LES SOUTANES ROSES

LES SOUTANES ROSES

 

Sarah Bélanger, Ed. Bellarmin, Montréal, 1988

 

L’étude réalisée pour le groupe « Femmes et ministères », qui trace le portrait du personnel pastoral féminin au Québec, porte un titre accrocheur : Les Soutanes roses. Si vous me permettez de parodier le titre racoleur d’un film de Woody Allen, je vous dirai que l’auteure, la sociologue Sarah Bélanger, vous y révèle tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les « personnes du sexe »1 travaillant comme agentes pastorales rémunérées … et que vous n’osiez pas demander.

 

Qui sont-elles ?

Quel âge ont-elles ?

Combien sont-elles, religieuses, dames, demoiselles ?

Quels postes occupent-elles ? A temps plein, à temps partiel ?

Quelle est leur formation intellectuelle ?

Pour quels motifs travaillent-elles ?

S’activent-elles à des tâches traditionnelles ?

Ouvrent-elles des avenues nouvelles ?

Satisfont-elles la clientèle ?

Leurs patrons sont-ils contents d’elles, selon elles ?

Souhaiteraient-ils se passer d’elles, d’après elles ?

Leurs salaires, leurs conditions de travail, qu’en pensent-elles ?

A des promotions, aspirent-elles ?

Sont-elles tenues en tutelle ?

Sont-elles des inconditionnelles des structures ecclésiales actuelles ?

Sur quelles solidarités s’appuient-elles ?

A quels murs se heurtent-elles ?

De quelle espérance vivent-elles ?

Dans un an,,dans un siècle, monteront-elles à l’autel ?

Que ferait l’Église sans elles ?

 

Pour trouver des réponses claires, précises et méthodiques à toutes ces questions, mettez vite la main sur Les Soutanes roses. Le but avoué de l’auteure est de rendre visibles ces femmes qu’on trouve partout – la liste de leurs activités couvre plus de dix pages ! – mais qui sont néanmoins maintenues en marge et gardées à l’écart de la plupart des grandes orientations et décisions ecclésiales. Peut-être certaines de ces « soutanes roses » sont-elles des « éminences grises » ? Seul leur évêque le sait. Et la Mère éternelle aussi, j’imagine.

 

A travers l’enquête de Sarah Bélanger, nous entendons des femmes parler de leur foi, de leur engagement, de leur espérance au service de l’Eglise québécoise. Puisse l’écho de leur voix se répercuter encore plus haut, encore plus loin.

 

Marie Gratton-Boucher – Myriam

 

1 C’est ainsi qu’on nommait les femmes dans les milieux ecclésiastiques à une époque qui n’est pas si lointaine.