No. 47 – VIOLENCE

LIMINAIRE

C’est dans le sillage douloureux, étrangement lancinant, des émotions qui nous
étreignaient à l’évocation des événements de l’École polytechnique que nous avons
décidé d’aborder ce sujet longtemps reporté: la violence. Nous ne savions pas, à ce
moment, que tout l’été québécois avait rendez-vous avec cette violence, que des factions
armées se défieraient aux portes de Montréal… que dans les seuls mois d’août et de
septembre, neuf femmes de chez nous périraient sous les coups d’un conjoint.

La violence est partout, tapie sous des formes variées. Nous avons tenté d’abord
de la débusquer dans notre vie quotidienne, où elle se cache «mine de rien», comme
l’explique R. Martin, puis dans la Tradition chrétienne dont elle est une composante que
F. Dupriez invite à exorciser, ensuite au sein même des groupes de femmes, à la lumière
de l’analyse lucide et courageuse de J. Dufour, enfin, dans les comportements de nos
enfants, «longuement et tendrement écoutés» par L. Deschamps. En quête de solution,
H. Pinard partage sa réflexion personnelle: il importe de s’engager dans une action non
violente pour lutter contre l’injustice. D’autre part, pour diverses raisons, il arrive que des
femmes commettent des délits; M. Hamelin présente l’histoire et le fonctionnement d’un
organisme voué au secours des femmes criminalisées. Finalement, la synthèse de
dossiers récemment publiés donne un aperçu des nombreuses préoccupations relatives
à cette difficile question de la violence.

Toujours fidèles, M. Dumais signe la chronique des lectures et Y. Laprise nous fait
profiter de sa dernière cueillette d’informations.

Il reste une tâche grave et urgente, un important volet à creuser, à repenser, à
construire: celui d’une nouvelle relation femmes/hommes dans l’ambiance irréversible
des acquis féministes. Car il faudra bien en arriver, dans tous les domaines, à ce que
chaque partenaire possède une autonomie telle qu’elle lui permettra de respecter celle de
lautre dans la joie, dans la tendresse ou l’amitié, et dans la mutualité.

Rita Hazel