de ce rôle en Marie-Lëonie -. Paradoxale aussi, cette justification de notre oppression.

 

Nous avons respecté là « trêve de Dieu » et maintenant quoi ? J’aimerais avoir l’optimisme de Mgr Plourde qui a vu une certaine approbation indirecte du rôle d’avant-garde que joue l’Eglise canadienne quant à la place des femmes.

 

Par l’Evangile et par la foi, serons-nous un moteur de changement de la société et de l’Eglise elle-même ou ai-je des visions ?