NI SERVANTES NI ALTAR-GIRLS

NI SERVANTES NI « ALTAR-GIRLS »

 

Titre révolutionnaire pour un mémoire en théologie pastorale qui veut éclairer un agir auprès des femmes au foyer, âgées de trente à soixante ans, mariées depuis dix à trente ans, épouses, mères, ménagères à temps plein et qui se sentent souvent frustrées chez elles, dans la société et même dans l’Église.. Elles ont beaucoup donné et pourtant elles ne se sentent pas reconnues comme personnes à part entière de la famille parce qu’elles n’y ont jamais rapporté de l’argent. Elles ne sont pas considérées non plus comme personnes à part entière de la société parce qu’elles n’ont jamais été des travailleuses reconnues et rémunérées.

 

Non reconnues, non valorisées, elles ont l’impression qu’elles ont inutilement sacrifié leur vie pour les autres. Lorsque les enfants grandis atteignent l’âge du secondaire, du collégial ou de l’université, elles se retrouvent dans une maison vide où personne n’a plus besoin d’elles.

 

Elles s’aperçoivent qu’elles n’ont pas d’identité, qu’elles sont incapables de prendre une initiative ou même de prendre la parole. Beaucoup réagissent mal à cette situation et succombent à la dépression, à l’alcoolisme, ou bien sombrent dans des problèmes psychosomatiques avec ce que cela représente de dépendance médicale et pharmacologique.

 

Elles voudraient sortir de chez elles, rencontrer d’autres adultes, travailler ou même faire du bénévolat, mais elles ont peur ne s’étant jamais confrontées à d’autres adultes en dehors de la maison. Et même lorsqu’elles se décident à des tentatives de libération, les services qu’elles entreprennent perpétuent l’état de symbiose dans lequel elles baignent à l’intérieur de leur foyer.

 

Cette attitude est encore encouragée par l’Église dans le mode d’engagement proposé à bien des femmes. Le problème que vivent les femmes au foyer est un drame de symbiose ; attendu qu’elles n’existent pas en tant que personnes autonomes, elles sont dépersonnalisées. Elles prolongent cet état dans leur vie de foi et dans leur pratique chrétienne. Elles vivent une foi reçue et une religion formelle. Pour qu’elles puissent s’en sortir, il faudrait qu’elles retrouvent leur identité et qu’elles se découvrent en tant que personnes autonomes et responsables dans leur famille, la société et l’Église.

 

Ayant constaté que la majorité des femmes au foyer vivent à un moment donné de leur vie ce genre de situation, je me suis penchée plus sérieusement sur cette question dans mon mémoire, et j’ai proposé des lignes d’intervention qui pourront aider ces femmes à dépasser l’état dans lequel elles se trouvent.

 

Résumé du mémoire :

 

J’ai commencé par camper le vécu des femmes au foyer. J’ai ensuite déchiffré anthropologiquement ce qui s’y vit, d’une part, et j’ai réfléchi chrétiennement sur cette expérience des femmes, d’autre part. Puis, j’ai vérifié quelle action pourrait être menée afin de transformer la situation observée. J’ai terminé par une analyse prospective des effets éventuels de la pratique que je suggère, sur le conjoint, les enfants, la société et l’Église.

 

Yvette Nehma-Tôofilovic – Vasthi