MARTHA CRAVEN NUSSBAUM

Le nom de cette femme vous est-il familier ? Savez-vous qui elle est ? Moi je l’ai découverte dans le numéro hors-série publié en décembre 2004/janvier 2005 par Le nouvel observateur qui présentait les 25 grands penseurs du monde entier. Dans ce palmarès figurait le nom d’une seule femme, celui de  Martha Craven Nussbaum. Sans doute est-elle inconnue d’une grande majorité d’entre-nous.

Les brèves informations qui remplissent les quatre pages qui lui sont consacrées suscitent de l’intérêt pour aller plus loin. Philosophe, professeure de droit et d’éthique, américaine, Nussbaum se définit comme une avocate de l’humanité. Adepte de John Rawls pour ce qui touche à la justice, elle étend son raisonnement aux questions de sexe, de race et de développement international.

Aucun de ses livres n’a été traduit en français. Parmi ses nombreux écrits, je ne retiens que deux titres : Sex and Social Justice (Oxford University Press, 1999), Women and Human Development – The Capabilities Approach (Cambridge University Press, 2000). Le premier présenterait de nombreuses histoires et anecdotes concernant l’Inde et le Bengladesh.

Nussbaum serait reconnue aussi pour son travail avec Amartya Sen, une des 25 personnes citées. Ce dernier est un Britannique, d’origine indienne, prix Nobel d’économie en 1988. Avec Nussbaum, il a renouvelé l’analyse économique en mettant de l’avant des critères autres que la simple possession de biens, car la possession de biens n’est pas une fin en soi, mais un moyen pour atteindre le bien-être. La capability approach, développée par l’économiste et la philosophe, cible comme mesure de réussite les performances que les individus peuvent réaliser pour leur bien-être et non le seul PIB d’un pays.

Bonne lecture si vous allez plus loin.