LA FOI CHEZ LES JEUNES FEMMES

LA FOI CHEZ LES JEUNES FEMMES

 

Le cheminement de Catherine.

 

La dimension de la spiritualité est-elle présente dans ma vie ? Comment l’influence-t-elle ? Avant de répondre à cette question, je me suis permise de jeter un coup d’oeil rapide sur le nouveau volume de l’auteur canadien Douglas Coupland Life After God.

 

Après avoir affirmé que tout être humain a une confiance (ou foi) naturelle, l’auteur se demande en quoi ou en qui il croit dans ce monde où la religion organisée, institutionnalisée, ne joue plus un rôle important.

 

Pour reprendre le langage de Coupland , je puis dire que je suis née et ai vécu les quinze premières années de ma vie « during God » et les années suivantes « after God ». L’une de mes grands-mères venait de l’Irlande catholique, l’autre de l’Ecosse presbytérienne tandis que mes deux grands-pères étaient originaires du Québec alors en majorité catholique.

 

En 1961, je dus suivre ma famille en France. Il me fallut alors quitter l’école primaire catholique francophone québécoise pour m’inscrire à une école française dite « de la République ». Cette transplantation marque le passage radical de ma vie « during God » à celle « after God ».

 

Que me reste-t-il aujourd’hui de mes premières années de croyante catholique ? Un peu comme M. Coupland le laisse entendre, le besoin de croire en quelque chose, la « foi naturelle » demeure. Mais la foi en quoi ? En ce que la vie place sur notre route. Enfant d’une famille dont le père est militaire, mes nombreux séjours à l’étranger ont développé chez moi une grande ouverture d’esprit en même temps que le besoin de trouver une réponse satisfaisante à ma quête de Dieu.

 

Durant ces années, l’influence des milieux fréquentés a donc été constante et a donné à ma foi une coloration nouvelle à chaque déplacement. Ainsi, au fil de mes rencontres, je me suis faite tour à tour Bahâ’ie avec une amie Bahâ’ie, puis Bouddhiste, etc. La capacité naturelle de « croire en » qui nous habite nous amène tôt ou tard à nous demander s’il n’y a pas un dénominateur commun à ces expressions diverses de croyances.

 

Ainsi lorsque ma compagne Bahâ’ie, fille d’un ministre anglican, m’annonce qu’elle suit un cours d’exégèse donné par un exégète catholique, je m’empresse de m’inscrire à ce même cours, et, de fil en aiguille, je fais tout un baccalauréat en théologie.

 

Où en suis-je aujourd’hui ? Je crois avoir opéré une certaine synthèse de tous ces courants religieux mais beaucoup de mes questions demeurent sans réponse. Sans doute une plus grande ouverture entraîne-t-elle avec elle plus d’exigences. La génération de mes grands-mères n’a pas connu cette liberté d’adhésion à une foi personnelle. Ainsi, pour avoir épousé un catholique francophone, ma grand-mère presbytérienne anglophone, s’est vue bannie de sa famille. L’appartenance religieuse ne souffrait alors aucun intrus dans son sein.

 

Aujourd’hui, nous sommes exposées au gré des vents qui soufflent en tous sens. Le contact inévitable avec une diversité de croyances nous amène à remettre en question le fondement de notre foi humaine et chrétienne. Une des questions fondamentales qui retient présentement mon attention est de savoir comment la femme est présentée dans les écrits sacrés, quelle est sa place dans les représentations de la divinité et sur quelle anthropologie reposent ces textes dits sacrés.

 

La foi de la jeune femme d’aujourd’hui et ma foi peuvent faire leur » beaucoup de belles choses anciennes, ce qui ne les empoche pas de s’ouvrir à beaucoup de belles choses encore à venir.

 

Catherine Baril, Myriam