UNE RÉALITÉ INSOUTENABLE : L’INDUSTRIE DU SEXE EN ASIE

UNE RÉALITÉ INSOUTENABLE : L’INDUSTRIE DU SEXE EN ASIE

 

MoniqueDumais – Rimouski

 

II vaut mieux parler d’industrie du sexe, plutôt que de prostitution, car celle-ci est devenue une affaire de gros sous qui enrichit les hommes et appauvrit les femmes, en les dégradant dans tous les aspects de leur être. Le numéro de juin 1990 de In God’s Image, du Centre de ressources des femmes asiatiques pour la culture et la théologie, de Hong Kong, nous livre un aperçu consternant sur la prostitution en Asie.

 

C’est un tableau extrêmement dérangeant

d’actes violents

qui hantent la tête

et bouleversent les entrailles.

 

Des chiffres montrent que de nombreuses femmes asiatiques sont contraintes à la prostitution. 100 000 femmes des Philippines, de la Thaïlande, de Taïwan arrivent chaque année au Japon (p.6) pour faire fonctionner l’industrie du sexe : elles sont prostituées, hôtesses, danseuses effeuilleuses, et accomplissent d’autres servitudes sexuelles.

 

En Thaïlande, il y aurait deux millions de femmes qui travaillent comme prostituées et environ 800 000 sont des filles qui n’ont pas 16 ans.

 

Dans la ville de Bombay, travaillent 100 000 à 300 000 prostituées, elles sont appelées « filles en cage », car elles sont littéralement des esclaves, sans liberté de mouvement (p.11).

 

Au Bangladesh, une prostituée peut gagner entre 550$ et 550 U.S. par client, selon les quartiers.

 

On se sert de filles de plus en plus jeunes qui sont souvent vendues par leurs parents : une fille de 13 ans du Népal avait eu 2 000 clients dans une année.

 

Des femmes témoignent comme elles ont été forcées à devenir prostituées, contraintes d’aller travailler au Japon avec de faux passeports, espérant aider leur famille pauvre, mais ne retirant presque rien de leur travail. Elles contractent le sida et des maladies vénériennes ; elles sont souvent battues, certaines en meurent, d’autres se lancent dans la drogue, se suicident.

 

La prospérité au Japon cache un terrible abus des femmes. Ces Japonais si industrieux ont besoin d’une « détente » ; leur employeurs leur offrent des conditions de plaisir : les trois S : Sun – Sea – Sex dans les pays du Tiers-Monde

.

Il existe au Japon une longue histoire de prostitution basée sur des attitudes sexistes patriarcales profondément enracinées, influencées par l’idéologie confucéenne. Les femmes doivent suivre la règle des 3 obéissances : comme fille, la femme obéit à son père, comme épouse à son mari, comme mère à son fils (p. 9). Les femmes sont de simples objets : elles ont des ventres – les mères, elles ont des organes sexuels – les geishas.

 

L’industrie du sexe est devenue une entreprise internationale ; elle fait partie de la culture de consommation, les femmes sont les victimes du racisme, du colonialisme, du commercialisme et du sexisme (p. 12).

 

Tous les moyens sont bons : mariages internationaux avec des femmes asiatiques qualifiées de « candidates au mariage » et importées au Japon ; bourses offertes à des étudiantes étrangères par des hôtels avec contrats de service pour le divertissement ; R & R Industry (Récréation et Repos)

pour les militaires américains en Thaïlande et à Taïwan pendant la guerre du Vietnam et encore aujourd’hui dans plusieurs endroits en Asie.

Que faire ?

 

Dénoncer, protester, manifester.

 

Des femmes coréennes ont protesté en 1973 contre l’arrivée de touristes (hommes) japonais pour un tour de sexe.

 

Des groupes de femmes chrétiennes ont publié une très forte déclaration condamnant les hommes japonais riches qui contribuent à la déshumanisation des femmes de leur pays.

 

En réponse à l’action courageuse des femmes coréennes, des féministes japonaises ont organisé des manifestations de dénonciation à l’aéroport Haneda.

 

D’autres actions de solidarité ont eu lieu avec les femmes japonaises et philippines. Les droits des femmes ont besoin d’être défendus et les religions doivent cesser d’avoir une fausse idée sur les conditions réelles de la prostitution et de considérer les femmes comme celles qui sont à blâmer.